Sortir les poubelles

Ma brosse à dents est en bambou… et la tienne?

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Je suis très excitée par cet article, parce que je meurs d’envie de vous parler de ma nouvelle brosse à dents depuis des semaines. Lorsque j’ai commencé à repenser mon quotidien pour voir où je pouvais apporter des changements, j’ai commencé par vouloir repenser ma routine à la salle de bain. Pour commencer, on utilise beaucoup trop d’objets à usage unique dans la salle de bain. Les brosses à dents et les tubes de dentifrice sont de beaux exemples d’objets faits de trop de matériaux différents pour être recyclables, qu’on doit jeter après quelques mois d’utilisation.

Mes recherches m’ont permis d’apprendre qu’on estime à 4,7 milliards le nombre de brosses à dents créées et jetées chaque année. 4,7 milliards. Ces dernières prendront de 100 à 1000 ans à se dégrader par la suite. En fait, on ne sait pas vraiment en combien de temps elles se dégraderont, parce qu’on n’en a jamais vu se dégrader. L’histoire du plastique dans l’humanité a à peine 100 ans. La première matière plastique a été créée en 1870 par les frères Hyatt aux États-Unis. Les premières découvertes des matières plastiques et de la pétrochimie eurent lieu durant la première moitié du 19e siècle. La Seconde Guerre mondiale a contribué à propulser les recherches sur ce matériau versatile et léger, si bien que ce fût seulement à partir des années 1950 que la consommation de masse et la diversification du plastique ont débuté. C’est là que sont arrivés sur le marché divers objets de plastique tels que les jouets, les articles ménagers, les emballages et… les brosses à dents en plastique. Donc, les premiers objets en plastique moderne datent d’il y a 65 ans à peine. Ça ne fait pas encore 100 ans, ce qui veut dire en gros que tout le plastique jamais créé par l’humanité existe toujours quelque part. Troublant.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Mais revenons à ma brosse à dents. J’ai fait un calcul rapide : 25 ans d’existence X 3-4 brosses à dents en moyenne par année = Entre 75 et 100 brosses à dents que j’ai possédées existent toujours quelque part. Pour toute une vie, disons 85 ans X 3-4 brosses à dents par année = Entre 255 et 340 brosses à dents seront utilisées et jetées par un individu au cours de sa vie. Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas certaine de vouloir que ce qui restera de mon passage sur cette terre soit une pile de brosses à dents. Et de tubes de dentifrice.

C’est ainsi que j’ai découvert la brosse à dents en bambou, et je l’adore ! J’ai fait mes recherches et j’ai choisi les brosses à dents de Brush with Bamboo, mais beaucoup d’autres compagnies proposent désormais ce type de brosse à dents qu’on peut acheter en ligne ou dans beaucoup de magasins d’alimentation naturelle. Le manche est fait de bambou à 100% qui, en plus d’être une des plantes qui poussent le plus rapidement au monde, nécessite peu ou pas de fertilisants et de pesticides pour sa culture. Les poils de la brosse sont en nylon (donc en plastique) et sont techniquement recyclables (je vais m’essayer). La brosse à dents dure aussi longtemps qu’une brosse à dents en plastique, et quand c’est fini on peut la composter! La boîte est faite de papier recyclé que je pourrai recycler, et la brosse à dents vient enveloppée dans un sac biodégradable. Tout est parfait.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Pour ce qui est de la pâte dentifrice, j’ai commencé à me questionner sur les dentifrices il y a quelque temps déjà après avoir entendu parler de la potentielle toxicité du fluor qu’elles contiennent. Puis j’ai lu les ingrédients de ma pâte dentifrice. Je ne sais pas pourquoi, mais dans ma tête, la composition de la pâte dentifrice était assez simple. Je ne pensais pas que c’était un mélange complexe de substances et composés chimiques. Seulement, j’ai découvert que oui et qu’en mettant du triclosan et du sulfate laureth de sodium dans ma bouche, je risquais de compromettre l’activité de mes hormones, de mon système reproductif et le fonctionnement de mon métabolisme. L’humain n’a pas besoin de triclosan pour avoir les dents propres, alors je ne veux pas en utiliser. En plus, apparemment que sans saccharine, sorbitol et aspartame (édulcorants ayant un goût sucré), la pâte dentifrice goûterait tellement chimique que ça serait impensable que qui que ce soit s’en mette dans la bouche. Dégoûtant.

J’ai décidé de me faire ma propre pâte dentifrice non toxique, non polluante et qui fonctionne aussi bien que de la pâte dentifrice normale (confirmé par des dentistes!). J’utilise 3 ingrédients : de l’huile de noix de coco, du bicarbonate de soude et de l’huile essentielle de menthe, que je mélange ensemble pour faire une pâte. Le bicarbonate de soude est ce qu’utilisaient nos grands-parents pour se brosser les dents et permet d’enlever les plaques, de rééquilibrer le pH de la bouche et blanchit les dents! L’huile de noix de coco a des propriétés antibactériennes intéressantes, tout comme l’huile essentielle de menthe, qui donne aussi un petit goût rafraîchissant. Il existe des tas de recettes de pâtes dentifrices sur internet. Je vous invite à aller lire sur le sujet pour en apprendre davantage! Finalement, pour la soie dentaire, l’option zéro déchet est d’utiliser un vrai fil de soie qui est par définition biodégradable. Je vais considérer cette option lorsque j’aurai fini toute la soie dentaire que j’ai chez moi, ce qui est malheureusement dans longtemps.

Bon brossage de dents!


Recyclage 101 : On clarifie les choses

recyclage_1

Une des choses que j’apprécie le plus de mon défi à date, ce sont les questions que les gens me posent. On me questionne souvent par rapport au recyclage qui, bien qu’extrêmement répandu, demeure mystérieusement compliqué. Beaucoup de personnes recyclent, mais recycle-t-on bien? La question a son importance, car j’ai l’impression que depuis son entrée dans les foyers québécois, le bac de recyclage est devenu un peu un fourre-tout, une seconde poubelle. Si on hésite entre mettre un objet à la poubelle ou au bac de recyclage, beaucoup de personnes choisiront le bac de recyclage, en laissant le soin aux gens du centre de triage de déterminer s’ils avaient raison ou pas. Le problème, c’est que c’est justement ça qui rend le travail au centre de tri impossible et coûteux et qui fait en sorte qu’énormément d’objets inqualifiables finissent au dépotoir, mélangés à d’autres objets qui auraient dû être recyclés. C’est donc inutile d’alléger sa conscience en enfouissant tout dans le recyclage. Ce qu’il faut faire, c’est apprendre à bien recycler et ne plus consommer ce qui ne se recycle pas. Et c’est là qu’on commence à clarifier les choses.

Mettons tout d’abord quelques éléments au clair : oui, il faut rincer ses contenants. Non, on n’a pas à enlever les étiquettes. Oui, il faut séparer les différents types d’emballage d’un même produit avant de les recycler, comme les sacs de plastique à l’intérieur des boîtes de céréales. Et finalement, oui les bouchons de plastique et de métal se recyclent, mais il faut les séparer de leur contenant initial s’ils ne sont pas faits du même matériel.

Le plastique et les sacs à sacs

Les contenants de plastique sont tous identifiés avec un numéro, et tous les numéros sauf le 6 vont au recyclage. Qu’est-ce qui est inclus dans ce mystérieux numéro 6 ? Les barquettes de champignons, les contenants noirs avec un couvercle transparent des pâtisseries, les contenants et emballages en styromousse et les contenants de yogourt emballés individuellement. Si on ne peut pas éviter de les acheter, ce qui serait vraiment l’idéal, on peut les regrouper et aller les porter directement à l’Écocentre de l’arrondissement LaSalle à Montréal, qui les collecte depuis peu (hourra!). Cliquez ici pour plus d’information!

Les sacs en plastique, les sacs à pain, les sacs à produits alimentaires (propres et sans gras) et les pellicules d’emballage épaisses (comme celles autour du papier de toilette) sont recyclables. Il faut par contre les regrouper dans un sac à sacs et nouer le sac avant de le déposer dans le bac. Seuls, ces morceaux de plastique risquent de ne pas être recyclés, ou pire encore ils risquent de rester pris dans les grappes de tri au centre de tri et nuire à tout le processus du recyclage!

Ce qui n’est habituellement pas recyclé, ce sont les pellicules de plastique minces dites souples, comme les pellicules extensives des fruits et légumes, des emballages de pâtés, de fromage et de viande. Bien que chaque centre de tri tiennent compte de ces particularités, on essaie en général de les éviter.

Le carton

On sait que le papier est recyclable, mais on regroupera les feuilles ensemble pour faciliter le triage et s’assurer qu’elles soient bien recyclées. Pour ce qui est du carton, on défait les emballages pour réduire l’espace qu’ils occupent.

L’aluminium et le verre

Les conserves, le papier d’aluminium, les bocaux en verre et leurs dérivés se recyclent. Il faut les rincer, mais sans plus.

Et finalement, non ils ne se recyclent pas!

  • Les papiers et cartons souillés par le gras (ex : boîtes de pizzas)
  • Le papier ciré (ex: contenants de crème glacée)
  • Le papier métallique (ex: papier d’emballage cadeau)
  • Les sacs de céréales ou de croustilles (métalliques ou cirés)
  • Les tubes de dentifrice
  • Les emballages de collations, de chocolats et de barres tendres
  • Les bouchons de liège (pas dans le bac en tout cas… j’en reparlerai!)

Encore des doutes? Va jeter un coup d’oeil ici ou ici ou ici pour Montréal.

recyclage_2

Mentionnons maintenant la place que doit occuper le recyclage dans une démarche zéro déchet. Être zéro déchet ne veut pas dire se débarrasser de sa poubelle et remplir son recyclage. J’entends souvent les gens dire qu’ils sont écolos parce qu’ils recyclent tout. Oui, recycler est mieux que de jeter, mais ce n’est pas l’option la plus écologique. Lorsqu’on recycle, les ressources ont déjà été puisées, de l’énergie a déjà été dépensée pour créer le contenant et encore plus d’énergie sera dépensée pour le recycler. Il faut vraiment éviter de se rendre jusqu’à devoir recycler. Les vrais puristes du zéro déchet n’ont en fait qu’un petit bac de recyclage chez eux dans lequel ils placent les contenants qu’ils ont dû acheter alors qu’ils n’avaient vraiment pas le choix.

Finalement, saviez-vous que le plastique n’est souvent pas vraiment recyclé, mais bien décyclé ? J’en reparlerai dans un prochain article, mais en gros le décyclage est un procédé qui consiste à transformer un produit en un nouveau produit de qualité moindre. Il y a plusieurs qualités de plastique, et les objets en plastique qu’on utilise et consomme au quotidien sont souvent considérés comme des plastiques purs de première qualité. Ces derniers, une fois au centre de tri, sont mélangés et refondus ensemble en plastique de seconde qualité qui sera utilisé pour faire des bancs de parc, des bacs bruns, etc. Éventuellement, la qualité du plastique est tellement dégradée et le plastique tellement mélangé qu’on ne peut plus rien créer avec et on doit le jeter. Alors en fait, tout ce qu’on achète en plastique finira inévitablement au dépotoir, contrairement au verre et à l’aluminium qui se recyclent techniquement indéfiniment. Pour toutes ces bonnes raisons, si je veux être vraiment zéro déchet, je dois éviter d’avoir recours au recyclage le plus possible. Et un jour, j’aurai moi aussi un tout petit bac de récupération.

Bonne journée!


Bonne St-Valentin zéro déchet!

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Voici un petit article de St-Valentin pour inspirer ceux et celles qui n’ont pas encore choisi ce qu’ils allaient faire pour faire plaisir à ceux qu’ils aiment. La St-Valentin peut malheureusement être une occasion de faire beaucoup de déchets avec les emballages de bonbons, de chocolats et de fleurs. Cette année, j’ai décidé d’éviter les chocolats emballés, remballés, décorés puis mis dans une boîte et je suis allée acheter des chocolats dans une chocolaterie. Le chocolat y est bien entendu de plus grande qualité, plus frais et meilleur au goût. En plus, ça me fait plaisir d’encourager des artisans locaux! C’est gagnant pour tout le monde.

Je suis allée faire une razzia de chocolats dans une petite chocolaterie. J’ai amené un contenant et les vendeurs y ont mis les chocolats directement. Pas de problème, pas de déchets. Des fois, ça peut être tellement simple de ne pas faire de déchets inutilement. Bien entendu, et je l’avoue humblement, lorsque je refuse une boîte et tends mon pot vers quelqu’un pour qu’il me le remplisse, j’ai souvent un moment d’hésitation et de gêne, comme si j’avais peur qu’on me réponde « Non désolé on ne remplira pas ton pot ici. » Ce n’est jamais arrivé et je ne pense pas que ça va arriver, mais j’ai souvent un petit doute. D’habitude, je reçois plutôt des regards amusés et des : « Bonne idée! Je devrais faire ça moi aussi… » Alors je continue de tendre mon pot en souriant, armée du courage des premiers qui ont amené des sacs réutilisables à l’épicerie!

Si l’on cogite l’achat de fleurs, on n’a qu’à demander qu’elles ne soient pas emballées et amener de la maison un linge à vaisselle ou un sac réutilisable pour les envelopper pendant le transport. On évite alors d’utiliser du plastique, qui sera inévitablement jeté quelques instants plus tard. Facile! Finalement, les fleurs flétries iront au compost.

Bonne St-Valentin zéro déchet tout le monde!


Les cadeaux : les recevoir et les donner

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Mon anniversaire et la récente période des fêtes m’ont amenée à réfléchir sur les cadeaux. Maintenant que j’ai entrepris mon défi, je comprends l’importance de la règle « refuser » et je sais que je dois refuser tout ce qu’on m’offre de superflu. Dans cette perspective, qu’est-ce que je dois faire avec les cadeaux qu’on m’offre?

C’est gentil et poli d’offrir aux gens qu’on aime des cadeaux aux événements spéciaux. C’est même un peu la base. Les règles du jeu ont changé pour moi, car maintenant chaque nouvelle chose qui entre chez moi doit justifier son utilité ou être refusée. Ce n’est pas que j’aie quelque chose contre les objets offerts ou que j’en suis rendue à un stade spirituel où j’ai réussi à supprimer tous mes désirs. Comme tout le monde, j’ai toujours aimé recevoir des cadeaux, admirer leurs emballages et les déchirer avec joie. C’est qu’avec le temps, j’ai simplement réalisé que je n’ai besoin de rien de plus à mon anniversaire qu’à tous les autres jours de l’année. Si j’ai un quelconque besoin, je suis la mieux placée pour y remédier et j’y remédie habituellement rapidement, si bien que comme tout le monde je ne sais jamais quoi demander à Noël. En ce sens, à moins que j’aie demandé qu’on m’offre un bien en particulier, tout ce qu’on peut m’offrir en cadeau sera nécessairement peu utile et superflu.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Puisque j’ai été proactive cette année, j’ai réussi à éviter de recevoir des cadeaux. Même écrire ces mots fait bizarre; réussir à éviter de recevoir des cadeaux. Je dois dire qu’à date, devoir m’expliquer et devoir être intransigeante par rapport à cela est l’aspect le plus difficile du défi. Quand j’empêche les gens de me montrer qu’ils tiennent à moi de cette manière, je me sens gâtée pourrie et inutilement dure. Est-ce que j’ai envie d’être la grincheuse qui gâche le plaisir de tout le monde et surtout, de ceux qui veulent faire un effort pour me faire plaisir? Et puis quel genre de personne ne veut pas de cadeau, non mais vraiment qui est comme ça.

C’est juste que devant un paquet enveloppé, un objet suremballé dans sa boîte et un bien dont je n’ai pas vraiment besoin, j’ai une mini-crise de conscience. Maintenant que j’ai sérieusement entrepris mon défi, je ne peux pas faire d’exception. C’est difficile et j’ai souvent eu envie de craquer. Je sais par contre que craquer reviendrait juste à ce que ça a toujours été, moi qui déballe un cadeau, moi qui remercie, moi qui essaie de lui trouver une utilité ou une place chez moi jusqu’à ce que je m’en débarrasse inévitablement un jour. Heureusement pour moi, j’ai des amis et une famille extraordinaires qui m’encouragent et acceptent que ce soit comme ça pour l’instant; Charlotte ne veut plus de cadeaux. Malgré le soutien que je reçois, je ne peux tout de même pas m’empêcher de me sentir coupable de leur refuser le plaisir de m’offrir quelque chose qui me ferait plaisir. Du moins sur le coup.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

L’autre problématique à laquelle je suis confrontée est la suivante : qu’est-ce que je fais lorsque JE veux donner des cadeaux aux autres? À Noël, j’ai décidé d’offrir des confiseries faites maison, des activités et des objets essentiels (comme des bas!) à mes proches. Toutes ces choses passent le test du zéro déchet. Pour l’emballage, j’ai fait quelques tests. Bien sûr, l’idéal si on veut respecter les règles serait de ne pas emballer les cadeaux qu’on veut donner ou de les emballer de façon très minimaliste. Noël dernier, j’ai quand même voulu emballer mes cadeaux.

J’ai utilisé les règles de la récupération et de la réutilisation. J’ai prescrit les papiers plastifiés et les choux, mais j’ai utilisé des rubans, que j’ai récupérés et que je peux réutiliser indéfiniment. J’ai enveloppé mes cadeaux dans des sacs de papier brun qui traînaient et dans du papier journal que je suis allée chercher dans les bacs du métro. J’ai finalement décoré le tout avec des cordes de jute, des branches de sapin et des petites cannes de bonbon, tout étant compostable. La petite enveloppe de plastique sur les cannes n’était pas idéale… l’an prochain j’aurai une meilleure idée! Une chose à la fois.

Bonne journée froide les amis!


La première règle du Zéro déchet: Refuser

244381_422734111122717_1186761778_o

Collection Bizzaro! Par Dan Piraro

J’ai appris que « Refuser » est la première règle à suivre si l’on veut réduire le contenu de ses poubelles. Ça consiste, entre autres, à refuser les choses offertes qu’on a tendance à accepter sans réfléchir. On va donc refuser les stylos, pamphlets, journaux, gratuités, échantillons et autres articles promotionnels dont on n’a pas besoin. En les refusant avant de les avoir, on évite de les jeter.

Cette règle a été une réelle révélation pour moi. Avant, je ramassais tout ce qui passait, tout ce qu’on m’offrait, sans me poser de questions. On m’offrait un stylo? Je le prenais et l’enfouissais dans mon sac sans même me demander ce que j’allais en faire. Maintenant, avant de tendre la main vers ledit objet, je m’arrête et réfléchis pendant quelques secondes. Cet instant est suffisant pour me permettre de réaliser que j’ai déjà assez de stylos pour la vie à la maison et que ce n’est pas parce qu’on m’offre quelque chose que je dois le prendre. J’avais peur de quoi, une pénurie mondiale de stylos? Prenez-en le plus possible avant qu’il n’y en ait plus! On m’offrait des échantillons? Maintenant, je peux prendre du recul et réfléchir au fait que j’ai déjà une collection impressionnante de mini contenants à moitié remplis dans ma salle de bain. Et ces trois sachets de sucre qu’on me donne avec mon café? Si j’en utilise toujours un seul, pourquoi en accepterais-je trois? Au cas où j’aie envie de trois sachets ce matin? Non ça n’a pas de sens. Et ces ustensiles de plastique? Cette pile de condiments (et leurs amies les serviettes)? Ce gobelet? Ce sac cadeau? Si je n’en ai pas besoin, je les refuse avant qu’on me les donne.

Là je vous entends penser : « Oui mais tout ça c’est gratuit! » Oui, mais c’est aussi INUTILE. Ça encombre, ça s’accumule, ça prend la poussière et ça prend le bord des poubelles inévitablement lors d’un éventuel ménage de printemps. En gros, ça ne vaut pas la peine. Ce qu’on vise, c’est une salle de bain épurée et propre, une table de travail vide et fonctionnelle et des espaces de rangement organisés. Tous ces éléments ont en commun l’absence de petits trucs inutiles. Ça commence par ça!

Certains se diront peut-être : « Oui mais le mal est déjà fait, c’est déjà créé et que je le prenne ou non, qu’est-ce que ça change? » En fait, ça peut changer pas mal de choses, surtout si de moins en moins de personnes acceptent systématiquement les choses qu’on leur offre. En acceptant tout ce qu’on nous offre, on envoie le signal qu’on accepte et apprécie ce genre de pratique et ce, de façon inconsciente. Mais ça c’était dans une autre vie, parce que je m’engage, à partir de maintenant, à refuser le superflu qu’on m’offre.