Sortir les poubelles

Préparatifs de mariage zéro déchet

Trop beau, merci Marie-Michèle 🙂

Salut tout le monde!

Contente de vous revoir, ça fait un bout 🙂 Alors alors, je vous avais dit que je ne transformerais pas Sortir les poubelles en un blogue de mariage, mais je pense qu’on est rendu au stade où notre super mariage grano-chic mérite quelques mots.

C’est que malheureusement, c’est assez exceptionnel ce qu’on essaie de réaliser, c’est-à-dire un mariage zéro déchet, zéro gaspillage et écologique qui soit aussi festif et stylé. Même en ligne ou en sondant mes amis, je réalise qu’il existe peu d’information sur comment réaliser ce genre d’événement. Je dois rassurer tout le monde qu’écologique ne veut pas dire plate et que grano ne veut pas dire que tout le monde doit s’habiller en lin ou arriver en autobus. Maintenant rendue à 3 mois du mariage, je peux vous assurer qu’un mariage zéro déchet peut ressembler à un vrai mariage. Et voici comment :

Zéro déchet, mais surtout zéro gaspillage

Alors par où commencer pour monter un événement zéro déchet? On commence par éviter le gaspillage. Au-delà du gaspillage la journée-même, c’est hallucinant de voir le gaspillage entourant la préparation d’un mariage. Et faites-moi confiance là-dessus; je suis plusieurs groupes d’entraide de futures mariées sur Facebook (oui, ça existe) et c’est razzia chez Dollarama après razzia chez Michaels après razzia sur Amazon ou Aliexpress. C’est archi-commun de voir des mariées s’acheter 10 m de jute pour décorer 100 pots Masson et finir par jeter 8 m de jute. Pareil pour les rubans, les billes, les perles, la peinture, les brillants, les bougies, alouette. La majorité de ces éléments de décoration sont faits en Asie, dans des conditions déplorables pour les travailleurs et pour l’environnement. Et qu’est-ce qui est créé avec tout ça? Des marques places, des menus, des centre de table, des cadeaux d’invités, des portes anneaux, des jarretières, des accessoires de party, des lanternes, etc. Oui, je sais, je sonne comme Grinch qui voulait gâcher Noël en parlant de gaspillage et de mariage, mais ce gaspillage est objectivement choquant.

Réaliser l’étendue du gaspillage au niveau de la préparation et du fameux DIY (Do It Yourself) m’a rappelé que la toute première règle du zéro déchet était de refuser d’acheter le superflu. Et ce, même avant de réutiliser les choses.

L’usagé, c’est la vie!

Dans cette perspective, on s’est donné comme défi de ne RIEN acheter de neuf. On s’est mis à regarder si on avait dans notre entourage des gens qui avaient des choses qu’on pouvait emprunter. On s’est aussi embarqué sur Kijiji pour voir si des particuliers ou d’autres mariés motivés n’avaient pas à vendre le genre d’éléments qu’on voulait, qu’on pourrait redonner à d’autres après nous. Et mon dieu que ça nous a rappelé à quel point les gens possèdent des choses! En fait, qu’est-ce que je cherchais que je ne suis pas arrivée pas à trouver dans mon entourage? Ah oui, 100 verres à shooters haha, mais ça j’en reparle plus loin!

Les fleurs

Mes magnifiques amies ont semé nos fleurs sur la ferme sur laquelle l’une d’elles travaille! C’est un fait méconnu, mais la majorité des fleurs vendues au Québec viennent de Colombie, du Brésil, du Mexique ou d’Afrique et ont fait tout le trajet d’avion de très loin jusqu’aux centres de table des mariages québécois. C’est pour ça que je suis heureuse que mes amies se soient proposées pour faire pousser mes fleurs, ici au Québec et sans pesticide. Ce sera aussi nos décorations principales, qui ont l’avantage d’être 100% compostables.

Les robes et habits

Nous faisons faire ma robe et le tailleur de mon amoureux sur mesure par des tailleurs d’ici. Ils seront donc faits au Canada et non pas au Bangladesh, ce qui nous fait vraiment plaisir. Oubliez-moi pour le voile, les chaussures qu’on ne remettra jamais, les peignoirs, les trucs bleus/empruntés/nouveaux, l’ensemble de bijoux qui matchent, etc. J’ai dit à mes demoiselles d’honneur d’être en court et en blanc, parce que je sais que même si toutes les futures mariées disent ça, je voulais vraiment qu’elles puissent remettre leurs robes un jour et le blanc rendait la chose plus facile. Aussi, nous suggérons à nos invités de porter du linge décontracté au mariage, et nous espérons que pour la majorité d’entre eux cela voudra dire qu’ils ont déjà ce qu’il faut à la maison et qu’ils n’auront pas à acheter du neuf pour l’occasion.

Nourriture et alcool

Nous ne voulons pas de gaspillage alimentaire, et c’est pourquoi nous avons choisi d’offrir un buffet où nous encouragerons nos invités à goûter et à se resservir. Nous amènerons des contenants pour ramener les restes à la maison et faire les meilleurs lunchs! Mes amis m’ont assurée qu’on ne gaspillera pas d’alcool, mais ça c’est juste moyen rassurant.

La vaisselle

Toute la vaisselle est louée et on devrait arriver à ne rien avoir en plastique. Nous espérons n’avoir rien de jetable à notre mariage. Pas de bouteilles d’eau ou de verre en plastique non plus, et essayez de deviner juste pour le fun s’il y aura des pailles?!

Les invitations

Pas de papier pour nous! Les invitations et toute l’information nécessaire seront communiquées par courriel à nos invités.

Les autres idées (en développement)

En ce moment, nous testons des bières de microbrasserie pour choisir les bières que nous servirons. Disons seulement que c’est une étape de planification particulièrement agréable. À date nous cherchons un endroit qui nous louera des kegs, pour ne pas avoir de bouteilles de vitre à recycler. Nous faisons également nos recherches pour trouver de bons vins québécois, mais je ne vois pas d’alternatives aux bouteilles de vitre… C’est d’ailleurs la seule chose qu’on pense devoir recycler au mariage.

Futurs confettis

Les défis

Nous sommes à la recherche d’alternatives aux verres à shooters en plastique! Vous avez des idées? Ou possédez-vous 100 shooters haha (ok je m’essaie). En tout cas, je lance ça de même dans l’univers et si jamais vous avez des idées vous pouvez m’écrire ;).

Conclusion

Voilà, c’est ça pour l’instant! Je sais que j’ai couvert pas mal de sujets, mais j’imagine que le message principal que j’essayais de faire passer à travers cet article est que je ne comprends pas le lien entre tout ce qu’on peut acheter pour son mariage et le mariage lui-même. C’est quoi le lien entre un bar à bonbons et mon mariage?! Bien oui, on me l’a expliqué et je vois le lien parce que c’est festif, mais c’est quand même loin du but de la journée. Peut-être que c’est juste moi qui suis paresseuse et qui me cache derrière l’argument écologique pour éviter de devoir confectionner un livre de signatures avec du bois de grange ou monter un bar à mojitos thématique. Qui sait. En tout cas, à date laissez-vous moi vous dire que les préparatifs sont (plutôt) sans stress, mais surtout que ça va être très cute 🙂

Bonne journée tout le monde,

Charlotte xxxx

Pssssst! Je ne peux pas m’empêcher de joindre à cet article les liens de deux petites vidéos (vidéo 1 et vidéo 2) très drôles que J’ADORE sur les vrais coûts du mariage. Ils sont en anglais seulement malheureusement.


J’ai assez de linge.

Sortir les poubelles

Parlons linge. Parlons de la quantité gênante de linge que la majorité d’entre nous possède. Là je ne veux pas que les garçons qui me lisent se disent que cet article ne les concerne pas. Cet article ne parle pas de mode, mais de choses. Et je sais que vous en avez aussi, des tiroirs pleins et des piles de t-shirts.

J’ai longtemps cru que la façon écologique de s’habiller consistait à devenir un/une pro des friperies. J’en ai fait beaucoup, mais j’ai de la misère. Comme beaucoup, je suis coquette, j’aime le beau linge, je suis quand même les tendances et j’aime être bien habillée. J’ai SOUVENT envie de nouveau linge. Pas qu’il n’y ait pas de belles choses dans les friperies, mais on s’entend qu’on n’est pas dans le chic. Est-ce que c’est même possible d’être écolo et… bien habillée? Suis-je trop… superficielle? Peut-être, mais je n’y peux rien; la perspective d’une vie dans du linge de friperie usagé et jamais tout à fait à ma taille me déprime.

C’est à force d’arpenter les friperies que je me suis rendue compte que c’était plutôt l’idée même d’avoir besoin de nouvelles choses que je devais remettre en question. Ce dont j’avais besoin, c’était d’apprendre à me contrôler. À mon humble avis, je crois qu’on peut être bien habillé et écolo. Suffit juste de penser à quelques trucs et de se demander… de combien de vêtements ai-je vraiment besoin?

J’ai récemment vécu plusieurs mois avec 5 t-shirts. C’est extrême, mais c’est vrai que c’est possible et j’ai survécu. Je ne dis pas que je veux continuer de vivre avec 5 morceaux, mais ça m’a fait réaliser que j’avais assez de linge en ce moment dans ma garde-robe à Montréal. Quand tu peux passer trois semaines sans jamais reporter les mêmes choses, tu as assez de linge.

Se sentir obligée de renouveler continuellement sa garde-robe est presqu’aussi absurde que de ne pas être capable de trouver, jamais, des vêtements fabriqués par des gens travaillant dans des conditions décentes. Comme le rappelait la merveilleuse Mélissa de La Fontaine dans un article récent, les vêtements qu’on achète sont fabriqués par des femmes… et des enfants… Ouch mon cœur que je m’arrête pour y penser. Me semble qu’il n’y a rien qui vaut que quelqu’un travaille dans des conditions terribles… non? On cherche le café et le cacao bio et équitable, pourtant pour le linge, l’offre n’est pas là. Et la demande non plus. Je ne veux pas être ultra-déprimante, mais n’oublions pas aussi que plusieurs aspects de la production des vêtements, de la production du coton aux teintures chimiques qui finissent dans les cours d’eau, sont très polluants. Il faut donc revoir notre relation avec l’achat de linge.

Des vêtements pleins… de plastique?

Quand on pense pollution par le plastique, on pense bouteilles d’eau et emballages d’aliments. En fait, il semblerait que le vrai problème du plastique dans la nature et dans l’océan serait l’œuvre de choses bien plus petites; les nanoparticules de plastique. Ce type de plastique, invisible à l’œil nu, est très souvent camouflé dans nos vêtements. On connaît le problème des microbilles de plastique (dans les produits cosmétiques entre autres), mais ici on parle de particules souvent invisibles à l’oeil nu ou même de la taille d’une cellule humaine!

Avez-vous déjà remarqué que vos vêtements deviennent plus raides, moins soyeux et moins lustrés après quelques lavages? Le réflexe, c’est d’accuser notre laveuse et son option cycle délicat ou nous-mêmes de ne pas laver notre linge à la main (rien d’autre à faire, tsé). La vérité, c’est que notre linge est conçu pour devenir raide grâce aux microfibres de plastique. Les microfibres de polyester, de nylon et d’acrylique sont insérées à même les tissus et quittent notre linge lors du lavage. On estime que jusqu’à 1900 microfibres de plastique peuvent quitter un morceau de linge à chaque lavage. Multiplions cela par le nombre de vêtements par brassée, par le nombre de brassées, par le nombre de maisons… Jusqu’à ce que notre linge, surtout les morceaux de mauvaise qualité, soit raide, raide, raide. Ce sont des millions de microfibres qui se retrouvent dans les écosystèmes marins chaque année. Comme les petits morceaux de plastique, ces derniers sont ingérés par les animaux aquatiques et s’accumulent dans leurs corps au sein même de leurs tissus causant une panoplie de problèmes. Devons-nous comprendre que si elles s’accumulent au sein de leurs tissus, elles s’accumulent au sein des nôtres lorsque nous mangeons du poisson? Il y a peu d’études sur le sujet (c’est d’ailleurs un gros problème), mais tout porte à croire que oui.

Maintenant que je sais ça, me semble que je le vois. Quand je touche un tissu au magasin et que je vois que c’est très doux, je sais que c’est trop beau pour être vrai, que ça doit être l’effet du plastique. Surtout quand c’est 17.99$.

Qu’est-ce qu’on peut faire alors, dans ce tourbillon de mode et de consommation, pour s’habiller cute sans se sentir coupable?

Tout d’abord, on peut, s’il vous plaît, arrêter d’acheter du linge de mauvaise qualité. Réalisons collectivement que c’est à coup de 17.99$ qu’on dépense des centaines de dollars pour des vêtements chaque année. On doit essayer d’acheter des morceaux de meilleure qualité et robustes, et tenter le plus possible de privilégier les fibres naturelles comme le coton biologique, la laine et le lin.

On peut également acheter usagé! Je sais que j’ai commencé cet article en vous donnant tout sauf le goût d’aller dans une friperie, mais c’est vraiment pratique des fois! J’y ai trouvé des chandails, un jeans, un manteau… Si j’avais des enfants, je n’irais que là pour eux. En plus, on peut se dire que si les vêtements sont encore beaux dans les friperies, ils risquent de rester beaux pour encore beaucoup de lavages. Aussi, on contribue à faire rouler le marché d’occasion où les ressources ont déjà été exploitées et si en plus on peut soutenir des organismes comme Renaissance, ça vaut le coup.

Finalement, on peut réaliser, comme moi, qu’on a bien assez de vêtements. Malgré ce sentiment de manque qu’on ressent, qui n’est pas le reflet de la réalité. Je terminerai là-dessus en vous invitant à aller jeter un coup au Guide du vêtement responsable d’Équiterre!

Juillet sans plastique, version 2.0

http://www.gosfordest-p.schools.nsw.edu.au/news/plastic-free-july

Parlant de plastique, êtes-vous prêt pour le défi Juillet sans plastique?!? L’an dernier, vous avez été nombreux à me suivre dans ce défi, qui consiste à éviter le plastique à usage unique pendant le mois de juillet. On fait ça pour se rendre compte de l’omniprésence du plastique dans notre quotidien, pour adopter de nouvelles habitudes meilleures pour l’environnement et pour se lancer un défi personnel! Je vous ai raconté mes défis, mon camping zéro déchet et je vous ai montré mon plastique du mois. On refait ça cette année, mais en mieux! Si l’initiative vous intéresse, je vous invite fortement à lire mon article là-dessus, ainsi qu’à vous inscrire sur le site de l’initiative pour trouver des trucs et des conseils!

Sortir les poubelles

Bonne journée et bonne chance à tout le monde qui commence le défi vendredi! Go GOOO!

Charlotte xxxx