Sortir les poubelles

Conférence de Béa Johnson à Montréal

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Mardi dernier, j’ai eu la chance d’assister à la conférence sur le zéro déchet de Béa Johnson à Montréal. La salle était pleine et nous étions tous vraiment contents de la recevoir à Montréal! Laissez-moi vous dire que peu de déchets ont été produits cette soirée-là.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, Béa Johnson est une des pionnières du mouvement zéro déchet et une de ses plus farouches activistes. Ce qui est particulièrement intéressant avec elle, et c’est là qu’elle peut en rejoindre plusieurs, c’est que rien ne semblait la destiner à devenir une environnementaliste engagée. Arrivée aux États-Unis au début de l’âge adulte, cette française d’origine a vécu son rêve américain à fond, comme elle le dit elle-même. Grosse maison, grosse voiture, gros voyages, grosses fêtes et surtout, un grosse poubelle pleine chaque semaine. Puis un jour, elle et sa famille ont déménagé dans une plus petite maison, plus près du centre-ville. Ce déménagement lui a fait réaliser qu’elle avait beaucoup, beaucoup trop de biens. Elle a donc décidé de commencer à se départir de certaines de ses possessions, et c’est ainsi qu’une réflexion s’est amorcée. Elle a commencé à s’intéresser aux problèmes environnementaux actuels et à l’impact de son mode de vie sur notre planète. Plus question maintenant de continuer à consommer comme avant! Elle amorce des changements qui l’amèneront à réduire son empreinte écologique et ses déchets et partage le tout à travers son blog Zero Waste Home. Aujourd’hui, elle et sa famille de quatre produisent moins d’un kilo de déchets par année et elle fait le tour du monde pour partager son expérience et faire connaître son mode de vie. Vous avez peut-être eu la chance de la voir à Tout le monde en parle le 9 février 2014.

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C’est donc devant un public conquis et en toute candeur que Béa Johnson nous a entretenus de ménage, de compost, de garde-robe et d’élever des enfants sans faire de déchet. J’ai découvert avec bonheur une femme avec énormément d’humour et surtout, très loin du cliché de la hippie mal amanchée qu’on aurait pu s’imaginer! D’ailleurs, elle nous a dit qu’elle se faisait souvent complimenter sur son « look », ses interlocuteurs étant souvent surpris de découvrir qu’on peut être à la fois belle, élégante, zéro déchet et écologique!

En plus d’être inspirante, elle a le mérite de partager son expérience. C’est une chose que de décider de changer sa vie et de réduire sa poubelle; c’en est une autre que de prendre le temps de le partager. Elle a beaucoup de courage de s’être érigée comme une effigie du mouvement zéro déchet et de s’être ouvertement exposée à la critique. Elle a accepté d’être confrontée et critiquée, parce que son amour pour la nature et son désir d’avoir un impact positif valent bien les quelques critiques et préjugés de hippie-grano qu’elle reçoit à l’occasion. Vous aurez compris que c’est là que son discours a particulièrement résonné en moi.

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La conférence s’est terminée sous un tonnerre d’applaudissements, tout le monde ravi et réconforté dans ses convictions. J’ai eu la chance de la rencontrer par la suite et c’est avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles que j’ai pris une photo avec elle. Quelle belle personne! Pour plus d’informations sur ses activités, je vous encourage à aller consulter son blogue ou à aller louer son livre à la bibliothèque. C’est vraiment la bible du zéro déchet. Ai-je piqué votre curiosité? Apprenez à la connaître davantage en visionnant cette vidéo de quelques minutes (en anglais) et essayez de résister à la tentation de a) Tout jeter autour de vous b) Rénover votre cuisine c) Déménager en Californie.

Bonne journée!


Le take out zéro déchet

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Un repas de pizza pour deux

Oui, c’est possible de commander de la nourriture au restaurant sans emballage et sans faire de déchets! C’est certain qu’on ne parle pas ici de se faire livrer de la nourriture à domicile. Il s’agit plutôt de passer une commande au restaurant et de repartir tout de suite avec sa nourriture. Voici ma technique, et quelques-unes de mes commandes!

Un repas de sushis pour trois

Un repas de sushis pour trois

Pour commander zéro déchet, il faut s’équiper de contenants, d’un gros sourire et d’amis patients et motivés (à moins d’y aller seul). Idéalement, on ne commande pas zéro déchet en pleine heure de pointe dans les restaurants parce que ça peut compliquer les choses. Rendu au restaurant, on s’adresse à quelqu’un qui a l’air gentil idéalement. Puis, armé de son plus beau sourire, on demande si on peut passer une commande, mais que la nourriture ne soit pas disposée dans des emballages jetables, mais bien dans nos contenants. On montre les contenants. Ensuite, il faut habituellement répéter notre demande parce que notre interlocuteur ne comprend pas ce qu’on lui demande, ce qui est normal puisque c’est une demande assez inhabituelle. On sourit encore plus. On recommence les deux dernières étapes jusqu’à ce que notre interlocuteur comprenne ou que nos amis nous abandonnent. Lorsque notre interlocuteur accepte, parce qu’ils acceptent toujours, on remercie infiniment et on beurre épais, tellement épais qu’idéalement la prochaine fois qu’on revient ils se rappellent vaguement de nous et de nos contenants. Et voilà, un repas du vendredi soir sans déchets! Je rêve secrètement du jour où je pourrai commander au restaurant et qu’on me demandera : « As-tu tes contenants? » Pourquoi pas!

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Un repas indien pour 8 (!). D’ailleurs, un gros merci au personnel du restaurant Sana sur Jarry et à mes incroyables amies

Un repas indien pour 10 (!!) presque zéro déchet! Un gros merci à ma famille pour le meilleur repas de fête imaginable

Un repas indien pour 10 (!!) presque zéro déchet! Un gros merci à ma famille pour le meilleur repas de fête imaginable

Un repas de burritos pour deux

Un repas de burritos pour deux

Un repas gastronomique de frites et hot-dogs pour deux, avec le petit papier ciré des hot-dogs que je n’ai pas vu passer

Un repas gastronomique de frites et hot-dogs pour deux, avec le petit papier ciré des hot-dogs que je n’ai pas vu passer

Je vous promets que de commander zéro déchet n’est pas compliqué. Il faut juste le demander et le faire. La prochaine fois que vous voudrez commander, pourquoi n’iriez-vous pas chercher votre nourriture vous-même… avec vos contenants? Essayez-le et envoyez-moi vos photos! Je vous encourage aussi à me partager vos anecdotes amusantes suite à vos différentes expériences par courriel ou dans les commentaires. Si j’ai plusieurs photos et commentaires, je republierai un article avec vos histoires!

Bonne journée et bon take out zéro déchet!


Plus de 5000 lecteurs sur Sortir les poubelles!

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Petit projet deviendra grand

Sortir les poubelles vient de passer le cap des 5000 lecteurs! Wow! Jamais je n’aurais cru pouvoir atteindre un tel nombre de personnes, du moins jamais aussi rapidement. Merci énormément pour vos commentaires, vos histoires, vos questions, vos préoccupations et vos suggestions. Merci de partager, de « liker », de réagir et de débattre. Merci de faire partie de la communauté grandissante de Sortir les poubelles et du mouvement Zéro déchet à votre façon. Et surtout, merci de la différence que vous faites par chaque petit geste dans vos vies chaque jour. Vous m’inspirez énormément. Je vous laisse avec la citation suivante, toute désignée :

« Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puissent changer le monde. En fait, c’est la seule chose qui l’ait jamais changé » – Margaret Mead, anthropologue américaine.

 Avec beaucoup d’amour et vraiment pas beaucoup de déchets,

 Charlotte xox


Faire ses courses zéro déchet

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Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de comment je fais les courses chez moi depuis que j’ai décidé d’entreprendre l’aventure zéro déchet. Je sais que c’est difficile d’éviter les emballages et le suremballage à l’épicerie et c’est pour cela qu’on me questionne souvent par rapport à mes achats alimentaires. Je m’apprête donc à vous révéler mes secrets.

Pour faire mes courses, je me rends chaque semaine à l’épicerie, et toutes les deux ou trois semaines je me rends dans des magasins d’achat en vrac et dans des magasins spécialisés pour me procurer certains autres produits. À l’épicerie, je n’achète que des fruits, des légumes, des cartons de lait, des conserves de produits que je ne trouve pas en vrac (comme de la pâte de tomates) et certains rares aliments dans des contenants de plastique ou de verre. J’arrive à l’épicerie avec mes sacs réutilisables et des sacs en tissu que je me suis procurés et dans lesquels je mets mes fruits et légumes. J’évite soigneusement tout fruit ou légume emballé dans du plastique. C’est donc dire que je n’achète pas de produits en format individuel, de mets préparés et de collations, bref tout ce qu’on retrouve habituellement dans les allées du centre de l’épicerie. J’essaie de tout cuisiner moi-même, entre autres parce que j’aime être en mesure de comprendre ce que je mange. À la fin de la semaine, j’aurai seulement quelques contenants à mettre au recyclage.

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Puis, je vais aux trois semaines environ dans un ou deux magasins en vrac avec mes sacs en tissu et mes contenants. On peut TOUT trouver en vrac. Oubliez l’époque où on ne pouvait acheter que des noix et des lentilles en vrac ! Maintenant dans les magasins en vrac on trouve des céréales, du gruau, du bouillon de poulet, des légumineuses, des huiles, des vinaigres, des pâtes, du chocolat, des chips (oui !), des farines, des épices, du thé, du café, etc. J’achète de grosses quantités pour ne pas avoir à revenir trop vite et je remplis mon garde-manger. Personnellement, je gravite entre les magasins suivants : La Branche d’Olivier sur Notre-Dame, Allons Vert sur Notre-Dame et Le Vrac du marché au Marché Atwater. C’est impossible de lister tous les magasins qui offrent du vrac, mais la carte des lieux d’achats en vrac (créée par l’organisme Action Re-buts) suivante est un bon outil de départ. Il existe également un « app » pour téléphone offert par Zero Waste Home nommé Bulk Store Locator et qui est bien fourni en magasins en vrac au Québec.

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Un échantillon du kit de magasinage zéro déchet

Après l’épicerie et le magasin en vrac, il me reste trois choses à acheter : de la viande, du fromage et du pain. Pour le pain, je vais dans une boulangerie aux deux semaines et j’achète plusieurs pains que je transporte dans une taie d’oreiller et que je congèle dans cette même taie d’oreiller. Pour le fromage, je vais de temps en temps dans une fromagerie près de chez moi où ils remplissent gentiment mes contenants de parmesan, de cheddar, de fromage de chèvre et de mozzarella râpé. D’ailleurs, je suis leur chouchou avec mes contenants et ils m’en donnent toujours plus ! Oui, la première fois j’ai dû expliquer pourquoi je ne voulais pas de pellicules de plastique et de styromousse. Par contre, vous seriez surpris de voir à quel point les gens réagissent bien et ça fait même souvent de très beaux échanges ! Je pense entre autres à la fois mémorable où, après avoir présenté mes contenants et expliqué que je ne voulais pas faire de déchets, un vendeur m’a dit: « Quand tu en auras fini avec ça, tu t’attaqueras au plastique dans les océans ! C’est épouvantable la quantité de plastique dans les océans. » Pas de pression, bien sûr. J’ai donc un nouveau défi dans ma liste et c’est de régler l’une des crises environnementales les plus importantes de l’histoire du monde. Surtout pas de pression, mais quelqu’un que tu viens juste de rencontrer a vu en toi et tes contenants la solution miracle pour sauver nos océans ! Bien que je sois convaincue qu’une démarche zéro déchet puisse contribuer à réduire le plastique dans les océans, pour l’instant je suis plutôt la fille qui traîne ses pots de magasins en vrac en magasins en vrac en répandant la bonne nouvelle du zéro déchet.

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Cette photo et la suivante ont été prises au Bulk Barn, où j’ai pu remplir mes propres sacs sans problème. Par contre, on m’a informé que c’était contre la politique de Bulk Barn. J’ai appelé la maison mère et apporter ses propres sacs est en effet contre leur politique! J’ai par la suite appelé plusieurs franchises et ils ne semblent pas appliquer cette politique. J’y retournerai donc avec mes sacs, mais je tiens seulement à vous aviser que cela pourrait être un problème dans ce magasin.

Pour ce qui est de la viande, je sais que je pourrais aller voir mon boucher avec mes contenants, mais c’est là que d’autres de mes valeurs entrent en jeu. Je ne veux pas manger d’animaux qui n’ont pas été élevés de manière éthique. Je veux acheter de la viande traitée avec le moins d’antibiotiques possible. Finalement, je veux manger de la viande locale. Est-ce possible de trouver de la viande qui réponde à tous mes critères ET qui soit zéro déchet ? Je crois que j’ai trouvé ce qui s’en approche le plus grâce au site Internet Alimentation Maison. Si tu ne connais pas encore le site d’Alimentation Maison, va voir ce que c’est maintenant ! Alimentation Maison est un distributeur de viande qui permet aux consommateurs d’acheter de la viande sans avoir à faire avec un grossiste. Les produits sont locaux, les antibiotiques ne sont utilisés que de manière curative dans l’élevage des animaux, plusieurs producteurs sont biologiques et les poissons et fruits de mer sont issus de la pêche durable. Si j’achète au-delà d’un certain montant, je peux bénéficier d’un rabais, ce qui rend le tout vraiment très intéressant. Puisqu’il n’y a pas de grossiste, je peux me payer de la viande de très bonne qualité au prix de la viande de supermarchés ! Les commandes sont livrées à domicile et arrivent congelées sous vide. J’ai l’habitude de faire des grosses commandes avec des amis aux quelques mois, ce qui nous permet de bénéficier du rabais et de remplir nos congélateurs pour longtemps. Et bien sûr le clou du spectacle : les produits viennent emballés dans du plastique épais, conçus spécialement pour être recyclés. Il est vrai que j’essaie d’éviter d’avoir recours au recyclage, mais voici un bel exemple d’une situation où j’ai pesé le pour et le contre et ai décidé que je préférais avoir recours au recyclage plutôt que de fonctionner autrement.

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En parlant de choix, j’aimerais dire un petit mot sur les déchets engendrés par les paniers de légumes locaux qu’on peut recevoir hebdomadairement. Avant janvier, je recevais chaque semaine un panier à domicile. Mes légumes venaient emballés dans des sacs de plastique portant une mention indiquant qu’ils étaient oxobiodégradables et écologiques, et je présumais que c’était vrai. J’ai éventuellement décidé de voir ce que ça voulait dire que d’être oxobiodégradable et j’ai réalisé que c’était loin d’être écolo ! Les sacs oxobiodégradables sont des sacs de plastique auxquels on a ajouté un additif pro dégradant pour faire en sorte qu’ils se dégradent éventuellement au contact de l’oxygène. Ils ne sont donc pas compostables et ne peuvent pas être compostés. Ils ne sont pas non plus recyclables, parce que leur plastique se dégraderait trop rapidement dans n’importe quel objet dans lequel ils seraient recyclés ! En fait, l’arrivée des sacs biodégradables et oxobiodégradables sur le marché compromet le recyclage des sacs de plastique puisqu’ils finissent mélangés au recyclage. Tout ce qu’on peut faire avec des sacs oxobiodégradables, c’est les jeter et espérer que les composés chimiques qu’ils contiennent transforment ces sacs en plusieurs morceaux de sacs, puis en très petits morceaux de sacs. Encore faut-il qu’ils soient en contact avec de l’oxygène, ce qui est peu probable enseveli dans un dépotoir. Résultat; c’est un sac de plastique comme les autres. J’ai pris la peine d’écrire pour être certaine d’avoir bien compris et oui, j’ai bien compris. En quoi est-ce donc plus écologique exactement? Je ne dis pas que c’est moins bien que de pouvoir recycler nos sacs ; je n’ai pas fait le calcul de l’empreinte écologique des deux alternatives. Je dis simplement que je ne pense pas que ça soit correct de nous vendre ces sacs comme étant écologiques. Je sais que plusieurs producteurs de paniers de légumes distribuent ce genre de sacs en donnant l’impression aux consommateurs que c’est une option meilleure pour l’environnement. Je suis dorénavant plus sceptique par rapport à ce qu’on me vend comme étant écologique et, si comme moi avant vous recevez ce genre de sacs, n’hésitez pas à écrire à votre distributeur pour lui dire que vous n’appréciez pas ce genre de pratique. Pourquoi tout mettre dans des sacs ? Le plus nous serons à manifester notre désaccord, le plus rapidement les choses changeront. Pour plus d’information sur le sujet, je vous invite à lire ceci.

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Finalement, est-ce que faire mes courses est plus compliqué depuis que j’ai décidé qu’elles n’engendreraient plus de déchets ? Oui et non. Oui, parce que je ne vais plus qu’à l’épicerie et que plusieurs options faciles de nourriture transformée ne me sont plus accessibles. Et non, parce que je m’organise mieux. Également, même s’il est un peu tôt pour tirer des conclusions, je dirais que c’est évident que je sauve beaucoup d’argent en magasinant ainsi. Je ne fais plus d’achats impulsifs, je n’achète plus d’aliments transformés et j’achète en grande quantité en vrac. Il y a bien plus à dire sur faire ses courses zéro déchet. Je suis encore une débutante, et j’ai bien l’intention de réécrire sur le sujet !

Bon magasinage !