Sortir les poubelles

2017

Salut!

Tout d’abord, bonne année. Vous avez été plusieurs à me dire que vous vous ennuyez de moi sur le blogue! Merci, ça me fait toujours plaisir de vous lire. Et pas de raison de vous en faire; j’ai simplement enchaîné une dure fin de session, un beau voyage et un temps des fêtes bien occupé, toutes sortes de choses qui m’ont gardée loin des médias sociaux.

Aussi, mon engagement face au mouvement zéro déchet et mon activisme ont pris une tournure inattendue à la fin 2016. C’est pour cela qu’aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de bénévolat et de comment ce genre d’activité s’insère naturellement d’après moi dans le cheminement de la personne engagée en 2017.

Lorsque Trump a été élu en novembre dernier, ça m’a jetée à terre. Littéralement, en étoile sur le plancher. J’étais découragée, émotionnelle, anxieuse et inconsolable. Je me sentais impuissante et j’ai laissé pendant un certain temps ce sentiment étouffer mon optimisme et mon désir de faire bouger les choses.

Recevoir des câlins, manger des frites et des brownies, prendre des marches en forêt, courir dehors et remanger des frites ont aidé. Puis, au fil du temps, les mouvements citoyens à travers le monde suite aux élections m’ont inspirée et m’ont redonné envie de me battre.

C’est là que j’ai réalisé que j’avais besoin de plus maintenant que d’être zéro déchet ou d’en parler sur mon blogue. J’avais besoin d’être avec les gens, pour vrai, de m’impliquer dans une cause physiquement comme pour manifester mon désaccord face au racisme, au sexisme et à l’obscurantisme que j’observais. C’était un désir fort et puissant, comme celui de crier des fois ou de sacrer dans le trafic. J’avais fait pas mal de bénévolat dans ma vie, mais je n’avais pas compris jusqu’à récemment tout ce que cela pouvait m’apporter.

Laissez-moi vous dire que je suis excessivement fière de faire une différence en vivant un mode de vie zéro déchet. Je suis aussi très fière de faire une différence en vous inspirant au moyen de ce blogue. Mais, depuis la fin de l’année dernière, laissez-moi aussi vous dire que je suis vraiment contente d’avoir ajouté un aspect d’implication communautaire à ma vie.

Qu’est-ce que je fais exactement? Quatre heures par semaine, je travaille avec des éducatrices dans une halte-garderie dans mon quartier. Mon rôle est essentiellement d’alléger leurs tâches en m’occupant d’adorables bambins qui ont moins de chance dans la vie que j’en ai eue. Ce genre d’implication m’en apprend énormément sur moi-même, me fait sortir de ma zone de confort et m’amène à rencontrer des gens que je n’aurais pas rencontrés autrement. Lorsque je sors de là, je suis pleine de morve/bave et épuisée, mais furieusement heureuse. Ce sentiment, ce « High », me suit tout le reste de la journée.

Je ne sais pas combien d’entre vous ont pris la résolution en 2017 de faire une différence. Je crois que même si vous n’avez pas pris officiellement cette résolution, vous en ressentez probablement le besoin. Personnellement, faire une différence dans ma communauté en plus de dans mon quotidien me fait me sentir encore plus cohérente avec mes valeurs et heureuse. C’est donc ce que je vous souhaite pour 2017, de beaux défis et de belles expériences dans vos communautés qui permettront à l’activiste en vous de briller de mille feux. Oh et de moins en moins de déchets, bien sûr.

Bon maintenant que c’est dit, place à quelques propos plus superficiels. À la demande générale, voici voilà une autre minute mariage.

Minute mariage

Bon 9 mois ! Le mariage est quand même dans 9 longs mois, alors il n’y a pas de panique à bord côté planification. Je ne sais plus si je vous l’avais dit, mais nous avons une planificatrice de mariage (Allo Mélanie !). Elle nous a donné un échéancier à suivre chaque mois avec des choses à faire jusqu’au mariage (ex : trouver un célébrant, réserver la vaisselle, etc.). Ça nous enlève un stress énorme de savoir qu’on fait tout comme il faut en suivant notre petit échéancier haha. Donc depuis ma dernière minute mariage, nous avons pas mal juste réservé la vaisselle (excitant) et nous choisirons les fleurs la semaine prochaine avec mes superbes amies qui les feront pousser pour nous sur leur terrain.

La chose seule qui se passe vraiment en ce moment, c’est que j’essaie d’intéresser mon amoureux au choix de chansons pour notre première danse (OUI, je SAIS, c’est téteux et je m’assume). Je ne veux pas qu’on fasse dur devant tout le monde et je veux qu’on aille LA chanson. Donc en gros, la scène typique c’est moi qui tasse la table du salon, qui mets de la musique et qui retiens mon souffle jusqu’à ce qu’il accepte finalement de danser avec moi SANS NIAISER. Pas des giga succès à date, mais c’est pas mal drôle. Une chance qu’il nous reste 9 mois de pratique.

Bon début d’année 2017 tout le monde,

Charlotte xxxxx

 

 


Baume à lèvres

Sortir les poubelles

Salut tout le monde!

Tout d’abord, avez-vous vu nos belles petites tronches dans La Presse Plus du 1er août dernier? Il y avait un spécial sur les blogues zéro déchet du Québec et Sortir les poubelles était dedans yep yep! Tout comme Tranches de Pimous, le Blog à Jule et Tendance Radis, de beaux blogues que je vous encourage à découvrir. Dans son reportage, la journaliste a choisi de partager ma recette de beurre corporel et elle semble avoir beaucoup plu à mes nouveaux lecteurs.

C’est dans cette lancée de « fait maison » que j’ai décidé de vous partager ma recette de baume à lèvres. J’ai fait cette recette pour la première fois il y a un bout déjà et je l’ai faite et refaite à plusieurs reprises depuis. La première fois, j’étais encore nouvelle dans le merveilleux monde du DIY (« Do it yourself »). Je venais de découvrir que les produits de beauté contenaient des dérivés du pétrole et des produits cancérigènes. Je venais aussi de découvrir que je pouvais faire des produits de beauté avec des trucs dans mon frigo (Œufs! Avocat! Banane! Yogourt! Avoine!) Bref je CA-PO-TAIS.

J’ai commencé par me chercher une recette simple. J’ai essayé la recette de baume pour les lèvres de Wellness Mama, je l’ai adaptée et je vous la propose aujourd’hui. Facile à réaliser, c’est un beau petit projet de fait maison qui ne foutra pas tout en l’air dans votre cuisine, et ça on aime ça.

Sortir les poubelles

Puisqu’on est zéro déchet, on essaie de se procurer les ingrédients en vrac. Ils sont disponibles au Noblessence (ils offrent en vrac si on le demande), chez Coop Coco à Montréal et dans beaucoup d’autres endroits donc il faut fouiller ! Pour les petits contenants, comme vous pouvez voir j’ai collecté des tubes finis à gauche et à droite pendant quelques temps et je les ai nettoyés pour pouvoir les re-remplir avec mon mélange maison. C’est-tu pas du beau zéro déchet ça ?!

Il vous faudra les trois ingrédients suivants : du beurre de mangue (ou du beurre de karité), de l’huile de noix de coco et de la cire d’abeille. La recette initiale proposait du beurre de karité au lieu du beurre de mangue, mais perso je n’aime pas l’odeur du beurre de karité alors j’utilise un substitut qui marche très bien. On peut ajouter quelques gouttes d’une huile essentielle « comestible » ainsi que quelques gouttes de vitamine E pour davantage d’hydratation, mais c’est facultatif.

Les ingrédients (pour 10 à 12 tubes):

  • 2 cuillères à table de cire d’abeille (vous pouvez en ajouter un peu plus si vous voulez un baume plus solide, mais habituellement cette quantité est correcte)
  • 2 cuillères à table de beurre de mangue ou de beurre de karité
  • 2 cuillères à table d’huile de noix de coco
  • 20 à 30 gouttes d’huile essentielle « comestible » (menthe, orange, cannelle, etc.) (facultatif)
  • 3 à 4 gouttes de vitamine E (facultatif)

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Pour préparer le baume, on fait fondre les trois premiers ingrédients ensemble dans un bain-marie. Si on n’a pas de bain-marie, on peut faire chauffer de l’eau dans une casserole et déposer un plat de verre ou de métal au-dessus ou dedans et ça marche très bien. L’important, c’est que la source de chaleur ne soit pas directement en contact avec le mélange. On fait fondre tranquillement pendant 5 à 10 minutes à feu doux en brassant à l’occasion.

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Lorsque le mélange est homogène, on retire la casserole du feu. On ajoute ensuite les gouttes d’huile essentielle et les gouttes de vitamine E. On brasse. Là il faut procéder relativement rapidement pour que le mélange n’ait pas le temps de durcir et remplir doucement les contenants de baumes à lèvres. On laisse ensuite les baumes durcir à température de la pièce ou au frigo si on veut que ça aille plus vite. Voilà c’est fait !

Bonne chance avec ce projet !

Charlotte xxxx

 


Au-delà des pesticides : Le bio en 6 points

Sortir les poubelles

Salut tout le monde! Je me permets aujourd’hui de m’écarter légèrement de ma ligne éditoriale zéro déchet pour parler d’un sujet que mes études m’ont permis d’approfondir, j’ai nommé le bio. Car oui, les mercredis soirs, été comme automne, j’embarque sur mon vélo pour aller chercher mon panier bio en vrai hippie grano-chic que je suis.

Depuis que j’étudie en agronomie, j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de réfléchir à ma position sur l’agriculture biologique. J’ai découvert que le débat autour du biologique se résume souvent à cette question : Est-ce que ça vaut la peine de manger biologique pour consommer moins de pesticides, ou non? Il existe des études scientifiques allant dans tous les sens sur la question des traces de pesticides sur les fruits et légumes, et c’est pour ça que certains diront que ça vaut la peine, d’autres non. Je trouve dommage que souvent le débat s’arrête là. On choisit de manger bio pour beaucoup d’autres raisons, et laissez-moi utiliser la petite expérience que j’ai acquise en agriculture pour vous expliquer les autres avantages du bio, en 6 points.

  1. La santé de nos sols et de notre environnement

Je crois sincèrement que la majorité des agriculteurs aimeraient que leur pratique soit le moins dommageable possible pour l’environnement. Malheureusement, la compétition avec les fruits et légumes californiens et mexicains bons marchés pousse les agriculteurs à utiliser les produits qui leur permettront d’avoir rapidement les meilleurs rendements possibles. Il y a aussi les consommateurs qui veulent des aliments parfaits parfaits, forçant les agriculteurs à appliquer doses de pesticides après doses de pesticides pour contrôler les ravageurs. L’agriculture biologique permet aux agriculteurs de se libérer du cercle vicieux des pesticides. Ce faisant, ils développent des techniques qui sont plus respectueuses de l’environnement. Ce n’est pas facile et ça demande du temps, des efforts et de la créativité et c’est génial parce que les consommateurs acceptent de payer une prime pour ces aliments.

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  1. Ramener l’agriculture ici

Encore une fois, c’est une question de valeurs. Plusieurs personnes pensent qu’il serait mieux de faire pousser notre nourriture en Chine et au Mexique, où les coûts de production sont moins élevés. Ces produits sont moins chers, et la facture d’épicerie des consommateurs serait moins élevée.

Personnellement, je pense que nous devrions avoir des fermes et de l’agriculture dans notre pays, même si ça coûte plus cher aux consommateurs et aux contribuables qu’importer notre nourriture. Parce que les agriculteurs s’occupent bien de nos terres, parce que notre histoire agricole fait partie de notre histoire et parce que nos régions agricoles méritent d’être gardées vivantes. Est-ce que manger local coûte plus cher? Oui, parce que les travailleurs agricoles sont payés au salaire minimum, qu’ils ont des congés et de l’assurance-maladie et parce que nos réglementations environnementales sont parmi les plus exigeantes au monde. Puisqu’il y a engouement pour le bio et que beaucoup de jeunes aspirent à retourner en région pour partir des fermes bios, une des façons de ramener l’agriculture ici c’est d’acheter local et bio.

  1. Le retour à un mode de vie plus sain pour les agriculteurs

Je pense que les agriculteurs, qui travaillent très fort, devraient bien vivre de leur métier. Dans les faits, les agriculteurs vivent souvent des vies stressantes avec d’importantes pressions financières. Ils sont à la merci des conditions climatiques et des prix du marché. D’ailleurs, on s’en rend compte quand on voit que souvent la relève agricole n’est pas au rendez-vous (on est pas mal tous d’accord que c’est une vie qui semble beaucoup plus difficile et exigeante qu’une vie de bureau de 9 à 5). Avec l’agriculture bio, c’est différent. Il y a une discussion entre les consommateurs et les producteurs. Le producteur explique ce que ça lui coûte de produire ses aliments. Le consommateur lui répond qu’il veut payer un prix raisonnable, mais qu’il est prêt à payer une prime pour des bons produits. Et c’est au fil de cette conversation que le prix est fixé. Ce n’est pas la bourse, ni le prix des engrais chimiques, ni le prix du pétrole, ni la valeur en bourse des compagnies agrochimiques qui dictent le prix. La vraie indépendance, c’est ça.

  1. La santé de nos agriculteurs

Bien que les pesticides ne soient pas dangereusement présents sur nos fruits et nos légumes lorsque nous les achetons, ils sont tout de même présents dans l’air et l’eau dans nos régions agricoles. Les agriculteurs qui appliquent les pesticides y sont exposés, malgré les précautions qu’ils prennent. Les fertilisants et les pesticides s’infiltrent dans les sols et les nappes phréatiques, si bien que les sources d’eau potables de nos belles campagnes sont souvent contaminées. Ceux qui en souffrent, ou disons ceux qui risquent d’en souffrir, sont les mêmes qui travaillent si forts à nous nourrir. C’est pas juste ça, non?!

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  1. Le début d’une réflexion

Les aliments ne sont pas un bien de consommation comme les autres. On peut vivre sans meuble, sans linge, sans électronique mais on ne peut pas vivre plus de trois jours sans nourriture. Ce n’est pas normal de chercher à payer le moins cher possible pour sa nourriture. Ce n’est pas normal de faire son épicerie à la même place où on achète des télés et des meubles. Il y a des gens et des compagnies qui travaillent très fort pour nous faire oublier que derrière chaque fruit et chaque légume il y a un sol, une source d’eau et des gens. Je pense qu’on ne peut pas les laisser nous faire oublier tout le travail nécessaire à faire pousser de la bonne nourriture. Lorsqu’on leur laisse ce pouvoir, on devient déconnecté et on leur laisse le contrôle de nos terres et de notre santé.

J’ai eu la chance d’être élevée dans une famille où il n’y a jamais eu de compromis sur la qualité de la nourriture. En vieillissant, j’ai réalisé que trop de personnes consomment de la nourriture comme des produits, en cherchant à payer le moins cher possible. Payer le moins cher possible pour de la nourriture, vraiment? Quand est-ce que c’est devenu une valeur collective ça!?

  1. Les légumes biologiques sont à peu près un million de fois meilleurs au goût que les légumes du Cotsco

Sans blague. La perspective d’une salade pour souper ne vous excite pas plus qu’il faut, ou vous avez de la difficulté à faire manger des légumes à vos enfants? Demandez-vous si c’est peut-être parce qu’objectivement, vos légumes goûtent fades. Ou l’eau, ou amer, ou le contenu du sac de la tondeuse. Je pense qu’honnêtement, on aurait moins de problèmes de santé et de poids si nos légumes goûtaient toujours aussi bons que les légumes de notre jardin.

Dans un monde où bien souvent on se sent impuissant face à la dégradation des milieux naturels et autres drames écologiques, savoir que je vis davantage enlignée sur mes valeurs en achetant mon panier bio m’amène un bonheur énorme. Je vous préviens par contre : si vous commencez à manger des légumes frais et bios, vous risquez d’avoir de la misère à retourner aux légumes moches pas mûrs du Mexique. Vous aurez été prévenus.

Bonne journée tout le monde,

Charlotte xxxx

P.S. Le site Web d’Équiterre te permettra de trouver un fermier bio qui livre près de chez toi 😉


Retour du Panama et à la vie normale

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Salut tout le monde !

Si vous me suivez sur Instagram ou Facebook, vous savez que je suis revenue au pays depuis trois semaines déjà. Je me suis faite discrète au début pour mieux gérer le choc de retour intense que j’ai vécu.

Là, honnêtement, je rembarque dans ma vie et dans mes habitudes petit à petit. J’ai encore des sacs à défaire, des trucs à laver, de la boue partout sur mes affaires… J’ai l’impression que je suis revenue, mais seulement à moitié. Je ne m’identifiais pas à ma vie là-bas, mais je ne me ré-identifie pas tout à fait à ma vie ici.

Je suis sous le choc de voir à quel point le temps passe vite ici et à quel point les gens sont pressés de faire les choses et de passer à autre chose. Je m’ennuie de mes amis du Panama, de la chaleur, de la jungle et d’être dehors. Je m’ennuie de n’avoir qu’une chose à penser à la fois et de ne pas avoir à faire de listes.

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Un petit bilan de mon séjour qui s’impose

Vivre au Panama dans le fond, ça aura été comme revenir à l’autre extrême côté déchet. Tous les produits frais étaient emballés dans du plastique et individuellement. C’était impossible de vivre en fonction de mes convictions tout en restant en santé ou saine d’esprit. Alors j’ai lâché prise… temporairement.

Puis, j’ai eu des moments d’intense consommatrice là-bas. Loin chez moi et toujours dans ma valise, j’avais l’impression de ne plus avoir de repères. Je suis retombée dans certaines vieilles habitudes de consommatrice pour du bonheur rapide. Je me suis achetée des choses et des vêtements qui me rappelaient la vie à Montréal et qui comblaient le vide temporairement. Et j’ai commencé à avoir hâte de rentrer à Montréal pour pouvoir m’acheter plein de choses. Je sais ! Pas cool ! C’était bizarre de repenser comme ça. Là je suis rentrée et vous serez heureux d’apprendre que j’ai pété ma bulle de consommation en réintégrant ma vie, tout naturellement.

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L’apprentissage le plus important au Panama fut le suivant : quand tu ne peux pas éviter de polluer ou de faire des déchets, tu ne peux pas éviter de polluer. Ça peut arriver dans certains moments ou à certains endroits. Mais quand tu peux éviter de polluer, tu as un peu le devoir d’essayer d’éviter de le faire. Il y a des gens qui vivent dans des endroits où ils n’ont pas le choix de polluer. Pas le choix. Je pense aux gens qui doivent acheter l’eau potable dans des sacs de plastique. Au Panama, la majorité des produits sont importés, alors on fait son possible, mais on ne s’en sort pas côté emballage et plastique. Maintenant pour moi le Canada est devenu une terre de choix et d’options ! On est vraiment chanceux de vivre ici. Vraiment chanceux.

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Moment fort, et maintenant

Je veux vous raconter un de mes moments forts du voyage, le genre qui te reste dans la tête longtemps. Ce fut lors d’une de mes entrevues avec un agriculteur du Panama. J’effectuais un projet de recherche où nous documentions la sécheresse épouvantable qui sévit depuis 2 ans au centre et au nord du pays. Nous parlions du climat changeant qui rend la vie difficile, et il m’a dit, en me regardant droit dans les yeux : « Le problème, c’est que les gens riches du Nord, ils s’en foutent des pauvres. » Simple, direct et cru. Et il n’a rien ajouté. Je suis restée là, bouche bée, à le fixer parce que je n’avais rien à dire pour contrer cet argument. C’est vrai dans le fond. C’est vrai qu’on s’en fout. Ou du moins on pense très rarement à eux. Je ne pouvais même pas lui dire qu’on prenait les choses en main côté climat, parce qu’aux dernières nouvelles on veut toujours le passer le c**** de pipeline Énergie Est.

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Là, je ne veux plus oublier de m’en préoccuper et de penser à eux, parce que j’ai l’impression de les connaître. Et ce sera à coups de petits et de plus gros changements. Zéro déchet, panier bio local, activisme pour le climat et bénévolat pour verdir mon quartier sont au programme cet été ! Et aussi profiter d’une bonne dose de terrasses et de BBQ, pour me rappeler à quel point c’est incroyable de vivre ici.

À bientôt,

Charlotte xxxx

 


Mes débuts dans le zéro déchet: inspirations et optimisme

Résultat du défi « Juillet sans plastique »!

Salut tout le monde! Aujourd’hui, je vous invite à découvrir Amélie, du superbe blogue Bric à bacs. Amélie a mis sur pied cette petite mine d’or d’informations afin d’informer et de sensibiliser les gens sur certains enjeux environnementaux et surtout, sur la gestion des déchets! Elle vous raconte ici ses débuts dans l’aventure zéro déchet et certaines de ses réflexions d’écolo imparfaite. Gageons que vous allez vous y reconnaître! Bonne journée xxxx

Insufflez un vent d’optimisme

C’est avec plaisir que j’ai accepté l’invitation de Charlotte à collaborer à Sortir les poubelles et de partager quelques-unes de mes réflexions sur le sujet qui l’intéresse et qu’elle documente généreusement avec son blogue. Depuis près de 8 mois, j’ai emprunté la route vers le zéro déchet. Mon aventure a commencé en juillet dernier, alors que je me suis engagée à participer au défi « Juillet sans plastique ». L’objectif : réduire la consommation d’emballages en plastique à usage unique pendant un mois. Ce qui semblait au début un défi quasi insurmontable (et perturbant pour certaines personnes de mon entourage : je n’allais quand même pas m’empêcher de vivre pour éviter d’acheter des choses contenant du plastique…) a été un tremplin vers des changements durables.

En plus d’intégrer de nouvelles habitudes et de vivre davantage en cohérence avec mes valeurs, j’ai depuis découvert une multitude d’initiatives inspirantes qui contribuent chacune à leur manière à construire un monde meilleur. Le zéro déchet s’inscrit à mon avis dans un mouvement planétaire plus large, très diversifié, qui propose de reconnecter avec notre environnement et l’humanité.

Aujourd’hui, malgré l’importance du travail à réaliser pour que des changements durables soient mis en place, c’est avec optimisme que je regarde l’avenir… et j’aimerais le partager avec vous!

Réduire et reconnecter avec le savoir-faire

Mon rythme vers le zéro déchet est probablement plus lent que certain-e-s, mais je suis convaincue que nous devons nous écouter pour apporter des changements durables à notre mode de vie. Charlotte l’expose d’ailleurs très bien dans son bilan de 2015, accepter ses limites et ne pas utiliser de l’huile de coco même si c’est LE produit miracle qui permet de tout faire, c’est aussi un choix sain (et meilleur pour sa peau).

Peu à peu, j’ai intégré plein de nouvelles habitudes : acheter en vrac avec mes propres contenants, cuisiner pour éviter d’acheter des produits (sur)emballés (barres tendres, pesto, hummus, faire des gnocchis car je n’ai pas trouvé de pâtes en vrac près de chez moi, congeler des fruits d’été, canner de la sauce tomate, etc.), trouver des alternatives aux produits de soins personnels (comme le shampoing en barre – et le déo que je m’engage à faire quand j’aurai fini celui que j’utilise actuellement). La liste de choses à faire est encore longue, mais c’est loin d’être décourageant : il y a beaucoup de place à l’amélioration et tant de choses à apprendre!

Parce que zéro déchet, c’est aussi synonyme de nombreux apprentissages. C’est une chose que j’apprécie particulièrement : réduire ma consommation d’emballages me permet peu à peu de reconnecter avec le savoir-faire. Faire davantage de choses avec mes mains plutôt que d’opter pour des produits prêts-à-consommation-immédiate est aussi un moyen efficace de décélérer le rythme effréné du quotidien et de connecter avec soi. De prendre le temps.

Nord

Cabane à bouquins pour partager ses livres à Montréal

Collaborer, partager et agir : la société en mouvement!

Cuisiner, réparer, s’informer sur les produits pour choisir celui qui est plus local, éthique, durable, voir chaque matière comme une ressource qui pourrait être valorisée autrement… le zéro déchet mène à des réflexions beaucoup plus larges sur la consommation. Et heureusement, nous sommes entouré-e-s de gens, de projets, d’initiatives et d’innovations qui injectent une bouffée d’optimisme quotidienne. Que ce soit l’Ocean clean up, qui vise à nettoyer les plastiques de l’océan d’ici 10 ans, ou encore des entreprises d’ici qui travaillent à accroître l’écoresponsabilité dans un secteur d’activité (garderies, établissements de santé, pharmacies) : plusieurs s’organisent pour que se concrétisent les transitions nécessaires à une société viable.

L’année 2016 a bien commencé. Avec toute la visibilité qui a été donnée aux blogueuses zéro déchet, force est de constater que ce mouvement (qui était initialement marginal) intéresse de plus en plus de citoyennes et de citoyens. Dans la Capitale-Nationale, le groupe Zéro déchet ville de Québec a presque triplé dans les derniers mois et atteint près de 1 000 membres. La Radio NRJ, qui n’est pas particulièrement reconnue pour sa sensibilité environnementale, m’a récemment proposé une entrevue d’une heure pour parler de zéro déchet. L’animateur, Mario Tremblay, s’est même engagé à rapporter son sac réutilisable la prochaine fois qu’il ferait l’épicerie. Un petit geste témoignant d’une ouverture concrète sur le sujet!

Les changements s’opèrent au niveau individuel, mais aussi collectif. Plusieurs actions bien réelles sont en cours à grande échelle : bannissement des sacs de plastique à Montréal, projet de loi canadien contre le gaspillage alimentaire, mouvement social pour une transition vers des énergies propres, etc. Nous avons de quoi être optimistes!

Finalement, la croissance de l’économie collaborative (et pas l’ubérisation – voir cet article du Devoir qui expose très bien les enjeux opposant ces deux projets) est pour moi une source d’inspiration de taille. Des événements de troc d’objets, des ateliers de réparation, un réseau pour échanger des services, des frigos collectifs, des sites de partage de connaissances, d’idées et d’informations pour réparer : voilà tant d’initiatives qui contribueront à construire une société plus juste, inclusive et écologique.


Les mouchoirs en tissu

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Et une autre belle collaboration pour Sortir les poubelles ! Celle-ci nous vient d’Amélie, une lectrice du blogue qui voit grand côté zéro déchet. J’ai appris à connaître Amélie au fil d’échanges de courriels et à travers ses commentaires sur le blogue. J’ai été séduite par sa plume, si bien que j’ai décidé de lui offrir l’opportunité de nous partager une de ses réflexions sur cette plateforme. Voici donc sans plus attendre et pour le plus grand bonheur de tous, le mystère des mouchoirs en tissu DÉ-MYS-TI-FIÉ ! Merci Amélie et bonne journée tout le monde, Charlotte xxxxx

Je suis née avec un tout petit nez, mais un petit nez qui voit grand. Il se compare aux érables de nos forêts québécoises dont la sève coule abondamment au printemps. La seule différence, c’est que lui croit que cette saison dure 365 jours par année. Autrement dit, j’ai toujours la goutte au nez ! Sans avoir achevé ma transition vers le zéro déchet, j’ai décidé de faire un autre pas dans cette direction. J’utilisais déjà du papier hygiénique recyclé, non blanchi et biodégradable, acheté dans une caisse de carton recyclable. Chaque rouleau est aussi emballé individuellement avec du papier recyclable au lieu du plastique. J’avais en quelque sorte la conscience tranquille sur ce dossier. Mais en constatant l’ampleur du tas de papier remplissant mon compost, je me suis questionnée sur la possibilité de faire un Xième changement. C’est ainsi que j’ai adopté les mouchoirs de tissus. Et comble du bonheur, un atelier tout près de chez moi en confectionne avec du coton biologique. Je vous avoue qu’au début, c’est plutôt bizarre de se moucher dans du tissu. Notre cerveau ne comprend pas ce qui se passe, et notre nez trouve ça drôlement confortable ! Il faut cependant s’enlever de la tête que cette pratique est répugnante. Qui n’a pas déjà quitté la maison pour faire une longue promenade, sans apporter le petit paquet de Kleenex de voyage et être profondément heureux de retrouver un vieux mouchoir usagé dans le fond d’une poche ? C’est exactement le même principe. On utilise le mouchoir à sa pleine capacité, en utilisant à chaque fois un bout de tissu sain.

Saviez-vous que ce n’est qu’en 1924 que la compagnie Kimberly-Clark commercialise les serviettes démaquillantes de papier, qui ensuite changeront de vocation pour être utilisées comme mouchoirs jetables ? Dès 1930, la marque Kleenex s’impose aux États-Unis mais il faudra attendre vers 1960 pour que les produits traversent l’océan vers la France. L’ère du jetable prend son essor plus lentement dans ce pays. Mon mari se rappelle bien qu’encore dans les années 80, à Grenoble, tous les membres de sa famille possédaient leur propre pile de mouchoirs en tissus. Il avoue même qu’il aimait bien se moucher sur Bambi !

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De nos jours, plusieurs centaines de milliards de mouchoirs sont vendus annuellement aux États-Unis. Imaginons alors la quantité mondiale que cela représente ! Non seulement nous devons considérer la pollution liée à l’utilisation de papiers que l’on jette aux ordures mais également celle liée à sa production. Pour leur fabrication, une grande quantité d’eau est gaspillée, du chlore est utilisé pour le blanchiment et certaines compagnies se procurent encore des fibres non recyclées, donc provenant de nos forêts si précieuses. C’est pourquoi je vous encourage à consulter la liste des alternatives plus respectueuses de l’environnement offerte par Greenpeace Canada concernant les divers produits de papier jetables.

Pour réussir ma transition, j’ai simplement dû prévoir au moins un mouchoir par jour, que je glisse dans mon sac à main avant de quitter la maison. Il ne faut évidemment pas que j’oublie de les intégrer à ma lessive hebdomadaire. Puisque je lave seulement à l’eau froide, j’aime faire tremper mes mouchoirs dans une petite quantité d’eau savonneuse très chaude avant de les ajouter à ma lessive de serviettes. Au besoin, je profite de cette étape pour frotter quelques taches qui semblent plus tenaces.

Pour l’instant, je suis plutôt discrète en public et j’ai tendance à me retirer afin d’éviter le jugement des autres. J’imagine qu’avec le temps, je réussirai à assumer pleinement ce choix que je fais pour la planète. Par contre, si je suis très malade et  que je puisse être contagieuse, je reviendrais exceptionnellement aux mouchoirs jetables afin d’éviter la prolifération et la transmission des microbes, qui peut être un peu plus probable avec les mouchoirs réutilisables. Aujourd’hui, c’est mon nez qui me remercie pour ce changement car il est bien heureux d’avoir fait peau neuve et de laisser derrière lui son ancienne apparence rougeâtre et irritée !

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Un dernier petit truc pour les nez sensibles comme le mien : Je vous conseille de rincer vos sinus régulièrement en utilisant une tasse d’eau tiède dans laquelle on ajoute 1/4 c.à.thé de sel et la même quantité de bicarbonate de soude. Il s’agit d’un moyen bien efficace pour soulager nos voies nasales durant la saison des rhumes et des allergies.

Bonne continuité à tous dans vos démarches vers le zéro déchet,

Amélie

Liens utiles

– Mouchoirs de tissus stylisés fabriqués à Montréal

Tshu : www.1tshu1tree.com/fr/

– Mouchoirs de coton biologique fabriqués à Laval

Öko Créations : http://okocreations.ca/product/petits-mouchoirs/

– Application gratuite de Greenpeace pour les papiers jetables et liste de produits qui sont moins dommageables pour l’environnement :

www.greenpeace.org/canada/guidepapiersjetables/


Panama!

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Hóla de Panama ! Je suis dans ce pays depuis déjà trois merveilleuses semaines et je suis en amour avec le Panama. Mon nouveau pays d’adoption est un pays de gens accueillants, de jungles denses, de salsa et de reggaeton, de plages intouchées et de poulet frit avec du riz et des fèves ! Ça va tellement bien en ce moment que mes plus gros problèmes sont en fait que tout, tout, tout ce qui se mange est frit et que j’ai peur du Zika ; alors, je m’asperge de la tête aux pieds de chasse-moustiques ! D’ailleurs, je m’en étais amené du naturel, mais il a pris le bord rapidement vu la vélocité et la quantité de bibittes ici.

Sortir les poubelles

Maintenant, c’est comment le zéro déchet au Panama ? Comme chez nous, les objets suremballés, les petits formats et les formats individuels sont partout. Par contre, ici il n’y a pas de recyclage. PAS de recyclage. Donc toutes les choses et les contenants qu’on achète chez nous en se disant qu’au pire on les recyclera sont jetés ici. Les bords de rue, les trottoirs et les ruisseaux sont remplis de déchets et de plastique et ça me brise le cœur à chaque fois que je vois ça. La gestion des déchets est un enjeu majeur ici. La plupart du temps, faute d’alternatives, les gens font des tas avec leurs déchets et y mettent le feu. J’ai toujours l’impression que les gens se font des petits feux de camp de fin de journée, entre amis, mais quand je m’approche des feux et que je sens l’odeur écœurante du plastique qui brûle, je me rappelle qu’on parle d’autres choses ici …

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En fait, ils consomment comme nous parce que pouvoir consommer comme nous est vachement tentant; mais après, il n’y a aucun système pour trier les déchets. J’aurais pu joindre à cet article un million de photos d’amoncellements de déchets, mais puisque, malgré cela, le Panama est un pays absolument magnifique, je préfère vous montrer à quel point c’est beau ici.

Sortir les poubelles

Alors, en fait, je n’arrive pas à être zéro déchet ici. Je n’achète pas de bouteille d’eau, je traîne mes ustensiles et j’évite le plus possible les contenants, mais c’est très, très difficile. Par contre, j’ai rencontré plusieurs personnes et plusieurs chercheurs qui travaillent fort pour rendre leur communauté et le monde plus vert et ça me remplit d’espoir. Il y a vraiment beaucoup de gens qui se battent ici comme ailleurs pour protéger notre belle planète, et je suis fière d’en faire partie ! Vivre ici me donne envie de redoubler d’efforts à la maison, où on l’a pas mal facile en fait.

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Dans un autre ordre d’idées, je participe à un projet de recherche sur l’impact des changements climatiques sur l’agriculture locale. En mars, je vais visiter plusieurs fermes et rencontrer des agriculteurs pour comprendre leurs préoccupations et leurs défis. Je sais que c’est la deuxième année d’une sécheresse sévère qui sévit à travers le pays et j’ai hâte de voir comment ils s’adaptent à cette situation. Et de vous en parler ! À suivre !

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C’est tout pour l’instant ! Gros bisous d’une petite chambre dans une petite casa dans un petit village quelque part dans la province de Veraguas ! Bonne journée xxx

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Les bons coups et les moins bons coups de 2015

Sortir les poubelles

Bonne année tout le monde!

Je suis de retour après un temps de repos bien mérité, et c’est l’heure des bilans! Cette dernière année, ma première année zéro déchet a été vraiment incroyable et remplie d’émotions. Il y a eu des moments fabuleux et enivrants, et des moments de découragement total en petite boule à me demander pourquoiiiii? Mais bon, je vais vous épargner ces derniers parce qu’ils sont peu nombreux et que je veux me concentrer sur tout le positif que cette expérience m’a apporté et m’apporte encore! Je veux également vous faire sourire en vous racontant en toute honnêteté (et en toute humilité), mes moins bons coups zéro déchet de 2015.

Les bons coups

Le grand ménage

Cette année, j’ai fait un vrai de vrai ménage de mes affaires. C’est fou ce que j’avais réussi à accumuler en quelques années. J’ai pris le temps de faire le tri et de vider vider vider. Un an plus tard, j’ai enfin de la place et j’arrive à retrouver mes choses quand je les cherche. J’aime tellement mon petit cocon simple et rangé que j’ai décidé que je ne voudrais jamais vivre dans un endroit plus gros, de peur de vouloir le remplir à nouveau de trucs.

Sortir les poubelles

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Bye bye produits toxiques

Pour éviter de faire des déchets, j’ai évité au maximum les emballages et le plastique. Grâce à mes achats en vrac, je suis capable d’acheter mes aliments non transformés et d’éviter le BPA, les produits de conservations, les colorants alimentaires, bref tout ce qui est dégeux et qui finit dans notre bouffe. Puis, je me suis débarrassée de tous mes cosmétiques à usage unique comme mon maquillage, et je leur ai trouvé des alternatives plus naturelles ou zéro déchet. Finalement, je me suis débarrassée de produits nettoyants toxiques que j’avais chez moi et j’ai fouillé sur Internet pour trouver par quoi les remplacer. C’est ainsi que sans m’en rendre compte, devenir zéro déchet m’a permis d’assainir mon environnement, un avantage auquel je n’avais pas pensé.

Vive le compost

Le compost, c’est vraiment la vie. En faisant un effort pour éviter le suremballage à l’épicerie, en choisissant des contenants recyclables et en compostant, on peut facilement réduire de moitié le contenu de ses poubelles.

Les gens et la communauté zéro déchet

Là c’est le moment où je suis émue seule devant mon ordinateur en me disant à quel point tout le monde qui m’accompagne dans cette aventure est extraordinaire. Le monde est beau! Je suis remplie d’espoir pour le futur, et vous rencontrer ainsi que d’autres membres de la communauté zéro déchet a sans aucun doute été l’expérience la plus marquante de cette première année.

Vivre plus simplement

C’est ça le but, non? Personnellement, je voulais surtout être plus libre et sentir que je pouvais vraiment vivre ma vie comme je l’entendais. Je ne suis plus la mode, je fais de moins en moins les choses comme tout le monde et je ne consomme plus comme avant. Je n’accorde plus autant d’importance à ce que les gens pensent. Je sens que je coure moins après mon temps, et je m’amuse beaucoup plus.

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Les moins bons coups

Voici, chers lecteurs, mes moins bons coups de 2015. L’aventure du zéro déchet est une aventure qui ne se vit pas sans faire quelques erreurs, qui font de drôles d’histoires à raconter!

Ce que je pense de l’huile de noix de coco

J’en suis venue à la conclusion que l’huile de noix de coco, ce n’est pas pour tout le monde. Et ça ne peut pas remplacer les crèmes, exfoliants et nettoyants de tout le monde. Cette année, je l’ai essayée à toutes les sauces parce qu’Internet me disait à quel point c’était merveilleux. Le visage, les cheveux, les yeux… J’ai finalement jeté l’éponge: ça rend ma peau et mes cheveux gras et ça me donne des boutons! Si certaines huiles vous font pareil, pour l’amour du ciel n’attendez pas aussi longtemps que moi pour démissionner et retourner à votre bonne vieille crème. La vie est TROP courte.

Un vrai rasoir, ça coupe

L’hiver dernier, j’ai acheté un rasoir réutilisable et durable et encore aujourd’hui, 9 mois plus tard, j’ai de la misère avec. Soit je me coupe, soit ça ne rase rien. Je lis sur Internet que j’ai peut-être la peau très sensible, que je n’ai pas la bonne lame, que je n’ai pas la bonne technique et que bla bla bla. Bref des fois je rêve d’entrer dans une pharmacie et de m’acheter le bon vieux rasoir rose bon marché. Ou d’être assez à l’aise avec mon corps pour ne plus avoir à me raser du tout. Un des deux. Mais je résiste et continue d’essayer. D’ailleurs, vos trucs sont les bienvenus!

La guerre aux mouches à fruits

J’ai eu des mouches à fruits une grande partie de l’été et tout notre bel automne dans ma cuisine. Je les DÉTESTE. Elles rôdent autour de mon compost et de mon vermicompost. C’est sûr que si je n’avais pas de compost, je n’aurais pas des colonies et des nuages de plusieurs générations de mouches dans ma cuisine. Des fois, je pète une coche et j’essaie frénétiquement et pathétiquement de les attraper. Des fois, j’ai envie d’ouvrir ma fenêtre et de jeter mon bac dans la rue. Ce n’est pas encore arrivé; donc le combat se poursuit.

Les chips

Je m’ennuie de manger des chips. Je n’en mange pas souvent, mais maintenant que je dois m’en priver à cause de leur sac et de mon défi, c’est comme si les sacs de chips me parlent dès que je passe devant à l’épicerie. Je résiste, mais des fois je craque. C’est la vie!

La pâte à dents

Oui, je l’aime ma recette de pâtes à dents. Elle est simple, peu dispendieuse, sans fluor et sans microbilles de plastique. Mais des fois, quand je vais à l’extérieur chez les gens, je prends de leur pâte à dents chimique et je m’en mets un gros moton sur ma brosse à dents en bambou. Je suis infidèle à ma pâte à dents parce que des fois, c’est vraiment plaisant d’avoir un gros goût de menthe intense et chimique dans la bouche. Voilà c’est dit!

Les friperies

Je vais mettre ça dans la catégorie à travailler. J’aimerais vraiment être devenue une pro des friperies et de l’usagé, mais j’ai de la difficulté à trouver des vêtements usagés qui me plaisent. Et puis il y a quelque chose avec le neuf… je n’en achète plus souvent, mais je ne suis pas encore arrivée à m’en passer.

Voilà mes bons coups et, disons, ce qu’il me reste à travailler en 2016. Vous êtes-vous reconnus? J’espère que oui; je ne dois pas être la seule à aimer les chips et haïr les mouches à fruits. Enfin j’espère.

Bonne journée tout le monde xxxxx

P.S. Je travaille une petite vidéo pour le premier anniversaire de Sortir les poubelles bientôt. J’ai hâte de vous le montrer!


Comment expliquer ses choix et réagir face aux commentaires des gens

Sortir les poubelles

Récemment, l’une de vous m’a demandé dans un très gentil courriel comment les gens autour de moi me perçoivent et réagissent à mon mode de vie. Par le fait même, elle me demandait comment je gérais certains problèmes, comment je répondais aux interrogations, etc. Bref, comment je gérais certaines situations inévitables qui se produisent lorsqu’on est zéro déchet, ou lorsqu’en général on fait attention à l’environnement. Ce sont des questions vraiment importantes, pertinentes et pas faciles, quel que soit son niveau d’engagement environnemental. Et je vous donne aujourd’hui ma vision des choses et mes trucs, en espérant que cela puisse vous guider un peu, ou au moins vous faire rire!

Il existe quatre grands types de personnes selon moi par rapport auxquels il faut adopter des attitudes différentes lorsqu’on jase d’environnement. Le premier type de personnes regroupe les gens pas intéressés par les enjeux environnementaux. Niet zéro. Cela va au-delà de ce qu’ils savent ou ne savent pas; ça ne les intéresse pas. Je parle des personnes qui perçoivent tes efforts pour l’environnement comme « mignons ». Par exemple, je me rappelle de plusieurs fois à mon ancien travail, alors que j’essayais de me faire acheminer des documents par courriel plutôt que de les imprimer, d’avoir reçu en réponses des petits sourires qui voulaient dire quelque chose comme : « Ah t’es cute, tu fais attention à l’environnement. » Yark. Je me suis même fait dire une fois « T’es tellement verte toi. » Verte!? Je suis verte!??? Je suis verte parce que je ne veux pas que l’imprimante me crache un arbre pendant une demi-heure alors que j’aurais juste pu lire le document sur l’ordinateur? Le gros bon sens, c’est vert apparemment. En tout cas, à part engendrer une certaine frustration, habituellement ce ne sont pas ces personnes qui posent des questions ou passent des commentaires. Tes histoires ne les intéressent pas assez. On passe au suivant.

Le second type de personnes dont je veux vous parler est différent : ce sont les personnes que tu gosses. Tes principes et idéaux les dérangent et les irritent. Ils veulent que tu le prennes le sac en plastique ou t’imprimer leur document en paix et passer à autre chose. Ce sont ceux qui pensent faire déjà AMPLEMENT leur part en recyclant et en amenant leurs sacs à l’épicerie. Alors quand tu sors ta tasse ou que tu leur dis que quelque chose n’est pas la chose la plus écologique à faire, tu leur dis en fait que l’enjeu va au-delà de leur bac de recyclage… Et ils n’aiment pas ça. Ils réagissent alors dans le passif-agressif soit en s’obstinant, soit en te méprisant, soit en se défendant ou soit en t’accusant d’avoir toi aussi certains comportements pas écologiques. Des champions du monde quoi. C’est le genre de personnes qui sont déstabilisantes (et démoralisantes) et personnellement, je ne m’investis pas beaucoup dans le dialogue avec eux. Au contraire, je m’en éloigne parce que s’ils ne sont pas réellement ouverts à la discussion, rien de constructif ne ressortira de mes échanges avec eux.

Puis, il existe deux autres catégories de personnes qui sont beaucoup plus intéressantes et avec lesquelles l’environnementaliste en toi peut avoir des interactions plus enrichissantes. Ce sont les gens réceptifs mais qui ne connaissent pas bien les enjeux, et les gens qui veulent/pensent bien faire, mais qui font parfois ça tout croche. Remarquez la différence avec les deux premières catégories de personnes; elles sont minimalement ouvertes et intéressées. Avec ces dernières, tu peux avoir une conversation et expliquer tes démarches. Il faut alors être ouvert d’esprit et patient et souvent on peut être agréablement surpris.

Maintenant, est-ce que tu dois investir du temps et de l’énergie pour sensibiliser ces personnes aux enjeux environnementaux? Non. Ce n’est pas parce que tu as réalisé certaines choses que tu es maintenant investi de la mission de sensibiliser tout le monde. Tu peux le faire, mais tu n’as PAS à éduquer les gens. Ce ne serait pas juste de t’imposer ce fardeau. Les seules personnes que tu as l’obligation de sensibiliser sont les personnes qui n’ont pas accès aux mêmes informations que toi ou aux nouvelles ou à Internet, c’est-à-dire personne. J’ai moi-même vécu l’expérience de me sentir investie d’une « mission » lorsque j’ai commencé à prendre position pour l’environnement. J’ai réalisé tout d’un coup qu’on s’attendait de moi à cause de mes positions que j’aie (pas mal) toutes les réponses, en plus d’avoir une patience infinie à la mère Theresa face aux gens et à leur manque de conscience environnementale. Que je sois prête à expliquer et réexpliquer et bref que je transmette la bonne nouvelle maintenant que je l’avais comprise. Allo la pression. C’était très frustrant et j’ai réalisé que c’était trop lourd de porter le poids « d’éduquer » tout le monde sur mes épaules. Alors j’ai décidé de lâcher prise et d’accepter mes limites, comme celles des autres. Maintenant, je discute d’environnement et d’habitudes de vie avec les gens seulement s’ils sont ouverts et si c’est agréable (comme sur le blogue!). Sinon, je me sens très à l’aise de dire que je n’ai pas toutes les réponses et que je me fous pas mal de leurs raisons pour avoir acheté tel ou tel item emballé dans du styrofoam à l’épicerie parce que c’était en vente et parce qu’ils en avaient vraiment besoin et parce que bla bla bla… Je vis ma vie et fais mes choix sans porter le poids des actions de tout le monde sur mes épaules, et je vous encourage fortement à en faire autant!

Tout ça pour dire que je vous comprends. Je comprends vos malaises, je comprends vos dilemmes et vos petits combats au quotidien. Il est long le chemin de l’environnementaliste, et il n’y en aura pas de facile. Alors laissez-moi conclure en vous donnant mes trucs :

  1. Bien comprendre son interlocuteur : lorsqu’on se fait questionner ou avant d’intervenir pour suggérer une idée plus écologique, je vous conseille de prendre le temps de bien saisir votre interlocuteur et ses intentions. Essaie-t-il de vous provoquer ou est-il intéressé? Prendre quelques secondes pour se poser cette question peut faire toute la différence. Si vous concluez qu’il y a peu de chances que votre réponse change quoi que ce soit, peut-être alors vaut-il mieux éviter de s’embarquer dans des explications ou dans une situation potentiellement conflictuelle qui vous fâcherait et vous trotterait dans la tête toute la journée. Il faut choisir ses combats.
  1. Comprendre (et accepter) ses limites : c’est correct si tu as pris ta voiture parce qu’il faisait froid et noir, si tu mélanges tes numéros pour le recyclage du plastique ou que tu ne veux pas composter les excréments de ton chien. Ça se peut. Ce n’est pas la preuve que tu es un faux environnementaliste ou pire, un hypocrite. C’est la preuve que tu es un humain et qu’il y a toujours de la place à l’amélioration. Alors si on te reproche certaines choses, réponds que tu es bien conscient de tes lacunes, que tu cherches toujours à t’améliorer et que tu fais beaucoup d’autres choses.
  1. Ne pas se prendre trop au sérieux! Je pense que c’est le meilleur conseil que je puisse vous donner! Ne pas se prendre trop au sérieux est non seulement bon pour passer des messages, mais également essentiel pour rester sain d’esprit. Tu as indiqué à quelqu’un ou étaient les ustensiles réutilisables, mais il a pris les ustensiles en plastique? C’est la vie! Pas besoin de le maudire dans ta tête, de te dire qu’il n’est plus ton ami ou de penser aux baleines qui mangent du plastique dans l’océan. Vivre, laisser vivre et lâcher prise.
  1. S’entourer et partager : s’entourer de gens comme soi pour se motiver, partager sur des plateformes ses opinions pour s’encourager ou lire des articles comme celui-ci pour ne pas se sentir seul dans ses démarches! S’entourer et s’encourager mutuellement, c’est essentiel!

Voilà! N’hésitez pas à m’écrire si vous voulez des encouragements, je vous les donnerai GRATOS ou à partager vos histoires dans les commentaires ou sur ma page Facebook. Et surtout n’oubliez pas que vous êtes vraiment très chouettes d’essayer de faire votre part et que je vous aime.

Bonne fin de semaine tout le monde xxxxx