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Retour sur un mois végétalien

Salut tout le monde!

Ceux qui me suivent sur Instagram savent que je viens de faire un mois végétalien en février. Ça faisait longtemps que je voulais essayer ce genre de défi, juste pour le plaisir. Je l’ai fait avec mon amoureux et une de mes meilleures amies. Avant que vous débutiez votre lecture, sachez que l’histoire qui suit relate mon expérience à moi avec ce mode de vie et ne se veut EN RIEN une attaque ou une critique contre quiconque ou quoi que ce soit :).

Les règles du jeu 

Pendant le mois de février, nous voulions éviter la viande et les produits provenant des animaux. C’est donc dire : pas de fromage, œuf, poisson, produits laitiers, mayonnaise, bouillon de bœuf ou de volaille, miel, sauces de poissons, etc. Il faut être créatif (en remplaçant la mayo par du hummus dans un sandwich, par exemple) et oser demander (par exemple, quelles sont les options végétaliennes sur le menu ou s’il est possible d’avoir du bouillon de légumes au lieu d’un autre bouillon).

Crème fouettée végétalienne au lait de coco!

1000 bonnes raisons d’être plus végétalien 

Il y a beaucoup de bonnes raisons d’adopter un régime alimentaire plus végétalien. Il y a d’abord l’argument de base pour l’environnement, qui revient à dire que c’est un peu absurde en termes de gestion des ressources de faire pousser des plantes pour nourrir des animaux qui nous nourriront par la suite, soit avec leur viande ou leurs produits secondaires. Pour entretenir cette production, les ressources nécessaires sont énormes (production, transport, transformation, emballage, entreposage, etc.). Limiter notre consommation de produits animaliers réduirait également la quantité de terres arables utilisées pour les animaux ainsi que l’utilisation d’eau. Au-delà de ça, être végétalien consiste à prendre une position éthique forte contre l’exploitation des animaux, quelqu’exploitation que ce soit.

Être végétalien au resto

Être végétalien à la maison, ça s’apprend et honnêtement c’est facile. On apprend à cuisiner quelques aliments qu’on connaît moins comme les légumineuses, le tofu et le tempeh et les noix, et à jouer avec les sauces et les épices.

Au restaurant par contre, c’est vraiment une autre histoire. En flirtant avec le végétarisme, je pensais que j’allais continuer à pouvoir fréquenter les endroits pleins d’options végé que je fréquente habituellement. Seulement, pas vraiment. Par exemple, les restaurants indiens sont parfaits pour les végétariens, mais moins idéaux pour les végétaliens puisqu’ils utilisent beaucoup de beurre clarifié. Les restaurants asiatiques, le paradis du tofu et des bons plats de pâtes rassasiants, cuisinent énormément avec de la sauce de poisson, de la pâte d’anchois, de la pâte de crevettes ou de la sauce aux huîtres.

Aussi honnêtement, je ne sais pas ce qui a été frit dans le beurre, dilué avec un peu de lait ou sucré avec du miel dans la cuisine. C’est difficile! Est-ce que je suis censée demander au serveur la liste des ingrédients des plats? J’ai aussi dû me faire rappeler que mon cocktail préféré, le Bloody Caesar, était en fait du jus de palourdes. Ouache.

Quand tu rêves de tricher la nuit…

Mon amie, qui a fait le défi avec nous, a rêvé deux fois pendant le mois qu’elle mangeait des desserts avec des produits laitiers et qu’elle se sentait suuuper mal. Mon amoureux s’est aussi réveillé deux matins en me dressant la liste des plats qu’il voulait manger cette journée-là mais qu’il ne pourrait pas manger. Et moi-même, je me suis surprise à vouloir manger un burger, alors que j’en mange à peu près 2 par année. J’ai aussi eu des envies vraiment intenses de chocolat au lait.

Une fois végétalienne au resto réussie au Alep, et une autre fois moins glorieuse avec beaucoup, beaucoup trop de tofu dans ma soupe au Ganadara

Ce que j’ai réalisé, c’est que lorsque tu veux quelque chose mais que tu ne peux pas l’avoir, tu entres dans un mode de « privation ». C’est un état vraiment moche dans lequel être, un peu comme lorsqu’on fait un régime. Par contre, lorsque tu pourrais avoir quelque chose mais que tu ne le veux pas, tu ne te sens pas privé de quoi que ce soit. Je vous jure, je peux passer des semaines sans manger de viande ou de fromage sans y penser, mais à la minute où je ne pouvais plus en avoir, je me sentais privée. Tout ça pour dire que le défi a duré… 3 semaines (21 jours). Brisé en éclat par une poutine à 2h du matin.

Conclusion

Faire ce genre de défi permet de réaliser avant tout que les produits issus des animaux sont présents dans tout, tout le temps. C’est plate, pas seulement parce qu’ils ne sont pas les meilleurs pour la santé mais également parce que je crois que ce sont des produits de luxe qui devraient être traités de la sorte. À la place de tout enduire de fromage, on devrait manger du fromage de temps en temps mais du bon, du vrai de vrai et en profiter.

Si vous êtes tentés par l’expérience, je vous encourage fortement à essayer ce genre de défi! Profitez-en pour découvrir les options végétaliennes des restos que vous aimez, de bons restaurants végétaliens, des nouvelles épices, des nouveaux condiments et des nouvelles recettes! Leçons à tirer et anecdotes à raconter garanties.

Bonne journée tout le monde xxxx


Snacks et collations zéro déchet

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Salut tout le monde!

J’ai oublié de vous dire vendredi que j’étais désolée du silence radio du mois d’août! Je me suis organisée un voyage dernière minute au Pérou et c’était fou. D’ailleurs, si vous ne me suivez pas encore sur Instagram, suivez-moi! Quand j’ai moins le temps de bloguer, c’est là que ça se passe.

Aujourd’hui, je veux vous jaser de collations et contributions alimentaires zéro déchet lors de certains événements. Habituellement, le réflexe lorsqu’on participe à un pique-nique, un 5 à 7 ou un autre événement social auquel on est invité à contribuer, c’est d’aller acheter un ou deux bons sacs de chips et une bouteille de Coke à l’épicerie. Ou des crackers, du pain, du fromage ou des trempettes. J’ai fait ça de très nombreuses fois et j’avoue que le combo légumes-trempettes m’a souvent sauvé la vie. Maintenant que je vis un mode de vie zéro déchet, j’ai développé des trucs pour éviter les virées 15-minutes-avant-l’événement à l’épicerie, et la quantité monstre de déchets qui s’en suit.

Là je ne vous parle pas de faire mes propres chips. Vous avez été nombreux/ses à me le suggérer et à me donner des recettes, mais je suis BEAUCOUP TROP PARESSEUSE. À vous qui faites vos propres chips, vous êtes des champions et je vous lève mon chapeau!

Donc pour collationner zéro déchet, il faut s’organiser un peu. Apprendre à s’organiser un peu, c’est un peu le slogan non officiel du zéro déchet. Voici certaines de mes idées. Sentez-vous bien à l’aise d’en ajouter!

  1. Le vrac

Il y a beaucoup d’aliments qu’on peut trouver en vrac qui sont parfaits pour les potlucks! Je pense par exemple aux différentes noix assaisonnées et aux fruits confits. Un truc : on s’en achète une bonne portion lors de notre prochaine virée dans notre magasin de vrac préféré et on les cache dans la penderie. La prochaine fois qu’on a un événement, on se rappelle qu’on a caché des noix ou des fruits confits et que donc on est prêt! De rien pour le truc.

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  1. Le contenant à remplir

Bon tout ce qui peut être acheté dans des magasins ou dans des restaurants et mis dans des boîtes jetables peut habituellement être mis dans votre propre contenant. Timbits, pâtisseries, cupcakes, pizzas : la seule limite est votre imagination (et votre courage). Pour un rappel de la marche à suivre pour la nourriture à emporter dans ses propres contenants (demander-sourire-répéter-sourire-insister-remercier à profusion), retourner lire mon article sur le Take out zéro déchet!

  1. La congélation

Congeler, c’est la vie. Maintenant, dès que je fais des pains, des muffins ou des biscuits, je double la recette et j’en congèle la moitié. Ça fait en sorte que j’ai souvent un pain ou un gâteau maison que je peux sortir pour les occasions.

  1. Les fruits et légumes frais

Un melon d’eau, un cantaloup ou un melon miel coupés en morceaux sont toujours de bonnes options pour les pique-niques. On peut aussi penser aux fraises, aux raisins, aux bleuets, aux quartiers d’orange et pommes. Facile et santé.

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  1. Les snacks faciles à faire

Moi j’avoue être du genre à vouloir cuisiner mes petits plats à partager, surtout quand je suis invitée chez les autres. Je vais sur Google pour m’inspirer et je cherche des recettes de snacks pas trop salissants qui peuvent se manger avec les doigts. Je me demande tout le temps si les gens vont avoir les mains dégueux après ou si mon plat va être plein de bave. Ne pas sous-estimer ces éléments. Par exemple, c’est niaiseux mais du popcorn (grains achetés en vrac), c’est toujours un hit. J’ai aussi fait des pois chiches épicés, des boules d’énergie aux noix et aux dattes, des barres granola et des biscuits.

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Voilà! J’espère que ça aide! En vous souhaitant encore tout pleins de beaux pique-niques ensoleillés (parce que oui, le froid va revenir),

Charlotte xxxx

//Merci pour vos bons voeux pour notre mariage! On est super excités, et on est content de voir que vous aussi! Je vais vous tenir au courant alors!


Au-delà des pesticides : Le bio en 6 points

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Salut tout le monde! Je me permets aujourd’hui de m’écarter légèrement de ma ligne éditoriale zéro déchet pour parler d’un sujet que mes études m’ont permis d’approfondir, j’ai nommé le bio. Car oui, les mercredis soirs, été comme automne, j’embarque sur mon vélo pour aller chercher mon panier bio en vrai hippie grano-chic que je suis.

Depuis que j’étudie en agronomie, j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de réfléchir à ma position sur l’agriculture biologique. J’ai découvert que le débat autour du biologique se résume souvent à cette question : Est-ce que ça vaut la peine de manger biologique pour consommer moins de pesticides, ou non? Il existe des études scientifiques allant dans tous les sens sur la question des traces de pesticides sur les fruits et légumes, et c’est pour ça que certains diront que ça vaut la peine, d’autres non. Je trouve dommage que souvent le débat s’arrête là. On choisit de manger bio pour beaucoup d’autres raisons, et laissez-moi utiliser la petite expérience que j’ai acquise en agriculture pour vous expliquer les autres avantages du bio, en 6 points.

  1. La santé de nos sols et de notre environnement

Je crois sincèrement que la majorité des agriculteurs aimeraient que leur pratique soit le moins dommageable possible pour l’environnement. Malheureusement, la compétition avec les fruits et légumes californiens et mexicains bons marchés pousse les agriculteurs à utiliser les produits qui leur permettront d’avoir rapidement les meilleurs rendements possibles. Il y a aussi les consommateurs qui veulent des aliments parfaits parfaits, forçant les agriculteurs à appliquer doses de pesticides après doses de pesticides pour contrôler les ravageurs. L’agriculture biologique permet aux agriculteurs de se libérer du cercle vicieux des pesticides. Ce faisant, ils développent des techniques qui sont plus respectueuses de l’environnement. Ce n’est pas facile et ça demande du temps, des efforts et de la créativité et c’est génial parce que les consommateurs acceptent de payer une prime pour ces aliments.

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  1. Ramener l’agriculture ici

Encore une fois, c’est une question de valeurs. Plusieurs personnes pensent qu’il serait mieux de faire pousser notre nourriture en Chine et au Mexique, où les coûts de production sont moins élevés. Ces produits sont moins chers, et la facture d’épicerie des consommateurs serait moins élevée.

Personnellement, je pense que nous devrions avoir des fermes et de l’agriculture dans notre pays, même si ça coûte plus cher aux consommateurs et aux contribuables qu’importer notre nourriture. Parce que les agriculteurs s’occupent bien de nos terres, parce que notre histoire agricole fait partie de notre histoire et parce que nos régions agricoles méritent d’être gardées vivantes. Est-ce que manger local coûte plus cher? Oui, parce que les travailleurs agricoles sont payés au salaire minimum, qu’ils ont des congés et de l’assurance-maladie et parce que nos réglementations environnementales sont parmi les plus exigeantes au monde. Puisqu’il y a engouement pour le bio et que beaucoup de jeunes aspirent à retourner en région pour partir des fermes bios, une des façons de ramener l’agriculture ici c’est d’acheter local et bio.

  1. Le retour à un mode de vie plus sain pour les agriculteurs

Je pense que les agriculteurs, qui travaillent très fort, devraient bien vivre de leur métier. Dans les faits, les agriculteurs vivent souvent des vies stressantes avec d’importantes pressions financières. Ils sont à la merci des conditions climatiques et des prix du marché. D’ailleurs, on s’en rend compte quand on voit que souvent la relève agricole n’est pas au rendez-vous (on est pas mal tous d’accord que c’est une vie qui semble beaucoup plus difficile et exigeante qu’une vie de bureau de 9 à 5). Avec l’agriculture bio, c’est différent. Il y a une discussion entre les consommateurs et les producteurs. Le producteur explique ce que ça lui coûte de produire ses aliments. Le consommateur lui répond qu’il veut payer un prix raisonnable, mais qu’il est prêt à payer une prime pour des bons produits. Et c’est au fil de cette conversation que le prix est fixé. Ce n’est pas la bourse, ni le prix des engrais chimiques, ni le prix du pétrole, ni la valeur en bourse des compagnies agrochimiques qui dictent le prix. La vraie indépendance, c’est ça.

  1. La santé de nos agriculteurs

Bien que les pesticides ne soient pas dangereusement présents sur nos fruits et nos légumes lorsque nous les achetons, ils sont tout de même présents dans l’air et l’eau dans nos régions agricoles. Les agriculteurs qui appliquent les pesticides y sont exposés, malgré les précautions qu’ils prennent. Les fertilisants et les pesticides s’infiltrent dans les sols et les nappes phréatiques, si bien que les sources d’eau potables de nos belles campagnes sont souvent contaminées. Ceux qui en souffrent, ou disons ceux qui risquent d’en souffrir, sont les mêmes qui travaillent si forts à nous nourrir. C’est pas juste ça, non?!

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  1. Le début d’une réflexion

Les aliments ne sont pas un bien de consommation comme les autres. On peut vivre sans meuble, sans linge, sans électronique mais on ne peut pas vivre plus de trois jours sans nourriture. Ce n’est pas normal de chercher à payer le moins cher possible pour sa nourriture. Ce n’est pas normal de faire son épicerie à la même place où on achète des télés et des meubles. Il y a des gens et des compagnies qui travaillent très fort pour nous faire oublier que derrière chaque fruit et chaque légume il y a un sol, une source d’eau et des gens. Je pense qu’on ne peut pas les laisser nous faire oublier tout le travail nécessaire à faire pousser de la bonne nourriture. Lorsqu’on leur laisse ce pouvoir, on devient déconnecté et on leur laisse le contrôle de nos terres et de notre santé.

J’ai eu la chance d’être élevée dans une famille où il n’y a jamais eu de compromis sur la qualité de la nourriture. En vieillissant, j’ai réalisé que trop de personnes consomment de la nourriture comme des produits, en cherchant à payer le moins cher possible. Payer le moins cher possible pour de la nourriture, vraiment? Quand est-ce que c’est devenu une valeur collective ça!?

  1. Les légumes biologiques sont à peu près un million de fois meilleurs au goût que les légumes du Cotsco

Sans blague. La perspective d’une salade pour souper ne vous excite pas plus qu’il faut, ou vous avez de la difficulté à faire manger des légumes à vos enfants? Demandez-vous si c’est peut-être parce qu’objectivement, vos légumes goûtent fades. Ou l’eau, ou amer, ou le contenu du sac de la tondeuse. Je pense qu’honnêtement, on aurait moins de problèmes de santé et de poids si nos légumes goûtaient toujours aussi bons que les légumes de notre jardin.

Dans un monde où bien souvent on se sent impuissant face à la dégradation des milieux naturels et autres drames écologiques, savoir que je vis davantage enlignée sur mes valeurs en achetant mon panier bio m’amène un bonheur énorme. Je vous préviens par contre : si vous commencez à manger des légumes frais et bios, vous risquez d’avoir de la misère à retourner aux légumes moches pas mûrs du Mexique. Vous aurez été prévenus.

Bonne journée tout le monde,

Charlotte xxxx

P.S. Le site Web d’Équiterre te permettra de trouver un fermier bio qui livre près de chez toi 😉


L’hiver s’en viiiient

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Bon je ne veux pas être oiseau de mauvais augure, mais je pense que l’hiver s’en vient. Il pleut, j’ai froid aux pieds et j’ai à peine le temps de me réveiller qu’il fait déjà noir. Je pense qu’on va collectivement devoir s’y faire; l’hiver va revenir encore cette année.

J’ai commencé à me demander comment on se prépare pour l’hiver quand on est zéro déchet, c’est-à-dire comment on s’habitue à ne plus avoir accès à de beaux produits frais pas emballés. J’ai commencé à faire mes petites recherches pour apprendre à conserver des aliments frais auxquels j’ai accès en ce moment. Et j’ai expérimenté avec les techniques du cannage, du séchage et de la congélation. Voici ce que j’en pense.

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Bon tout d’abord j’ai appris à canner. J’ai canné l’aliment le plus facile à canner, soit de belles tomates d’octobre pas chères au marché. Pour canner, il faut des pots Masson, une grosse casserole d’eau, des pinces, un ou une ami(e) efficace et débrouillard(e) et du temps, beaucoup de temps. Le processus de cannage en lui-même est très long, mais pas autant que le ménage qui s’ensuit. Ta cuisine va être en bordel total après et c’est inévitable. Oh et les chances de te brûler avec quelque chose sont d’à peu près 100%. Mais quand tu commences à entendre tes pots se sceller et à te dire que tu vas te taper dans le dos tout l’hiver quand tu vas les utiliser, tu te dis que ça valait la peine. Donc cet hiver, je vais pouvoir manger des tomates « fraiches » sans devoir les acheter en conserve.

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Dans mon élan de motivation en vue de faire des réserves pour l’hiver, j’ai également déshydraté des aliments. Je rêvais secrètement de m’acheter un déshydrateur depuis le moment où j’ai découvert le crudivorisme et le restaurant Crudessence. Heureusement pour mon portefeuille et mon espace de rangement, mon allégeance au mode de vie minimaliste m’a toujours retenue de faire cet achat. Cet automne, j’en ai loué un pendant une semaine d’un particulier qui louait son excellente machine sur Kijiji. Et là j’ai commencé à déshydrater. J’avais des idées de grandeur (je voulais TOUT déshydrater), mais je suis rapidement redescendue de mon nuage parce que chaque aliment que je déshydratais prenait un temps fou! Les instructions disaient peut-être que ça prenait 6-8 heures, mais souvent je déshydratais pendant 14-16h à la fois! C’était beaucoup trop long avec une machine énergivore et bruyante. Finalement, j’ai pas mal juste déshydraté des tomates (encore des tomates) et des canneberges. Je le referai peut-être l’an prochain, mais je suis contente de ne pas m’en être acheté un.

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J’ai aussi fait usage de la bonne vieille technique de congélation et j’ai congelé certains fruits d’automne comme des poires. Je les ai coupées et étendues sur une plaque au congélateur, puis je les ai emballées et maintenant j’ai des fruits pour mes smoothies pour une bonne partie de l’hiver.

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Finalement, je me suis abonnée à des paniers biologiques d’hiver à travers l’organisme Équiterre hourra! À partir du 20 octobre, je vais pouvoir aller chercher aux deux semaines mon panier de produits locaux sans plastique ni emballage. Oui, je vais sûrement manger énoooormément de navets et de courges, mais vous savez quoi, si c’est ce qui se conserve bien ici durant l’hiver, c’est ça que nous devrions manger. J’ai vraiment hâte 🙂

Bon maintenant je m’en vais m’emmitoufler dans une doudou devant Netflix avec du thé. Bon week-end tout le monde xxxx


Sauces et condiments

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Décidément l’été me donne des envies de popote et de projets faits maison! Ceux qui me suivent depuis quelque temps savent déjà que je n’essaie pas seulement de réduire ma poubelle, mais également mon bac de recyclage. Je pense que si on peut éviter les emballages en général, que ce soit le plastique, le verre, le métal ou le carton, on devrait essayer de le faire. Créer un contenant requiert énormément de ressources et d’énergie alors mieux vaut éviter de gaspiller inutilement les ressources à la base.

Quand je pense contenants et emballages, je pense à ma cuisine. Malgré mes efforts ces derniers mois, mon frigo et mes armoires sont toujours pleins d’emballages et de contenants, en plus d’être tout simplement pleins à craquer comme si je me préparais pour la fin du monde ou une invasion de zombies. Dans mes rages de zéro déchet, lorsque j’ai envie de tout donner à des organismes et de refaire ma vie avec seulement une casserole et une cuillère en bois, j’ai très souvent eu envie de clairer l’entièreté de ma cuisine. Allez hop, fini les sauces et les condiments! Finies les parties de tetris grandeur nature lorsque j’essaie de ranger de la nourriture dans mon frigo ! Si certaines activistes du zéro déchet ont l’air heureuses et épanouies avec un frigo ordonné avec pas grand-chose, je peux l’être aussi ! Et puis j’ai réalisé que non. J’aime les condiments et j’aime trop manger. Comment certaines personnes font-elles pour n’avoir que des pots Masson et des lentilles dans leur frigo ET avoir l’air d’aimer leur vie ? Je ne comprends pas.

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Bon bref. J’ai fait mon deuil du frigo zen, mais je veux tout de même essayer de réduire mon recours à des contenants au maximum. Premièrement, en étant plus consciente de mes besoins et en évitant d’acheter des produits emballés inutiles, comme des algues séchées que décidément je ne cuisinerai jamais. Deuxièmement, en commençant à faire certains produits moi-même.

J’ai commencé avec la moutarde. On m’avait dit que faire de la moutarde était facile alors j’ai essayé. J’ai regardé les ingrédients de ma moutarde à l’ancienne préférée et j’ai réalisé qu’il n’y en avait que 3 : graines de moutarde, vinaigre et sel. Révélation ! Ça ne pouvait pas être si sorcier et je peux acheter tous ces ingrédients en vrac. Le résultat m’a beaucoup plu alors j’ai continué mes essais.

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J’ai fait du lait d’amandes, du beurre d’amandes, du beurre de pacanes, de la confiture et du Nutella maison. J’ai aussi fait des cornichons, du ketchup, du hummus et du pesto. J’ai toujours fait mes recettes en m’inspirant de recettes trouvées sur Internet. Voici certaines des recettes dont je me suis inspirée, si vous êtes curieux :

Tous ces aliments sont selon moi faciles à faire et ne requièrent pas beaucoup de temps ou de savoir-faire. J’avais peur au début que de préparer beaucoup de mes aliments maison ne me prenne trop de temps. J’ai du temps, mais pas tant que ça. Je veux adopter de nouvelles habitudes de vie qui sont durables et que je voudrai continuer à long terme. Il y a quelque temps je m’étais emportée et j’avais commencé à faire mon yogourt, mes craquelins, mes biscuits et même mon pain. Je voulais aussi faire ma propre sauce soya pour éviter d’acheter une bouteille, même si ça impliquait faire fermenter du soya pendant plusieurs mois pour favoriser la croissance de micro-organismes et de moisissures. J’étais vraiment motivée à réaliser mon projet, jusqu’à ce qu’une amie me rappelle que je n’étais certainement pas assez bonne pour fermenter quelque chose et le manger après sans m’empoisonner. Surtout quelque chose qui doit fermenter pendant des mois. Vous comprendrez que je lui ai donné raison et que j’ai été convaincue que j’étais rendue un peu trop intense.

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C’est pour ça que je ne ferai pas mon pain chaque semaine, ni mon tofu ni mon yogourt bref rien qui m’oblige à y consacrer trop de temps. Pour le reste par contre, faire du ketchup et de la moutarde au début de l’été, de la confiture pendant la saison des fraises et des pestos à l’automne, c’est 100% faisable !

Tentés d’essayer le fait maison ? Je vous conseillerais de commencer par fouiller dans votre frigo pour y choisir une sauce ou un condiment que vous aimez bien. Vous réaliserez sûrement qu’il contient peu d’ingrédients, et qu’il est donc faisable. Si par contre votre sauce contient 400 ingrédients et que la majorité ne vous dit rien, je vous conseille plutôt de la jeter (au sens figuré bien sûr ; je veux que vous la recycliez !). Pour le reste, c’est assez facile.

Bonne chance !


Composter – Partie 1

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C’est ici et aujourd’hui qu’on démystifie le compostage! Vous avez été nombreux à me faire parvenir vos questions à ce sujet, et maintenant que j’ai finalement fini ma session d’école (alléluia!), j’ai tout le loisir de vous répondre.

Tout d’abord, composter consiste à rassembler en un tas divers résidus de cuisine et divers résidus de jardinage afin qu’avec le temps ils puissent se décomposer. Le résultat, soit le compost lui-même, ressemble à de la belle terre brun foncé. Cela étant dit, le compost n’est pas qu’un ramassis de vieux restes de table. C’est un écosystème en soi, rempli de petits insectes, de champignons, de bactéries et de micro-organismes qu’on appelle communément les décomposeurs. Toutes ces petites bestioles travaillent d’arrache-pied afin de briser les fibres et transformer les résidus organiques. Pour travailler, il leur faut de l’oxygène, donc un bon niveau d’aération, ainsi qu’un bon taux d’humidité ambiant.

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Pourquoi est-ce une bonne idée de composter? Tout d’abord, parce que les matières organiques constituent plus de 40% du contenu de nos poubelles. C’est environ 675 kg (1488 livres) de matières organiques par famille de quatre personnes chaque année. Au Québec, environ 1,2 million de tonnes de matières organiques sont jetées à la poubelle chaque année. C’est vraiment énorme. Toutes ces ressources sont ainsi perdues, alors qu’il aurait été vraiment facile de les revaloriser au moyen du compostage.

Avant, je ne voyais pas vraiment l’intérêt de composter, parce que j’assumais qu’en jetant mes restants de table à la poubelle, ils seraient acheminés avec le reste de mes déchets vers les sites d’enfouissement où ils pourraient se décomposer. Dans les faits, ce n’est pas ce qui arrive. Les résidus organiques ne se décomposent presque pas dans nos sites d’enfouissement, car le phénomène de la décomposition par les micro-organismes nécessite de l’oxygène. Enseveli sous une montagne de déchets, suffoqué par tous les morceaux de plastique qui l’entourent, votre reste de salade risque de rester intact très longtemps. Je suis d’ailleurs en train de lire un livre fascinant sur l’histoire des poubelles (oui j’en suis rendue là), où on raconte comment des anthropologues américains ont été capables d’identifier très clairement dans des dépotoirs du poulet et du guacamole datant de près de 25 ans. Je vous en reparlerai.

Une autre bonne raison de composter est que l’on peut par la suite substituer le compost aux engrais chimiques des magasins. Le compost est riche en azote et minéraux qui contribuent à la fertilité du sol et à la santé des plantes. C’est donc non seulement écologique, mais également économique. Aimez-vous autant que moi lorsque ces deux considérations vont dans le même sens?

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Bon maintenant comment composte-t-on? Il existe différentes techniques. Pour faire du compost qu’on pourra étendre dans son jardin, ça prend entre 6 mois et trois ans. Si on n’est pas pressé, on peut littéralement juste empiler pêle-mêle les matières organiques dans un contenant à l’extérieur dans le jardin. Il faut par contre que le dessous du bac soit directement en contact avec le sol pour que les décomposeurs présents dans le sol puissent s’y infiltrer. On le place idéalement dans un endroit ombragé ou semi ombragé pour que la température à l’intérieur n’atteigne pas des sommets record, et on brasse de temps en temps pour faire circuler l’air. Les résidus renflouent très rapidement, donc on peut en mettre et en remettre souvent avant de remplir un bac. Si on vise plutôt à avoir du compost en douze mois, ça prend légèrement plus de travail et d’entretien. Idéalement, le compost doit être brassé aux deux semaines et on doit s’assurer qu’il a un bon taux d’humidité. Pour vérifier le taux d’humidité du compost, il suffit d’en prendre une poignée dans sa main. On veut pouvoir former une boule. Si le contenu de notre main s’effrite, il est trop sec. On peut alors l’arroser légèrement ou y incorporer des matières riches en eau comme des restes de fruits ou de légumes. S’il coule ou est boueux, il est trop mouillé. On peut alors y incorporer des résidus dits « secs », comme des feuilles mortes. Pour un compost prêt en douze mois, il faut essayer d’y mettre autant de résidus de table (riches en azote) que de résidus de jardinage (riches en carbone). Encore là, ce n’est pas absolument nécessaire, mais cela accélèrera la décomposition.

Toujours des questions concernant le compostage? Je vous invite à consulter l’excellente publication suivante de Recyc-Québec (ici). Vous y trouverez entre autres des explications sur des techniques de compostage plus avancées et une liste de ce qu’on peut mettre dans son compost, ce qu’on ne peut pas mettre dans son compost et ce qui doit y être mis avec parcimonie.

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Oui, mais moi je n’ai pas de jardin…

Pas de jardin? Pas de problème! Dans plusieurs municipalités du Québec, des collectes hebdomadaires de matières organiques ont lieu. Dans d’autres, des bennes de compost sont mises à la disposition des citoyens pour qu’ils puissent y déposer leurs résidus. Plusieurs de ces projets sont tout récents et la collecte des résidus organiques est en général au stade embryonnaire au Québec. Mais la motivation est là! D’ailleurs, la Ville de Montréal a récemment annoncé son intention d’offrir un service de collecte de matières organiques pour tous d’ici 2019. Une bonne nouvelle!

D’ici là, je sais qu’à Montréal l’entreprise Compost Montréal offre un service de collecte hebdomadaire de matières organiques. Au coût de 7.50$ par semaine, cette entreprise vous fournira tout ce qu’il vous faut pour ramasser vos résidus de table, viendra les chercher chez vous, les compostera et vous redonnera même un peu de compost fini une fois par année au printemps. Génial non? Si vous connaissez d’autres entreprises ailleurs au Québec qui offrent ce genre de services, n’hésitez pas à le partager avec moi dans les commentaires.

On m’a aussi indiquée qu’il était possible dans plusieurs endroits du Québec d’aller porter son compost dans des sites de compostage communautaire. L’organisme Action RE-buts a d’ailleurs mis sur pied une carte interactive permettant de localiser le site de compostage communautaire le plus près de chez vous. Je vous invite à consulter le lien suivant.

Une dernière option lorsqu’on n’a pas de jardin, c’est le vermicompostage. Mais cet article est déjà bien long… On en reparle bientôt?

Bonne journée 🙂


La boîte à lunch

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Je ne sais pas pour vous, mais moi dès que l’horloge indique 11:00, je commence à avoir faim. Dîner, avec déjeuner et souper, est une de mes activités favorites, mais ne doit pas être une occasion de produire des déchets. C’est facile de terminer son repas avec une pile d’emballages à jeter. À mon humble avis, il n’y a rien de normal à produire autant de déchets en une seule activité. Bref, l’idéal c’est de se faire des lunchs.

Pour commencer, c’est plus économique que d’acheter de la nourriture pour emporter et souvent bien meilleur pour la santé. C’est aussi vraiment plus écologique, surtout si on évite les pièges des collations, fromages, yogourts et compotes emballés. Pour éviter d’acheter des collations emballées individuellement, je me suis équipée de plusieurs contenants pour me faire des portions individuelles.

Mon kit de lunch comprend : une boîte à lunch, des ustensiles, des serviettes de table en tissus, des plats en verre, des plats de divers formats en plastique et des pots en verre pour les liquides. La boîte à lunch est un « must ». Jusqu’à récemment, j’utilisais les sacs réutilisables de petits formats qu’on me donnait lors de mes achats dans les magasins, mais j’ai réalisé qu’ils ne me duraient jamais plus que quelques mois et que je devais les remplacer souvent. J’ai donc cherché une vraie boîte à lunch, comme celle qu’on avait au primaire mais plus jolie. J’en ai trouvé des usagées chez Renaissance et il y en avait des millions. Ça m’a rappelé que je n’ai vraiment pas souvent besoin d’acheter neuf, car même si j’essayais je ne pourrais jamais venir à bout de tout ce que les autres ont consommé avant moi. Pour les serviettes, j’ai coupé de vieux linges à vaisselle et cousu de mignonnes petites serviettes. Les ustensiles viennent de la maison.

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Repas sans BPA s’il vous plaît

Je sais depuis longtemps qu’il faut éviter de manger dans des contenants en plastique ou de faire chauffer du plastique dans le micro-ondes. Seulement, par paresse entre autres, je me disais que c’était plutôt de la science populaire et qu’entre ce qui est vraiment dangereux pour la santé et ce qui ne l’est pas, manger dans du plastique ne devait pas être si dangereux. J’ai depuis poussé mes recherches et je comprends mieux comment et pourquoi c’est dangereux. En fait, le plastique est un composé chimique qui peut diffuser dans la nourriture. Lorsque les aliments sont en contact avec du plastique, de minuscules particules de plastique s’infiltrent dans la nourriture et le rythme de transfert augmente si le contenant est chauffé.

Parmi les substances qui diffusent facilement, on parle beaucoup du Bisphénol A (BPA) et du groupe des phtalates. Certaines études indiquent de solides corrélations entre l’ingestion de BPA et des perturbations du système endocrinien, surtout en ce qui a trait à la régulation de l’estrogène. L’ingestion de ces composés est également liée à des problèmes de fertilité, des problèmes de développement chez l’enfant et divers problèmes neurologiques. D’autres études affirment que le niveau d’ingestion du canadien moyen n’est pas suffisant pour avoir un impact sur la santé. Dans les faits, toutes ces études ont été effectuées à court terme et on ne connaît pas l’impact sur la santé d’une exposition prolongée à ces composés chimiques. On sait par contre que 95% des Canadiens ont des niveaux mesurables de BPA dans leur sang ou leur urine. J’ai donc décidé d’essayer de migrer progressivement vers le groupe du 5% en évitant au maximum de manger dans du plastique, surtout les numéros 3 et 7. Bien sûr, vous avez remarqué que j’ai toujours des contenants en plastique. J’ai décidé que je n’en achèterai plus de nouveau, mais que ce n’était pas écologique de m’en départir tout de suite. Je les utilise donc à l’occasion et évite désormais de les chauffer ou de les congeler. Pour plus d’information, je vous invite à lire ceci de la Fondation David Suzuki (disponible en anglais uniquement, désolé).

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On privilégiera donc des contenants en verre ou en pyrex ou des contenants en acier inoxydable. L’avantage des contenants en acier inoxydable est qu’ils sont légers et incassables, mais on ne peut pas les chauffer dans le micro-ondes. Les contenants en verre et en pyrex sont plus lourds, mais on peut les chauffer. Personnellement, je préfère le verre.

Finalement, oui il m’arrive de ne pas avoir de lunch ou de l’oublier. Est-ce que je produis des déchets pour autant quand ça arrive? Non, parce que j’ai un kit d’urgence dans ma case à l’école, qui est en fait uniquement constitué d’un gros bol et d’une cuillère. Comme ça, je peux me présenter à la cafétéria avec mon bol (je fais d’ailleurs un malheur à chaque fois) et voilà hop! Un autre repas sans déchet!

Bonne journée!


Le take out zéro déchet

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Un repas de pizza pour deux

Oui, c’est possible de commander de la nourriture au restaurant sans emballage et sans faire de déchets! C’est certain qu’on ne parle pas ici de se faire livrer de la nourriture à domicile. Il s’agit plutôt de passer une commande au restaurant et de repartir tout de suite avec sa nourriture. Voici ma technique, et quelques-unes de mes commandes!

Un repas de sushis pour trois

Un repas de sushis pour trois

Pour commander zéro déchet, il faut s’équiper de contenants, d’un gros sourire et d’amis patients et motivés (à moins d’y aller seul). Idéalement, on ne commande pas zéro déchet en pleine heure de pointe dans les restaurants parce que ça peut compliquer les choses. Rendu au restaurant, on s’adresse à quelqu’un qui a l’air gentil idéalement. Puis, armé de son plus beau sourire, on demande si on peut passer une commande, mais que la nourriture ne soit pas disposée dans des emballages jetables, mais bien dans nos contenants. On montre les contenants. Ensuite, il faut habituellement répéter notre demande parce que notre interlocuteur ne comprend pas ce qu’on lui demande, ce qui est normal puisque c’est une demande assez inhabituelle. On sourit encore plus. On recommence les deux dernières étapes jusqu’à ce que notre interlocuteur comprenne ou que nos amis nous abandonnent. Lorsque notre interlocuteur accepte, parce qu’ils acceptent toujours, on remercie infiniment et on beurre épais, tellement épais qu’idéalement la prochaine fois qu’on revient ils se rappellent vaguement de nous et de nos contenants. Et voilà, un repas du vendredi soir sans déchets! Je rêve secrètement du jour où je pourrai commander au restaurant et qu’on me demandera : « As-tu tes contenants? » Pourquoi pas!

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Un repas indien pour 8 (!). D’ailleurs, un gros merci au personnel du restaurant Sana sur Jarry et à mes incroyables amies

Un repas indien pour 10 (!!) presque zéro déchet! Un gros merci à ma famille pour le meilleur repas de fête imaginable

Un repas indien pour 10 (!!) presque zéro déchet! Un gros merci à ma famille pour le meilleur repas de fête imaginable

Un repas de burritos pour deux

Un repas de burritos pour deux

Un repas gastronomique de frites et hot-dogs pour deux, avec le petit papier ciré des hot-dogs que je n’ai pas vu passer

Un repas gastronomique de frites et hot-dogs pour deux, avec le petit papier ciré des hot-dogs que je n’ai pas vu passer

Je vous promets que de commander zéro déchet n’est pas compliqué. Il faut juste le demander et le faire. La prochaine fois que vous voudrez commander, pourquoi n’iriez-vous pas chercher votre nourriture vous-même… avec vos contenants? Essayez-le et envoyez-moi vos photos! Je vous encourage aussi à me partager vos anecdotes amusantes suite à vos différentes expériences par courriel ou dans les commentaires. Si j’ai plusieurs photos et commentaires, je republierai un article avec vos histoires!

Bonne journée et bon take out zéro déchet!


Faire ses courses zéro déchet

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Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de comment je fais les courses chez moi depuis que j’ai décidé d’entreprendre l’aventure zéro déchet. Je sais que c’est difficile d’éviter les emballages et le suremballage à l’épicerie et c’est pour cela qu’on me questionne souvent par rapport à mes achats alimentaires. Je m’apprête donc à vous révéler mes secrets.

Pour faire mes courses, je me rends chaque semaine à l’épicerie, et toutes les deux ou trois semaines je me rends dans des magasins d’achat en vrac et dans des magasins spécialisés pour me procurer certains autres produits. À l’épicerie, je n’achète que des fruits, des légumes, des cartons de lait, des conserves de produits que je ne trouve pas en vrac (comme de la pâte de tomates) et certains rares aliments dans des contenants de plastique ou de verre. J’arrive à l’épicerie avec mes sacs réutilisables et des sacs en tissu que je me suis procurés et dans lesquels je mets mes fruits et légumes. J’évite soigneusement tout fruit ou légume emballé dans du plastique. C’est donc dire que je n’achète pas de produits en format individuel, de mets préparés et de collations, bref tout ce qu’on retrouve habituellement dans les allées du centre de l’épicerie. J’essaie de tout cuisiner moi-même, entre autres parce que j’aime être en mesure de comprendre ce que je mange. À la fin de la semaine, j’aurai seulement quelques contenants à mettre au recyclage.

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Puis, je vais aux trois semaines environ dans un ou deux magasins en vrac avec mes sacs en tissu et mes contenants. On peut TOUT trouver en vrac. Oubliez l’époque où on ne pouvait acheter que des noix et des lentilles en vrac ! Maintenant dans les magasins en vrac on trouve des céréales, du gruau, du bouillon de poulet, des légumineuses, des huiles, des vinaigres, des pâtes, du chocolat, des chips (oui !), des farines, des épices, du thé, du café, etc. J’achète de grosses quantités pour ne pas avoir à revenir trop vite et je remplis mon garde-manger. Personnellement, je gravite entre les magasins suivants : La Branche d’Olivier sur Notre-Dame, Allons Vert sur Notre-Dame et Le Vrac du marché au Marché Atwater. C’est impossible de lister tous les magasins qui offrent du vrac, mais la carte des lieux d’achats en vrac (créée par l’organisme Action Re-buts) suivante est un bon outil de départ. Il existe également un « app » pour téléphone offert par Zero Waste Home nommé Bulk Store Locator et qui est bien fourni en magasins en vrac au Québec.

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Un échantillon du kit de magasinage zéro déchet

Après l’épicerie et le magasin en vrac, il me reste trois choses à acheter : de la viande, du fromage et du pain. Pour le pain, je vais dans une boulangerie aux deux semaines et j’achète plusieurs pains que je transporte dans une taie d’oreiller et que je congèle dans cette même taie d’oreiller. Pour le fromage, je vais de temps en temps dans une fromagerie près de chez moi où ils remplissent gentiment mes contenants de parmesan, de cheddar, de fromage de chèvre et de mozzarella râpé. D’ailleurs, je suis leur chouchou avec mes contenants et ils m’en donnent toujours plus ! Oui, la première fois j’ai dû expliquer pourquoi je ne voulais pas de pellicules de plastique et de styromousse. Par contre, vous seriez surpris de voir à quel point les gens réagissent bien et ça fait même souvent de très beaux échanges ! Je pense entre autres à la fois mémorable où, après avoir présenté mes contenants et expliqué que je ne voulais pas faire de déchets, un vendeur m’a dit: « Quand tu en auras fini avec ça, tu t’attaqueras au plastique dans les océans ! C’est épouvantable la quantité de plastique dans les océans. » Pas de pression, bien sûr. J’ai donc un nouveau défi dans ma liste et c’est de régler l’une des crises environnementales les plus importantes de l’histoire du monde. Surtout pas de pression, mais quelqu’un que tu viens juste de rencontrer a vu en toi et tes contenants la solution miracle pour sauver nos océans ! Bien que je sois convaincue qu’une démarche zéro déchet puisse contribuer à réduire le plastique dans les océans, pour l’instant je suis plutôt la fille qui traîne ses pots de magasins en vrac en magasins en vrac en répandant la bonne nouvelle du zéro déchet.

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Cette photo et la suivante ont été prises au Bulk Barn, où j’ai pu remplir mes propres sacs sans problème. Par contre, on m’a informé que c’était contre la politique de Bulk Barn. J’ai appelé la maison mère et apporter ses propres sacs est en effet contre leur politique! J’ai par la suite appelé plusieurs franchises et ils ne semblent pas appliquer cette politique. J’y retournerai donc avec mes sacs, mais je tiens seulement à vous aviser que cela pourrait être un problème dans ce magasin.

Pour ce qui est de la viande, je sais que je pourrais aller voir mon boucher avec mes contenants, mais c’est là que d’autres de mes valeurs entrent en jeu. Je ne veux pas manger d’animaux qui n’ont pas été élevés de manière éthique. Je veux acheter de la viande traitée avec le moins d’antibiotiques possible. Finalement, je veux manger de la viande locale. Est-ce possible de trouver de la viande qui réponde à tous mes critères ET qui soit zéro déchet ? Je crois que j’ai trouvé ce qui s’en approche le plus grâce au site Internet Alimentation Maison. Si tu ne connais pas encore le site d’Alimentation Maison, va voir ce que c’est maintenant ! Alimentation Maison est un distributeur de viande qui permet aux consommateurs d’acheter de la viande sans avoir à faire avec un grossiste. Les produits sont locaux, les antibiotiques ne sont utilisés que de manière curative dans l’élevage des animaux, plusieurs producteurs sont biologiques et les poissons et fruits de mer sont issus de la pêche durable. Si j’achète au-delà d’un certain montant, je peux bénéficier d’un rabais, ce qui rend le tout vraiment très intéressant. Puisqu’il n’y a pas de grossiste, je peux me payer de la viande de très bonne qualité au prix de la viande de supermarchés ! Les commandes sont livrées à domicile et arrivent congelées sous vide. J’ai l’habitude de faire des grosses commandes avec des amis aux quelques mois, ce qui nous permet de bénéficier du rabais et de remplir nos congélateurs pour longtemps. Et bien sûr le clou du spectacle : les produits viennent emballés dans du plastique épais, conçus spécialement pour être recyclés. Il est vrai que j’essaie d’éviter d’avoir recours au recyclage, mais voici un bel exemple d’une situation où j’ai pesé le pour et le contre et ai décidé que je préférais avoir recours au recyclage plutôt que de fonctionner autrement.

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En parlant de choix, j’aimerais dire un petit mot sur les déchets engendrés par les paniers de légumes locaux qu’on peut recevoir hebdomadairement. Avant janvier, je recevais chaque semaine un panier à domicile. Mes légumes venaient emballés dans des sacs de plastique portant une mention indiquant qu’ils étaient oxobiodégradables et écologiques, et je présumais que c’était vrai. J’ai éventuellement décidé de voir ce que ça voulait dire que d’être oxobiodégradable et j’ai réalisé que c’était loin d’être écolo ! Les sacs oxobiodégradables sont des sacs de plastique auxquels on a ajouté un additif pro dégradant pour faire en sorte qu’ils se dégradent éventuellement au contact de l’oxygène. Ils ne sont donc pas compostables et ne peuvent pas être compostés. Ils ne sont pas non plus recyclables, parce que leur plastique se dégraderait trop rapidement dans n’importe quel objet dans lequel ils seraient recyclés ! En fait, l’arrivée des sacs biodégradables et oxobiodégradables sur le marché compromet le recyclage des sacs de plastique puisqu’ils finissent mélangés au recyclage. Tout ce qu’on peut faire avec des sacs oxobiodégradables, c’est les jeter et espérer que les composés chimiques qu’ils contiennent transforment ces sacs en plusieurs morceaux de sacs, puis en très petits morceaux de sacs. Encore faut-il qu’ils soient en contact avec de l’oxygène, ce qui est peu probable enseveli dans un dépotoir. Résultat; c’est un sac de plastique comme les autres. J’ai pris la peine d’écrire pour être certaine d’avoir bien compris et oui, j’ai bien compris. En quoi est-ce donc plus écologique exactement? Je ne dis pas que c’est moins bien que de pouvoir recycler nos sacs ; je n’ai pas fait le calcul de l’empreinte écologique des deux alternatives. Je dis simplement que je ne pense pas que ça soit correct de nous vendre ces sacs comme étant écologiques. Je sais que plusieurs producteurs de paniers de légumes distribuent ce genre de sacs en donnant l’impression aux consommateurs que c’est une option meilleure pour l’environnement. Je suis dorénavant plus sceptique par rapport à ce qu’on me vend comme étant écologique et, si comme moi avant vous recevez ce genre de sacs, n’hésitez pas à écrire à votre distributeur pour lui dire que vous n’appréciez pas ce genre de pratique. Pourquoi tout mettre dans des sacs ? Le plus nous serons à manifester notre désaccord, le plus rapidement les choses changeront. Pour plus d’information sur le sujet, je vous invite à lire ceci.

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Finalement, est-ce que faire mes courses est plus compliqué depuis que j’ai décidé qu’elles n’engendreraient plus de déchets ? Oui et non. Oui, parce que je ne vais plus qu’à l’épicerie et que plusieurs options faciles de nourriture transformée ne me sont plus accessibles. Et non, parce que je m’organise mieux. Également, même s’il est un peu tôt pour tirer des conclusions, je dirais que c’est évident que je sauve beaucoup d’argent en magasinant ainsi. Je ne fais plus d’achats impulsifs, je n’achète plus d’aliments transformés et j’achète en grande quantité en vrac. Il y a bien plus à dire sur faire ses courses zéro déchet. Je suis encore une débutante, et j’ai bien l’intention de réécrire sur le sujet !

Bon magasinage !