Sortir les poubelles

Le livre The Garbage Project et l’histoire du guacamole de 25 ans

Sortir les poubelles

Dernièrement, j’ai lu un livre fascinant qui mérite bien un petit billet : Rubbish! The Garbage Project. Oui, un livre sur les poubelles. Il y a quelques mois, une de mes connaissances avait publié sur Facebook un article qui racontait les recherches d’un groupe d’archéologues modernes qui étudiaient le contenu de nos vidanges. Parmi leurs trouvailles, ils avaient trouvé et réussi à identifier du guacamole âgé de 25 ans. 25 ans!!! Je devais absolument trouver le livre dont l’article faisait mention et me pencher sur le mystère du guacamole non décomposé.

Le livre raconte l’histoire d’une équipe d’anthropologues et d’archéologues qui ont trié et étudié des poubelles aux États-Unis pendant plus de 20 ans pour mieux comprendre cette société. Leur champ d’études? La rudologie, une vraie de vraie science, avec ses lettres de noblesse et tout. Armés de pinces et de gants, ils ouvrent les poubelles et descendent dans les montagnes de déchets pour prendre des échantillons avec des « carottes » comme celles utilisées pour prendre des échantillons de glace en Arctique. Ils fouillent dans des trucs dégueux et sentent constamment la poubelle.

Avec leurs recherches, ils mettent fin au mythe suivant : les matières organiques se décomposent dans les dépotoirs. Non, parce que pour que la décomposition ait lieu, les micro-organismes ont besoin d’oxygène pour travailler. Dans les dépotoirs, compactées et asphyxiées sous les couches de plastique et autres matériaux, vos pelures de patate se momifieront plutôt que se décomposer. L’air ne circule pas, donc les micro-organismes ne peuvent pas décomposer nos restes de table. Il y a certes un peu de décomposition anaérobique (sans oxygène) qui s’opère, mais cette dernière est incroyablement lente. La preuve que les matières organiques ne se décomposent pas ou pas bien dans nos dépotoirs géants est ce guacamole vieux de 25 ans. Qu’ont-ils trouvé d’autre de « compostables »? Des hot-dogs vieux de 40 ans (les préservatifs aident, j’imagine), une tête de laitue vieille de 25 ans qui avait l’air de celles qu’on oublie dans le frigo, un T-bone vieux de 16 ans, etc.

Et comment ont-ils daté toutes ces belles choses? Grâce à des journaux et des factures datant d’aussi loin que 1952, retrouvés tout près et encore parfaitement lisibles… Là c’est le moment où j’insère subtilement un lien vers mes articles sur le compostage et le vermicompostage. Composter est la façon de s’assurer que nos restes de table se décomposent pour refaire des ressources, plutôt que de se perdre.

Mais le but premier de leurs recherches n’était pas d’établir que du guacamole de 25 ans, ça existe; c’était de comprendre certaines choses sur cette société et la vie des gens. En fait, c’est que nos poubelles ne mentent pas sur nos habitudes de consommation et racontent des histoires que nous ne voulons pas nécessairement raconter. Par exemple, leurs fouilles ont montré que les gens disent consommer systématiquement moins d’alcool qu’ils en consomment réellement. Et de sacs de chips, par le fait même. Qu’est-ce que nos poubelles racontent sur notre consommation de drogues, de « junk food », d’antidépresseurs, de médicaments et de pilules? Ce ne sont pas mes exemples, mais ceux du livre. Je ne suis pas en train de dire que ces choses sont mauvaises, mais elles relèvent l’existence de certains problèmes profonds dans nos sociétés. Nos poubelles donnent des informations qu’aucun sondage ne révélera réellement.

Et quelles furent leurs conclusions, après plus de 20 ans à fouiller dans nos poubelles? Pour commencer, que nous en produisons BEAUCOUP trop et qu’il faut absolument repenser notre société d’obsolescence programmée avant d’avoir besoin d’un autre continent pour mettre nos déchets. Aussi, ils suggèrent de facturer les gens en fonction de la quantité de déchets qu’ils produisent. Plus tu jettes, plus tu paies. Intéressant, surtout que c’est une approche que plusieurs villes dans le monde ont déjà adoptée. À San Francisco, par exemple, les habitants paient pour qu’on ramasse leurs sacs de poubelles, de compost et de recyclage. Le ramassage du sac de poubelles est beaucoup plus dispendieux que celui du compost et du recyclage. Les gens sont ainsi encouragés à recycler et composter au lieu de simplement jeter, et des employés passent régulièrement dans les quartiers résidentiels pour donner des avis et des amendes à ceux qui compostent ou recyclent mal. Il y a aussi de grands efforts de sensibilisation à travers la ville, si bien que le système fonctionne très bien et qu’il est rentable. Si cela vous intéresse, je vous invite à lire ceci ou ceci !

Je terminerai en disant que les trouvailles les plus importantes ou les plus intrigantes de l’équipe de recherche devaient se retrouver dans un musée consacré à l’étude des poubelles. Mais la vie en aura décidé autrement, car quelqu’un aurait malencontreusement jeté les sacs contenant tous ces biens… aux poubelles. Ironique vous dîtes?

Bonne journée tout le monde xxxxxx


Compost et vermicompostage

Sortir les poubelles

J’ai des vers chez moi. En fait, j’ai probablement des centaines de vers dans mon appartement. Mais rassurez-vous, ils ne grouillent pas sur le sol. Ils sont au contraire tranquilles, confortablement installés dans leur vermicompostière et occupés à transformer mes restes de table en compost.

Bon, je sens que c’est là où je vais peut-être en perdre certains. J’avoue qu’il serait tentant de me catégoriser comme une environnementaliste vraiment trop intense et déconnectée. Mais ne soyez pas trop rapides; je vous assure que je suis complètement normale et que j’ai moi aussi froncé les sourcils la première fois que j’ai entendu parler d’avoir un bac de vers dans sa maison. Laissez-moi la chance de vous montrer que je suis essentiellement une personne qui veut composter, mais qui n’a pas de cour arrière.

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Pour commencer, mes petits vers sont des vers rouges (nom latin Eisenia foetida), aussi appelés vers à fumier. C’est une sorte de vers particulière; pas les vers de terre typiques des jardins ou des trottoirs les jours de pluie. Gardés dans un contenant fermé conçu pour eux, les vers rouges mangent et transforment les restes de table et autres matières compostables en un super compost. Chaque petit ver peut manger l’équivalent de la moitié de son poids par jour de matière! C’est donc dire, par exemple, qu’un kilo de vers peut transformer 500 g de résidus par jour. Ajoutez à cela qu’ils se reproduisent rapidement, vous pouvez vous retrouver très rapidement avec une vraie usine à compost!

Donc par où on commence si on veut vermicomposter? Première étape, on doit se bâtir une vermicompostière. Je sais qu’elles se vendent, mais les modèles que vous pourrez fabriquer vous-mêmes sont tout aussi bons et suffisent pour quelques individus ou une famille. On doit se procurer tout d’abord un gros contenant opaque avec couvercle. Le mien est un « Rubbermaid ». Ensuite, il faut percer des petits trous partout, soit dans le couvercle et les côtés pour l’aération et dans le fond pour le drainage. Un vermicompost peut produire un peu de liquide, d’où l’intérêt des trous de drainage dans le fond et de se procurer également un plateau pour recueillir les liquides sous le bac. Personnellement, j’ai recouvert mes trous du fond de morceaux de moustiquaires collés pour éviter que les vers puissent par mégarde se faufiler à l’extérieur. Une autre alternative qui marche très bien aussi est de faire de tout petits trous avec la perceuse et d’en faire beaucoup, ainsi les liquides peuvent sortir, mais pas les vers. Bon puisqu’on en parle disons le tout de suite : les vers ne sortent pas du bac. S’ils sont bien, ils n’ont aucun intérêt à sortir et ne le font pas. Par contre, s’ils commencent à monter sur les parois ou sur le couvercle, c’est assurément parce qu’il y a un problème dans leur environnement. Il faudra alors investiguer.

Sortir les poubelles

Sortir les poubelles

Pour débuter votre vermicompost, il vous faudra bien sûr des vers. Certains commerces et certains particuliers en vendent sur Internet, sur Kijiji par exemple, et la plupart des écoquartiers en offrent, il suffit d’appeler pour se renseigner.

Ainsi donc, quelques fois par semaine je dépose dans mon bac le même genre de résidus que je pourrais déposer dans un compost conventionnel, au grand plaisir de mes petits colocs. J’évite par contre les agrumes, l’ail et les oignons, qu’ils n’aiment pas. J’évite également la viande, les produits laitiers, les corps gras et tout ce qui est dur ou qui se décompose difficilement comme les noyaux de fruits et les pelures particulièrement épaisses. Je brasse le tout et vérifie qu’il n’y a pas d’accumulation d’eau sur les parois et le couvercle. Entretenir une vermicompostière revient à peu près uniquement à regarder le niveau d’humidité et à regarder de temps en temps pour s’assurer que tout le monde est heureux là-dedans. Il faut faire attention de ne pas suralimenter les vers, sinon les aliments pourriront avant d’être transformés et cela pourrait occasionner des odeurs. On attend donc qu’ils aient presque tout mangé avant de leur redonner de la nourriture. Apparemment, il ne faut pas non plus les déranger trop souvent, parce qu’ils aiment leur intimité et être dérangés les stresse. Mais bon on se comprend; ce sont des vers. Finalement, de temps en temps on peut ajouter un peu de terre pour procurer aux vers un bel environnement de travail et empêcher la prolifération d’insectes indésirables.

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En terminant, voici quelques questions (et leurs réponses) qui reviennent souvent par rapport au vermicompostage.

Pourquoi devrais-je vermicomposter?

Les vers rouges décomposent vite les matières organiques, si bien qu’on se retrouve rapidement avec du compost de très bonne qualité. Vermicomposter est aussi une bonne idée si on manque d’espace pour composter. Finalement, vous devriez vermicomposter parce qu’on se sent comme un dieu qui crée la vie quand on met une pelure de banane une semaine, et que la semaine d’après elle est devenue de la terre.

Où devrais-je mettre ma vermicompostière?

Idéalement dans la cuisine, sous l’évier, dans une armoire ou sous un comptoir.

Est-ce que ça pue?

Non, ça sent la terre. Par contre, si votre vermicompost dégage des odeurs, cela peut indiquer qu’il est trop humide ou encore qu’il y a trop de nourriture non décomposée en train de pourrir à l’intérieur.

Est-ce que les vers peuvent s’enfuir et envahir ma maison?

Comme j’ai mentionné plus haut, s’ils sont bien dans leur bac, ils n’ont aucun intérêt à sortir et ne sortiront pas. D’ailleurs, même si un téméraire se faufile un jour, il n’ira pas très loin parce que ça ne va pas très vite un ver.

Est-ce que ça attire d’autres insectes?

Techniquement non. Par contre, si votre demeure est également celle de drosophiles, centipèdes, cloportes et autres, les choses peuvent se compliquer légèrement. Vérifier souvent son bac et garder toujours un peu de terre sur le dessus de la litière est habituellement suffisant pour éviter d’attirer les insectes.

J’ai nourri mes vers pendant quelques mois. Comment vais-je chercher mon compost maintenant?

Bon alors tout le monde a sa technique, et plusieurs se donnent beaucoup de mal pour que l’expérience ne soit pas trop traumatisante pour les vers. Personnellement, je sors mon bac au soleil et ouvre le couvercle une heure. Les vers fuient la lumière et descendent au fond du bac. Je peux ensuite ramasser le dessus sans problème et sans ramasser de vers.

 Voilà! Bon vermicompostage tout le monde 🙂


Jardinage zéro déchet

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Lorsqu’on essaie de vivre une vie zéro déchet, il faut s’attendre à devoir faire preuve de créativité au quotidien. Par exemple, il faut être créatif lorsqu’on a oublié d’amener ses sacs réutilisables à l’épicerie et qu’on refuse catégoriquement d’utiliser les petits sacs en plastique. Il faut également être créatif lorsqu’on organise des événements, lorsqu’on magasine, lorsqu’on donne des cadeaux ou lorsqu’on fait le ménage.

Dernièrement, j’ai fait bon usage de ma créativité et j’ai eu l’idée de réutiliser de vieux emballages de nourriture pour partir mes semis et mon petit jardin de balcon.

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C’est à force d’accumuler malgré mes efforts des contenants de plastique numéro 6 chez moi que l’idée de les réutiliser ainsi m’est venue. J’ai perforé des barquettes de champignons, des contenants de petits yogourts, des contenants de chips d’algues et les contenants à l’intérieur des boîtes de biscuits afin que l’eau puisse s’écouler. Ensuite, j’ai rempli ces pots avec la terre provenant de mon compost et y ai planté mes graines. Comme arrosoir, j’ai trouvé le contenant parfait dans le recyclage chez mes parents. C’est une cruche de jus Tropicana en plastique, facile à manier grâce à sa poignée, avec un bouchon que j’ai perforé à plusieurs endroits.

Lorsque mes pousses se sont mises à grandir, j’ai commencé à chercher quelque chose pour les soutenir. Bien sûr, j’aurais pu mettre un bâton, mais j’étais déjà partie sur mon thème de réutilisation de déchets. J’ai donc pensé, une soirée avant la collecte des ordures, à aller jeter un coup d’œil aux bennes de déchets d’un immeuble en construction près de chez moi. J’y ai trouvé des languettes de bois que j’ai taillées plus minces et ainsi rescapées des poubelles. Lorsque je n’en aurai plus besoin, je pourrai les composter, ainsi que les petites ficelles en jute que j’utilise pour attacher mes plants.

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Finalement, lorsque mes plants seront en terre, j’utiliserai mes vieilles brosses à dents en bambou pour identifier mes rangées. Je vais retirer les poils en plastique, écrire le nom de mes plants sur le manche et enfoncer les brosses à dents têtes premières dans le sol. Partir mon jardin cette année m’aura coûté un gros 8$, soit le coût des graines.

J’espère vous avoir inspiré avec ce petit billet à voir le potentiel de réutilisation des objets et des contenants qu’on utilise au quotidien. Il y a tellement de choses autour de nous qui peuvent resservir avec un peu d’imagination, suffit que de penser!

Bon bricolage tout le monde!


Composter – Partie 1

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C’est ici et aujourd’hui qu’on démystifie le compostage! Vous avez été nombreux à me faire parvenir vos questions à ce sujet, et maintenant que j’ai finalement fini ma session d’école (alléluia!), j’ai tout le loisir de vous répondre.

Tout d’abord, composter consiste à rassembler en un tas divers résidus de cuisine et divers résidus de jardinage afin qu’avec le temps ils puissent se décomposer. Le résultat, soit le compost lui-même, ressemble à de la belle terre brun foncé. Cela étant dit, le compost n’est pas qu’un ramassis de vieux restes de table. C’est un écosystème en soi, rempli de petits insectes, de champignons, de bactéries et de micro-organismes qu’on appelle communément les décomposeurs. Toutes ces petites bestioles travaillent d’arrache-pied afin de briser les fibres et transformer les résidus organiques. Pour travailler, il leur faut de l’oxygène, donc un bon niveau d’aération, ainsi qu’un bon taux d’humidité ambiant.

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Pourquoi est-ce une bonne idée de composter? Tout d’abord, parce que les matières organiques constituent plus de 40% du contenu de nos poubelles. C’est environ 675 kg (1488 livres) de matières organiques par famille de quatre personnes chaque année. Au Québec, environ 1,2 million de tonnes de matières organiques sont jetées à la poubelle chaque année. C’est vraiment énorme. Toutes ces ressources sont ainsi perdues, alors qu’il aurait été vraiment facile de les revaloriser au moyen du compostage.

Avant, je ne voyais pas vraiment l’intérêt de composter, parce que j’assumais qu’en jetant mes restants de table à la poubelle, ils seraient acheminés avec le reste de mes déchets vers les sites d’enfouissement où ils pourraient se décomposer. Dans les faits, ce n’est pas ce qui arrive. Les résidus organiques ne se décomposent presque pas dans nos sites d’enfouissement, car le phénomène de la décomposition par les micro-organismes nécessite de l’oxygène. Enseveli sous une montagne de déchets, suffoqué par tous les morceaux de plastique qui l’entourent, votre reste de salade risque de rester intact très longtemps. Je suis d’ailleurs en train de lire un livre fascinant sur l’histoire des poubelles (oui j’en suis rendue là), où on raconte comment des anthropologues américains ont été capables d’identifier très clairement dans des dépotoirs du poulet et du guacamole datant de près de 25 ans. Je vous en reparlerai.

Une autre bonne raison de composter est que l’on peut par la suite substituer le compost aux engrais chimiques des magasins. Le compost est riche en azote et minéraux qui contribuent à la fertilité du sol et à la santé des plantes. C’est donc non seulement écologique, mais également économique. Aimez-vous autant que moi lorsque ces deux considérations vont dans le même sens?

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Bon maintenant comment composte-t-on? Il existe différentes techniques. Pour faire du compost qu’on pourra étendre dans son jardin, ça prend entre 6 mois et trois ans. Si on n’est pas pressé, on peut littéralement juste empiler pêle-mêle les matières organiques dans un contenant à l’extérieur dans le jardin. Il faut par contre que le dessous du bac soit directement en contact avec le sol pour que les décomposeurs présents dans le sol puissent s’y infiltrer. On le place idéalement dans un endroit ombragé ou semi ombragé pour que la température à l’intérieur n’atteigne pas des sommets record, et on brasse de temps en temps pour faire circuler l’air. Les résidus renflouent très rapidement, donc on peut en mettre et en remettre souvent avant de remplir un bac. Si on vise plutôt à avoir du compost en douze mois, ça prend légèrement plus de travail et d’entretien. Idéalement, le compost doit être brassé aux deux semaines et on doit s’assurer qu’il a un bon taux d’humidité. Pour vérifier le taux d’humidité du compost, il suffit d’en prendre une poignée dans sa main. On veut pouvoir former une boule. Si le contenu de notre main s’effrite, il est trop sec. On peut alors l’arroser légèrement ou y incorporer des matières riches en eau comme des restes de fruits ou de légumes. S’il coule ou est boueux, il est trop mouillé. On peut alors y incorporer des résidus dits « secs », comme des feuilles mortes. Pour un compost prêt en douze mois, il faut essayer d’y mettre autant de résidus de table (riches en azote) que de résidus de jardinage (riches en carbone). Encore là, ce n’est pas absolument nécessaire, mais cela accélèrera la décomposition.

Toujours des questions concernant le compostage? Je vous invite à consulter l’excellente publication suivante de Recyc-Québec (ici). Vous y trouverez entre autres des explications sur des techniques de compostage plus avancées et une liste de ce qu’on peut mettre dans son compost, ce qu’on ne peut pas mettre dans son compost et ce qui doit y être mis avec parcimonie.

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Oui, mais moi je n’ai pas de jardin…

Pas de jardin? Pas de problème! Dans plusieurs municipalités du Québec, des collectes hebdomadaires de matières organiques ont lieu. Dans d’autres, des bennes de compost sont mises à la disposition des citoyens pour qu’ils puissent y déposer leurs résidus. Plusieurs de ces projets sont tout récents et la collecte des résidus organiques est en général au stade embryonnaire au Québec. Mais la motivation est là! D’ailleurs, la Ville de Montréal a récemment annoncé son intention d’offrir un service de collecte de matières organiques pour tous d’ici 2019. Une bonne nouvelle!

D’ici là, je sais qu’à Montréal l’entreprise Compost Montréal offre un service de collecte hebdomadaire de matières organiques. Au coût de 7.50$ par semaine, cette entreprise vous fournira tout ce qu’il vous faut pour ramasser vos résidus de table, viendra les chercher chez vous, les compostera et vous redonnera même un peu de compost fini une fois par année au printemps. Génial non? Si vous connaissez d’autres entreprises ailleurs au Québec qui offrent ce genre de services, n’hésitez pas à le partager avec moi dans les commentaires.

On m’a aussi indiquée qu’il était possible dans plusieurs endroits du Québec d’aller porter son compost dans des sites de compostage communautaire. L’organisme Action RE-buts a d’ailleurs mis sur pied une carte interactive permettant de localiser le site de compostage communautaire le plus près de chez vous. Je vous invite à consulter le lien suivant.

Une dernière option lorsqu’on n’a pas de jardin, c’est le vermicompostage. Mais cet article est déjà bien long… On en reparle bientôt?

Bonne journée 🙂


Ma brosse à dents est en bambou… et la tienne?

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Je suis très excitée par cet article, parce que je meurs d’envie de vous parler de ma nouvelle brosse à dents depuis des semaines. Lorsque j’ai commencé à repenser mon quotidien pour voir où je pouvais apporter des changements, j’ai commencé par vouloir repenser ma routine à la salle de bain. Pour commencer, on utilise beaucoup trop d’objets à usage unique dans la salle de bain. Les brosses à dents et les tubes de dentifrice sont de beaux exemples d’objets faits de trop de matériaux différents pour être recyclables, qu’on doit jeter après quelques mois d’utilisation.

Mes recherches m’ont permis d’apprendre qu’on estime à 4,7 milliards le nombre de brosses à dents créées et jetées chaque année. 4,7 milliards. Ces dernières prendront de 100 à 1000 ans à se dégrader par la suite. En fait, on ne sait pas vraiment en combien de temps elles se dégraderont, parce qu’on n’en a jamais vu se dégrader. L’histoire du plastique dans l’humanité a à peine 100 ans. La première matière plastique a été créée en 1870 par les frères Hyatt aux États-Unis. Les premières découvertes des matières plastiques et de la pétrochimie eurent lieu durant la première moitié du 19e siècle. La Seconde Guerre mondiale a contribué à propulser les recherches sur ce matériau versatile et léger, si bien que ce fût seulement à partir des années 1950 que la consommation de masse et la diversification du plastique ont débuté. C’est là que sont arrivés sur le marché divers objets de plastique tels que les jouets, les articles ménagers, les emballages et… les brosses à dents en plastique. Donc, les premiers objets en plastique moderne datent d’il y a 65 ans à peine. Ça ne fait pas encore 100 ans, ce qui veut dire en gros que tout le plastique jamais créé par l’humanité existe toujours quelque part. Troublant.

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Mais revenons à ma brosse à dents. J’ai fait un calcul rapide : 25 ans d’existence X 3-4 brosses à dents en moyenne par année = Entre 75 et 100 brosses à dents que j’ai possédées existent toujours quelque part. Pour toute une vie, disons 85 ans X 3-4 brosses à dents par année = Entre 255 et 340 brosses à dents seront utilisées et jetées par un individu au cours de sa vie. Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas certaine de vouloir que ce qui restera de mon passage sur cette terre soit une pile de brosses à dents. Et de tubes de dentifrice.

C’est ainsi que j’ai découvert la brosse à dents en bambou, et je l’adore ! J’ai fait mes recherches et j’ai choisi les brosses à dents de Brush with Bamboo, mais beaucoup d’autres compagnies proposent désormais ce type de brosse à dents qu’on peut acheter en ligne ou dans beaucoup de magasins d’alimentation naturelle. Le manche est fait de bambou à 100% qui, en plus d’être une des plantes qui poussent le plus rapidement au monde, nécessite peu ou pas de fertilisants et de pesticides pour sa culture. Les poils de la brosse sont en nylon (donc en plastique) et sont techniquement recyclables (je vais m’essayer). La brosse à dents dure aussi longtemps qu’une brosse à dents en plastique, et quand c’est fini on peut la composter! La boîte est faite de papier recyclé que je pourrai recycler, et la brosse à dents vient enveloppée dans un sac biodégradable. Tout est parfait.

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Pour ce qui est de la pâte dentifrice, j’ai commencé à me questionner sur les dentifrices il y a quelque temps déjà après avoir entendu parler de la potentielle toxicité du fluor qu’elles contiennent. Puis j’ai lu les ingrédients de ma pâte dentifrice. Je ne sais pas pourquoi, mais dans ma tête, la composition de la pâte dentifrice était assez simple. Je ne pensais pas que c’était un mélange complexe de substances et composés chimiques. Seulement, j’ai découvert que oui et qu’en mettant du triclosan et du sulfate laureth de sodium dans ma bouche, je risquais de compromettre l’activité de mes hormones, de mon système reproductif et le fonctionnement de mon métabolisme. L’humain n’a pas besoin de triclosan pour avoir les dents propres, alors je ne veux pas en utiliser. En plus, apparemment que sans saccharine, sorbitol et aspartame (édulcorants ayant un goût sucré), la pâte dentifrice goûterait tellement chimique que ça serait impensable que qui que ce soit s’en mette dans la bouche. Dégoûtant.

J’ai décidé de me faire ma propre pâte dentifrice non toxique, non polluante et qui fonctionne aussi bien que de la pâte dentifrice normale (confirmé par des dentistes!). J’utilise 3 ingrédients : de l’huile de noix de coco, du bicarbonate de soude et de l’huile essentielle de menthe, que je mélange ensemble pour faire une pâte. Le bicarbonate de soude est ce qu’utilisaient nos grands-parents pour se brosser les dents et permet d’enlever les plaques, de rééquilibrer le pH de la bouche et blanchit les dents! L’huile de noix de coco a des propriétés antibactériennes intéressantes, tout comme l’huile essentielle de menthe, qui donne aussi un petit goût rafraîchissant. Il existe des tas de recettes de pâtes dentifrices sur internet. Je vous invite à aller lire sur le sujet pour en apprendre davantage! Finalement, pour la soie dentaire, l’option zéro déchet est d’utiliser un vrai fil de soie qui est par définition biodégradable. Je vais considérer cette option lorsque j’aurai fini toute la soie dentaire que j’ai chez moi, ce qui est malheureusement dans longtemps.

Bon brossage de dents!