Sortir les poubelles

Les pailles

https://kimdewolff.com/tag/straws/

Jasons paille un instant, et prenons un deux minutes de notre journée pour s’arrêter et réfléchir à l’intérêt des pailles de plastique dans la vie. Les pailles se retrouvent partout, dans tous les jus ou smoothies au restaurant, dans toutes les slushs et boissons sur la route et dans tous les cocktails. L’utilité principale de la paille est de téter un liquide quelconque, au lieu de le boire directement du récipient. Elles se retrouvent également logiquement dans les poubelles et dépotoirs, et dans les océans où elles représentent un des dix objets les plus régulièrement retrouvés.

Depuis que je vis un mode de vie zéro déchet, je dois honnêtement avoir refusé une centaine de pailles. Je ne prétends pas avoir sauvé une centaine de poissons, mais je pense tout de même qu’il commence à être temps qu’on fasse le lien entre notre utilisation de plastique à usage unique et la pollution, surtout dans l’océan.

Les pailles vont directement, souvent en l’espace de moins d’une heure, d’un récipient à la poubelle. Chaque paille créée requiert des ressources et prendra entre 200 à 1000 ans à se désintégrer. C’est donc dire que chaque paille créée depuis l’invention des pailles de plastique (environ 50 ans) existe encore quelque part sur cette planète. Je ne peux pas nier que ça me choque d’évoluer, encore aujourd’hui, dans un monde pro-paille malgré la conscientisation environnementale qu’on voit prendre du terrain un peu partout.

En fait, si je vous partage mon opinion c’est très égoïstement dans l’espoir qu’un jour un/e serveur/se me réponde: “Ah oui, il y a plusieurs personnes qui commencent à refuser les pailles”. Au lieu de penser, comme mon amie me l’a si bien dit l’autre jour: “La serveuse doit penser que tu as une allergie au plastique”.

Pas de paille, pas de problème!

C’est très facile de demander son breuvage sans paille. Il suffit de le demander, avec un beau sourire, en se rappelant que ce n’est pas nous qui sommes étranges, mais bien tout ce cycle de consommation et de gaspillage qui l’est.

Est-ce que je peux m’autoriser à rêver du jour où il y aura des pailles dans les restaurants et les bars seulement pour ceux qui en ont vraiment besoin, comme si tu viens de te faire enlever tes dents de sagesse? Les autres seront encouragés à porter leurs lèvres à leur verre, comme dans l’ancien temps.

//Minute mariage

Pour la St-Valentin, mon amoureux m’a encore une fois prouvé qu’il avait bien assimilé les principes du zéro déchet en m’offrant une expérience plutôt qu’un cadeau. Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que nous sommes allés faire un cours d’essai de danse en vue de notre mariage (je capotais, bien entendu).

Cette activité m’a inspiré cette réflexion. L’annonce de notre mariage a suscité une surprenante panoplie de réactions des gens de notre entourage et d’un peu partout. Dans un extrême, il y a les gens qui te regardent les yeux pleins d’eau en te disant à quel point c’est merveilleux l’amour. Dans l’autre extrême, il y a les gens dégouttés par l’idée même du mariage, qui te répondent c’est de la grosse bouette de surconsommation qui coûte une fortune et qu’eux n’ont pas besoin de ça (je vous jure, des fois les réactions sont virulentes). Quelque part entre les deux, il y a ceux qui ne veulent ou ne voudraient pas parce qu’organiser un événement de cette ampleur apparaît comme beaucoup, beaucoup trop compliqué.

C’est avec ceux qui pensent comme ça que j’aimerais partager ici ce que j’ai dit sur Instagram. Ne pas vouloir se marier parce que la préparation est trop compliquée est, selon moi, passer à côté de l’essentiel. La vérité, c’est que je ne pense pas que j’aurais passé mon jeudi soir 16 février avec mon amoureux et Yulia (notre instructrice de danse) à se piler sur les pieds avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles si je ne me mariais pas. Je ne pense pas que j’aurais passé une demi-heure avec mon papa l’autre jour à jaser de quand on va aller visiter les vignobles bios du Québec cet été pour trouver les meilleurs vins. Je ne pense pas que j’aurais passé autant d’heures à rire avec mes amies des décos de mariage quétaines ou à rêver au fou voyage de noces qu’on se planifie pour l’occasion. Sans compter toutes les personnes merveilleuses que cette aventure m’a permis de rencontrer. Ce sont tous ces petits moments incroyables qui font de cette expérience une expérience unique, pas juste les 8 à 10 heures la journée même du mariage.

Oui, organiser un mariage, c’est compliqué (et certainement plus compliqué que de ne rien faire). Sauf que c’est comme être zéro déchet, avoir un blogue ou même faire un défi végétalien. Oui c’est compliqué, mais maudit que c’est l’fun.

Bonne journée tout le monde xxxx


Juillet sans plastique : Bilan et retour

Sortir les poubelles

Le plastique que nous n’avons pas réussi à éviter durant juillet

C’est aujourd’hui que se termine le mois de juillet. Ce mois qui fut pour moi, et certains d’entre vous, un mois sans plastique. Je crois qu’un petit bilan de l’expérience s’impose.

J’ai commencé le mois optimiste et motivée en me disant que ça allait être facile d’être zéro plastique puisque j’étais déjà zéro déchet. Erreur! Raisonnement gravement erroné. Grâce au défi zéro plastique, j’ai tout d’abord découvert que le plastique était PARTOUT. J’entrais dans les épiceries et dans les magasins et c’est comme si on m’avait ouvert les yeux sur cette réalité et là je la voyais! Partout, partout, partout! Pas moyen de s’acheter une collation ou quelque chose pour emporter. J’ai dû m’abstenir d’acheter certaines choses et j’ai mangé des pommes et des bananes comme collation pendant juillet, ce qui est disons-le vraiment plate. Et bien sûr, malgré tous mes efforts je n’ai pas toujours réussi à éviter le plastique, comme le démontre la photo de l’article.

 Ce qui a été le plus difficile ce mois-ci, ce fut de gérer mon sentiment d’être privée de certaines choses. Je ne veux pas me sentir privée dans la vie ou avoir l’impression que je ne peux pas manger ça ou acheter ça et continuellement évoluer avec une impression de manque. Pendant juillet, j’ai souvent eu envie d’aliments emballés dans du plastique recyclable et je me disais tout le temps que non, moi je ne pouvais pas les avoir. Ce sentiment omniprésent est très négatif et crée beaucoup de frustration. Surtout quand tu vois tout le monde s’acheter ladite chose sans se poser de questions. D’ailleurs anecdote, pas plus tard qu’hier j’ai demandé à mon copain d’aller acheter des pâtes pour souper. Comme un bon petit soldat de « juillet sans plastique », il nous a ramené les seules pâtes qu’il a trouvées dans un emballage de carton. Il s’avère que je trouve ces pâtes dégueulasses. Comment décrire le mélange d’exaspération et de frustration irrationnelle que j’ai ressenti en voyant les pâtes? D’un côté j’étais fâchée de son choix et de devoir manger ça pour souper, et de l’autre je me sentais coupable parce que c’était plein de bonnes intentions et j’aurais préféré les pâtes avec l’emballage de plastique.

En étant zéro déchet, je n’ai honnêtement pas l’impression de me priver ou de ne pas avoir accès à certaines choses. Et je vous le dirais si c’était le cas, car vous savez que je ne me gêne pas pour vous en parler quand ça ne va pas. Je n’achète bien sûr plus n’importe quoi comme avant, mais je me suis adaptée et je suis bien maintenant. Mais être zéro déchet et zéro plastique n’est pas une option durable pour moi.

J’ai beaucoup appris durant le dernier mois. Pour commencer, j’en ai appris énormément sur le plastique, de sa production aux conséquences néfastes qu’il peut avoir sur l’environnement. Ensuite, j’ai réalisé à quel point le plastique était partout et à quel point je devais revoir mes habitudes de consommation pour qu’elles soient davantage en ligne avec mes valeurs. Puis, j’ai appris à mieux vous connaître et cela fût vraiment le moment fort de mon mois de juillet! À travers vos courriels, vos commentaires, vos partages de mes articles et surtout vos encouragements, je me suis sentie plus près de vous et motivée à continuer dans mon défi!

Juillet se termine aujourd’hui et espérons-le en même temps que cette canicule insupportable. Demain je recommencerai à acheter des choses emballées dans du plastique, mais toujours dans du plastique recyclable. Je suis convaincue que je ne consommerai plus jamais comme avant. Je veux continuer à éviter le plastique au maximum. Mais demain est-ce que je peux m’acheter un contenant d’hummus s’il vous plaît? Je suis humaine après tout, et je me suis ennuyée du hummus de l’épicerie!

Bon week-end tout le monde!


Camping, juillet sans plastique et océan

Sortir les poubelles

Salut tout le monde!

Pardon pour le silence radio des dernières semaines. J’étais partie repousser les limites du zéro déchet et de « juillet sans plastique » en camping dans les maritimes. Laissez-moi vous dire qu’être zéro déchet en camping, c’est quelque chose. Être zéro plastique en plus, là on est vraiment ailleurs. C’est malgré tout avec beaucoup de plaisir (et de patience) que moi, mon copain et mon amie nous nous sommes prêtés au jeu. Beaucoup d’entre vous m’ont dit qu’ils trouvaient l’initiative « juillet sans plastique » intéressante, mais que pour les vacanciers ça serait tout un défi. Eh bien je suis d’accord avec vous! Comme d’habitude, selon moi lorsqu’on se fixe ce genre de défi on ne vise pas la perfection, juste l’expérience et les leçons qu’on peut en tirer.

Blue Marine Systems, http://www.bluebird-electric.net/oceanography/Ocean_Plastic_International_Rescue/United_Nations_Environment_Program_Plastic_Oceans.htm

Déjà à cause du défi zéro déchet, j’ai traîné toute la semaine de camping en camping dans mon auto un sac avec mon recyclage et un autre avec mon compost. Laissez-moi vous dire qu’à la fin de la semaine l’auto sentait vraiment drôle.

Mais là avec le zéro plastique, pas question d’acheter des snacks de tous genres emballés. Donc sur la route, la seule chose qu’on a réussi à acheter comme collation c’est… des bananes. Très excitant. Et pas de sacs de glace pour la glacière! Alors tout ce qu’on s’achetait devait être préparé et consommé le jour même ouf! On oublie le vin frais ou la bière froide le soir au retour des excursions. On a quand même été créatif un soir au bord de l’océan en enterrant une bouteille de vin dans l’eau dans le sable pour la refroidir. On ne dira pas que le zéro déchet ne crée pas de situations amusantes!

Je suis contente que le hasard m’ait amenée sur le bord de l’océan pour le mois de « juillet sans plastique ». Comme pour plusieurs, l’océan et les grandes étendues d’eau me calment et me vivifient. M’exiler sur le bord de l’océan m’a fait un bien fou. Penser que nos habitudes actuelles de consommation puissent mettre en péril ces magnifiques espaces et ces écosystèmes spectaculaires m’attriste énormément.

Greenpeace, http://www.greenpeace.org/canada/en/blog/Blogentry/keeping-zero-plastic-week-alive/blog/45707/

J’ai investigué pour vous la question du plastique dans l’océan. Le plastique finit dans l’océan de plein de façons soit par le vent, les tempêtes, la montée et le retrait des eaux, les marées sur les plages, les bateaux, etc. Une fois dans l’océan, il est transporté au gré des courants et brisé en plus petits morceaux par les vagues, le vent et le soleil si bien qu’il devient très difficile à récupérer par la suite.

WasteWatchers, https://wastewatchers.wordpress.com/tag/5-gyres/

C’est en étant transporté ainsi qu’il finit par s’accumuler dans des régions de l’océan en particulier, connues sous le nom de gyres océaniques. Un gyre océanique est créé par l’action combinée des courants océaniques, des vents et de la rotation de la terre et est tout à fait naturel. Toutes ces forces combinées attirent éventuellement les débris au centre d’un tourbillon où ils restent pris et peuvent même former des îles. Il existe cinq gyres océaniques majeurs, soit deux dans l’océan Atlantique, deux dans l’océan Pacifique et un dans l’océan Indien. On parle de millions de kilomètres carrés de déchets. Le plus gros se trouve dans l’océan Pacifique, entre Hawaï et le Japon, et son « île » de déchets est de la grosseur de la Turquie! On estime que plus de 200 millions de tonnes de débris flottent au centre des gyres océaniques. Ça donne froid dans le dos. Pour plus d’explications sur la formation des îles de déchets au centre des gyres, je vous suggère de visionner ce court vidéo de Greenpeace.

Le sujet vous intéresse et vous aimeriez en savoir davantage? Je vous invite à lire ceci ou ceci ou encore ceci.

Et vous comment se passe votre défi? N’hésitez pas à partager vos impressions et vos anecdotes avec moi dans les commentaires ou en messages privés. J’aime beaucoup entendre vos histoires!

Bonne journée!