Sortir les poubelles

Pour les filles (et les garçons curieux)

Sortir les poubelles

Aujourd’hui, j’aborde une question de fond qui vous mystifie : comment être une femme et vivre ce que dame nature nous fait vivre chaque mois sans faire de déchets? C’est définitivement une des questions qu’on me pose le plus souvent, avec « Comment tu fais l’épicerie? » et « Mais tu fais quoi pour les Q-tips? ». Décidément, la vie sans Q-tips est une perspective qui vous effraie. Là je sais que vous voulez la réponse, et ne vous inquiétez pas je vous la donnerai bientôt dans un autre article.

Mais revenons à notre sujet. Quelles sont les alternatives zéro déchet aux serviettes hygiéniques et aux tampons? En moyenne, une femme utilisera entre 12 000 et 15 000 produits sanitaires au cours de sa vie. C’est énormément de déchets, sans compter que leur fabrication est très polluante. Les serviettes et tampons ordinaires sont entre autres blanchis à mort avec tout plein de produits chimiques comme du dioxyde de chlore pour être blanc neige, comme si on n’allait pas les salir de toute façon après.

Voici des alternatives plus écologiques que je vous propose d’explorer : la coupe menstruelle, les serviettes hygiéniques lavables, l’éponge et les tampons « écologiques » ou sans applicateur.

Commençons par la coupe menstruelle. Cette petite coupe en silicone est vendue dans la majorité des pharmacies et recueille le flux menstruel plutôt que de l’absorber. On l’insère vous-savez-où assez facilement et elle peut rester en place durant 12 heures. Après 12 heures, on la sort, la vide et la rince. Pas besoin de s’imaginer en train de faire ça dans les toilettes au travail, parce qu’elle peut recueillir un flot abondant pendant des heures. C’est donc dire que ce moment peu agréable du lavage/rinçage pourra sûrement toujours avoir lieu chez vous. Maintenant est-ce qu’on la sent? Est-ce que c’est confortable? Je dirais qu’on s’habitue rapidement, mais il faut faire le passage. Là je vous entends penser: « Wooo minute : je suis un peu grano, mais définitivement pas assez hippie pour une coupe menstruelle. » Et croyez-moi, je vous comprends, je pensais la même chose avant. Mais la vérité, c’est que vous ne vous métamorphoserez pas en hippie habillée de jute qui fait ses chips de kale à l’énergie solaire parce que vous utilisez une coupe menstruelle. Vous aurez l’air parfaitement normale et passerez inaperçue je vous le promets. Et pour 35$, on la rentabilise rapidement, surtout qu’elle est bonne pour des années.

Sinon, une autre alternative est la serviette hygiénique lavable. Une petite recherche Google vous permettra de trouver des compagnies qui en offrent ou des vidéos pour vous montrer comment les faire vous-même. J’aime personnellement beaucoup la boutique Maman autrement, qui a une superbe boutique en ligne qui en vend. Les serviettes lavables sont confortables, mais les laver peut être un enjeu (les taches peuvent être tenaces apparemment). Ça demande aussi un peu plus d’organisation quand on doit les changer à l’extérieur de la maison. Si vous avez de l’expérience avec ces dernières comparativement à moi, sentez-vous bien à l’aise de partager vos impressions dans les commentaires.

Une autre alternative est d’utiliser une éponge de mer. On en coupe un morceau et on l’insère vous-savez- où comme un tampon. On la lave dans le lavabo et on peut réutiliser son morceau très longtemps. Je trouve cette alternative intéressante, mais je ne suis pas certaine que ce soit garanti antifuite; il faudrait essayer.

Si vous n’êtes pas prêtes à faire le saut vers une alternative réutilisable, je pense que de passer aux tampons sans applicateur est déjà une bonne avancée. Ils sont tout aussi faciles à mettre que les autres, et évitent de gaspiller les ressources nécessaires pour produire les applicateurs pour rien. Il y a aussi les tampons biologiques produits de façon plus responsable. Ces derniers sont une alternative intéressante si on veut faire attention à l’environnement, mais ne sont pas nécessairement une meilleure option pour le zéro déchet.

J’en profite en terminant pour glisser un petit mot sur la contraception. Je serai brève parce que je sais que c’est un sujet infiniment complexe et personnel. Oui je pense que vous devriez utiliser des condoms, même si leur usage engendre des déchets. S’il vous plaît, n’essayez pas de le recycler et encore moins de le réutiliser. Il y a des limites quand même. Sinon, si vous cherchez un nouveau contraceptif, vous pourriez toujours regarder du côté des stérilets ou des timbres contraceptifs. Ils créent peu de déchets et sont bons pour des années.

Ai-je répondu à vos questions? Vous ai-je donné de nouvelles idées? De rien.

Bonne journée xxxxx

 


Voyager zéro déchet

Sortir les poubelles

La semaine dernière, j’ai eu la chance d’aller au Mexique avec mon papa, faire la siesta et manger des mangues dans un petit village de pêche endormi de la Riviera Maya. Occasion parfaite, vous l’aurez deviné, pour tester mes nouvelles habitudes zéro déchet en voyage.

Avant de vous raconter, j’aimerais ouvrir une parenthèse pour dire que oui bien sûr je comprends que voyager en avion n’est pas bon pour mon empreinte écologique. J’en suis très consciente. Mais voici : 1. Je n’ai jamais dit que j’étais parfaite ou sans reproche au point de vue de l’environnement, et je ne prétends pas l’être 2. Je ne suis pas un moine dans une grotte 3. J’aime voyager et passer du temps avec ma famille 4. Les voyages que j’ai faits, tous les voyages que j’ai faits, m’ont amenée à réfléchir et fait évoluer. C’est entre autres grâce à ces expériences que j’ai décidé de vivre comme je vis aujourd’hui et que j’ai décidé de commencer à bloguer. Fin de la parenthèse.

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Alors sans plus tarder, voici quelques conseils pour organiser son voyage zéro déchet. Tout d’abord, qu’y a-t-il dans le bagage de quelqu’un qui voyage zéro déchet? Il y a :

  1. Une gourde d’eau. On la remplit chez soi ou dans une fontaine d’eau potable avant d’aller en excursion et on évite ainsi d’avoir recours à des bouteilles de plastique inutilement. D’ailleurs, si on n’a pas accès à de l’eau potable, on peut considérer l’achat de pastilles de chlore ou de gouttes de chlore pour traiter l’eau.
  1. Un thermos, un pot Masson ou une gourde en inox. Pour les cafés à l’aéroport ou au milieu de sa journée d’activité! Ce n’est pas parce qu’on est en vacances qu’on perd nos bonnes habitudes de trainer son thermos à café avec nous.
  1. Une fourchette et une cuillère en métal. Je les traîne toujours dans mon sac, enroulées dans une serviette en tissu. C’est très pratique et ça nous évite d’avoir recours à des ustensiles en plastique.
  1. La serviette en tissu. Utile tout le temps! Pour essuyer des mains sales et éviter d’utiliser des serviettes de table ou pour essuyer des dégâts et encore une fois éviter d’utiliser des serviettes de table. Également utile pour emballer un sandwich, un biscuit, une pâtisserie ou un pain. Un must.
  1. Un sac réutilisable pour les achats.
  1. Finalement, un contenant en verre ou en plastique. Nous traînons toujours un « Tupperware » avec nous lorsque nous allons manger parce les assiettes sont toujours trop grosses. On emballe nos restes nous-mêmes, et évitons ainsi le gaspillage ou les emballages de styromousse ou de plastique.

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Pour ce qui est des bonnes habitudes à prendre, même en voyage on se montre proactif lorsqu’on commande une consommation et on dit qu’on ne veut pas de paille dedans. Pas de paille, sin popotes. J’ai dû éviter au moins une dizaine de pailles durant mon séjour, ce qui n’est pas énorme, mais qui est quand même cool. Pour ce qui est des condiments, sachets de sucre, ketchup, sel et mayo sur la table, si j’en veux je demande toujours s’ils en ont «pas en sachet» dans le restaurant. Par exemple, si je vais dans un café, je sais qu’ils ont des pintes de lait derrière le comptoir. Alors lorsqu’on me dirige vers un îlot plein de petits pots de lait en me remettant mon café, je demande poliment qu’on me verse du lait d’une des pintes derrière le comptoir. À date, ça n’a jamais causé de problème.

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Je dois dire que mon expérience zéro déchet au Mexique m’a tout de même laissé une drôle d’impression. Oui j’ai réussi à être zéro déchet et j’ai refusé tout plein de plastique et d’emballages, mais je les voyais quand même tout le temps, les déchets. Des montagnes de déchets et de plastique sur le bord des routes, des emballages de toutes sortes qui flottent au vent, des bouteilles cassées, des pailles et des sacs de plastique sur le bord des plages. Je ne suis pas aveugle ou naïve; je sais que la bataille est loin d’être gagnée surtout dans des pays émergents comme le Mexique. Ça m’a fait de quoi et j’ai malgré moi traîné ce petit inconfort toute la semaine.

Ça c’est lorsque je n’étais pas carrément fâchée et fulminante. Parce que bien sûr il y a toujours le moment classique où on se dit : « Mais pourquoi, dans ce monde ultra pollué où tellement de monde s’en fout, est-ce que je me fends le derrière en quatre pour expliquer en espagnol pourquoi je ne veux pas de paille ou de sac?!?!? » Et la réponse à cette question, toujours la même réponse, refait systématiquement surface dès que la colère se dissipe : Parce que moi, je ne m’en fous pas. Je ne m’en fous pas maintenant et je ne m’en foutrai pas demain. Aussi bien faire quelque chose alors. Je prends donc mon courage à deux mains, souris à pleines dents et recommence mon explication. Ma Margarita aura un bien meilleur goût sans paille à l’intérieur.

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Bonne rentrée tout le monde xxxx