Sortir les poubelles

Préparatifs de mariage zéro déchet

Trop beau, merci Marie-Michèle 🙂

Salut tout le monde!

Contente de vous revoir, ça fait un bout 🙂 Alors alors, je vous avais dit que je ne transformerais pas Sortir les poubelles en un blogue de mariage, mais je pense qu’on est rendu au stade où notre super mariage grano-chic mérite quelques mots.

C’est que malheureusement, c’est assez exceptionnel ce qu’on essaie de réaliser, c’est-à-dire un mariage zéro déchet, zéro gaspillage et écologique qui soit aussi festif et stylé. Même en ligne ou en sondant mes amis, je réalise qu’il existe peu d’information sur comment réaliser ce genre d’événement. Je dois rassurer tout le monde qu’écologique ne veut pas dire plate et que grano ne veut pas dire que tout le monde doit s’habiller en lin ou arriver en autobus. Maintenant rendue à 3 mois du mariage, je peux vous assurer qu’un mariage zéro déchet peut ressembler à un vrai mariage. Et voici comment :

Zéro déchet, mais surtout zéro gaspillage

Alors par où commencer pour monter un événement zéro déchet? On commence par éviter le gaspillage. Au-delà du gaspillage la journée-même, c’est hallucinant de voir le gaspillage entourant la préparation d’un mariage. Et faites-moi confiance là-dessus; je suis plusieurs groupes d’entraide de futures mariées sur Facebook (oui, ça existe) et c’est razzia chez Dollarama après razzia chez Michaels après razzia sur Amazon ou Aliexpress. C’est archi-commun de voir des mariées s’acheter 10 m de jute pour décorer 100 pots Masson et finir par jeter 8 m de jute. Pareil pour les rubans, les billes, les perles, la peinture, les brillants, les bougies, alouette. La majorité de ces éléments de décoration sont faits en Asie, dans des conditions déplorables pour les travailleurs et pour l’environnement. Et qu’est-ce qui est créé avec tout ça? Des marques places, des menus, des centre de table, des cadeaux d’invités, des portes anneaux, des jarretières, des accessoires de party, des lanternes, etc. Oui, je sais, je sonne comme Grinch qui voulait gâcher Noël en parlant de gaspillage et de mariage, mais ce gaspillage est objectivement choquant.

Réaliser l’étendue du gaspillage au niveau de la préparation et du fameux DIY (Do It Yourself) m’a rappelé que la toute première règle du zéro déchet était de refuser d’acheter le superflu. Et ce, même avant de réutiliser les choses.

L’usagé, c’est la vie!

Dans cette perspective, on s’est donné comme défi de ne RIEN acheter de neuf. On s’est mis à regarder si on avait dans notre entourage des gens qui avaient des choses qu’on pouvait emprunter. On s’est aussi embarqué sur Kijiji pour voir si des particuliers ou d’autres mariés motivés n’avaient pas à vendre le genre d’éléments qu’on voulait, qu’on pourrait redonner à d’autres après nous. Et mon dieu que ça nous a rappelé à quel point les gens possèdent des choses! En fait, qu’est-ce que je cherchais que je ne suis pas arrivée pas à trouver dans mon entourage? Ah oui, 100 verres à shooters haha, mais ça j’en reparle plus loin!

Les fleurs

Mes magnifiques amies ont semé nos fleurs sur la ferme sur laquelle l’une d’elles travaille! C’est un fait méconnu, mais la majorité des fleurs vendues au Québec viennent de Colombie, du Brésil, du Mexique ou d’Afrique et ont fait tout le trajet d’avion de très loin jusqu’aux centres de table des mariages québécois. C’est pour ça que je suis heureuse que mes amies se soient proposées pour faire pousser mes fleurs, ici au Québec et sans pesticide. Ce sera aussi nos décorations principales, qui ont l’avantage d’être 100% compostables.

Les robes et habits

Nous faisons faire ma robe et le tailleur de mon amoureux sur mesure par des tailleurs d’ici. Ils seront donc faits au Canada et non pas au Bangladesh, ce qui nous fait vraiment plaisir. Oubliez-moi pour le voile, les chaussures qu’on ne remettra jamais, les peignoirs, les trucs bleus/empruntés/nouveaux, l’ensemble de bijoux qui matchent, etc. J’ai dit à mes demoiselles d’honneur d’être en court et en blanc, parce que je sais que même si toutes les futures mariées disent ça, je voulais vraiment qu’elles puissent remettre leurs robes un jour et le blanc rendait la chose plus facile. Aussi, nous suggérons à nos invités de porter du linge décontracté au mariage, et nous espérons que pour la majorité d’entre eux cela voudra dire qu’ils ont déjà ce qu’il faut à la maison et qu’ils n’auront pas à acheter du neuf pour l’occasion.

Nourriture et alcool

Nous ne voulons pas de gaspillage alimentaire, et c’est pourquoi nous avons choisi d’offrir un buffet où nous encouragerons nos invités à goûter et à se resservir. Nous amènerons des contenants pour ramener les restes à la maison et faire les meilleurs lunchs! Mes amis m’ont assurée qu’on ne gaspillera pas d’alcool, mais ça c’est juste moyen rassurant.

La vaisselle

Toute la vaisselle est louée et on devrait arriver à ne rien avoir en plastique. Nous espérons n’avoir rien de jetable à notre mariage. Pas de bouteilles d’eau ou de verre en plastique non plus, et essayez de deviner juste pour le fun s’il y aura des pailles?!

Les invitations

Pas de papier pour nous! Les invitations et toute l’information nécessaire seront communiquées par courriel à nos invités.

Les autres idées (en développement)

En ce moment, nous testons des bières de microbrasserie pour choisir les bières que nous servirons. Disons seulement que c’est une étape de planification particulièrement agréable. À date nous cherchons un endroit qui nous louera des kegs, pour ne pas avoir de bouteilles de vitre à recycler. Nous faisons également nos recherches pour trouver de bons vins québécois, mais je ne vois pas d’alternatives aux bouteilles de vitre… C’est d’ailleurs la seule chose qu’on pense devoir recycler au mariage.

Futurs confettis

Les défis

Nous sommes à la recherche d’alternatives aux verres à shooters en plastique! Vous avez des idées? Ou possédez-vous 100 shooters haha (ok je m’essaie). En tout cas, je lance ça de même dans l’univers et si jamais vous avez des idées vous pouvez m’écrire ;).

Conclusion

Voilà, c’est ça pour l’instant! Je sais que j’ai couvert pas mal de sujets, mais j’imagine que le message principal que j’essayais de faire passer à travers cet article est que je ne comprends pas le lien entre tout ce qu’on peut acheter pour son mariage et le mariage lui-même. C’est quoi le lien entre un bar à bonbons et mon mariage?! Bien oui, on me l’a expliqué et je vois le lien parce que c’est festif, mais c’est quand même loin du but de la journée. Peut-être que c’est juste moi qui suis paresseuse et qui me cache derrière l’argument écologique pour éviter de devoir confectionner un livre de signatures avec du bois de grange ou monter un bar à mojitos thématique. Qui sait. En tout cas, à date laissez-vous moi vous dire que les préparatifs sont (plutôt) sans stress, mais surtout que ça va être très cute 🙂

Bonne journée tout le monde,

Charlotte xxxx

Pssssst! Je ne peux pas m’empêcher de joindre à cet article les liens de deux petites vidéos (vidéo 1 et vidéo 2) très drôles que J’ADORE sur les vrais coûts du mariage. Ils sont en anglais seulement malheureusement.


Les pailles

https://kimdewolff.com/tag/straws/

Jasons paille un instant, et prenons un deux minutes de notre journée pour s’arrêter et réfléchir à l’intérêt des pailles de plastique dans la vie. Les pailles se retrouvent partout, dans tous les jus ou smoothies au restaurant, dans toutes les slushs et boissons sur la route et dans tous les cocktails. L’utilité principale de la paille est de téter un liquide quelconque, au lieu de le boire directement du récipient. Elles se retrouvent également logiquement dans les poubelles et dépotoirs, et dans les océans où elles représentent un des dix objets les plus régulièrement retrouvés.

Depuis que je vis un mode de vie zéro déchet, je dois honnêtement avoir refusé une centaine de pailles. Je ne prétends pas avoir sauvé une centaine de poissons, mais je pense tout de même qu’il commence à être temps qu’on fasse le lien entre notre utilisation de plastique à usage unique et la pollution, surtout dans l’océan.

Les pailles vont directement, souvent en l’espace de moins d’une heure, d’un récipient à la poubelle. Chaque paille créée requiert des ressources et prendra entre 200 à 1000 ans à se désintégrer. C’est donc dire que chaque paille créée depuis l’invention des pailles de plastique (environ 50 ans) existe encore quelque part sur cette planète. Je ne peux pas nier que ça me choque d’évoluer, encore aujourd’hui, dans un monde pro-paille malgré la conscientisation environnementale qu’on voit prendre du terrain un peu partout.

En fait, si je vous partage mon opinion c’est très égoïstement dans l’espoir qu’un jour un/e serveur/se me réponde: “Ah oui, il y a plusieurs personnes qui commencent à refuser les pailles”. Au lieu de penser, comme mon amie me l’a si bien dit l’autre jour: “La serveuse doit penser que tu as une allergie au plastique”.

Pas de paille, pas de problème!

C’est très facile de demander son breuvage sans paille. Il suffit de le demander, avec un beau sourire, en se rappelant que ce n’est pas nous qui sommes étranges, mais bien tout ce cycle de consommation et de gaspillage qui l’est.

Est-ce que je peux m’autoriser à rêver du jour où il y aura des pailles dans les restaurants et les bars seulement pour ceux qui en ont vraiment besoin, comme si tu viens de te faire enlever tes dents de sagesse? Les autres seront encouragés à porter leurs lèvres à leur verre, comme dans l’ancien temps.

//Minute mariage

Pour la St-Valentin, mon amoureux m’a encore une fois prouvé qu’il avait bien assimilé les principes du zéro déchet en m’offrant une expérience plutôt qu’un cadeau. Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que nous sommes allés faire un cours d’essai de danse en vue de notre mariage (je capotais, bien entendu).

Cette activité m’a inspiré cette réflexion. L’annonce de notre mariage a suscité une surprenante panoplie de réactions des gens de notre entourage et d’un peu partout. Dans un extrême, il y a les gens qui te regardent les yeux pleins d’eau en te disant à quel point c’est merveilleux l’amour. Dans l’autre extrême, il y a les gens dégouttés par l’idée même du mariage, qui te répondent c’est de la grosse bouette de surconsommation qui coûte une fortune et qu’eux n’ont pas besoin de ça (je vous jure, des fois les réactions sont virulentes). Quelque part entre les deux, il y a ceux qui ne veulent ou ne voudraient pas parce qu’organiser un événement de cette ampleur apparaît comme beaucoup, beaucoup trop compliqué.

C’est avec ceux qui pensent comme ça que j’aimerais partager ici ce que j’ai dit sur Instagram. Ne pas vouloir se marier parce que la préparation est trop compliquée est, selon moi, passer à côté de l’essentiel. La vérité, c’est que je ne pense pas que j’aurais passé mon jeudi soir 16 février avec mon amoureux et Yulia (notre instructrice de danse) à se piler sur les pieds avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles si je ne me mariais pas. Je ne pense pas que j’aurais passé une demi-heure avec mon papa l’autre jour à jaser de quand on va aller visiter les vignobles bios du Québec cet été pour trouver les meilleurs vins. Je ne pense pas que j’aurais passé autant d’heures à rire avec mes amies des décos de mariage quétaines ou à rêver au fou voyage de noces qu’on se planifie pour l’occasion. Sans compter toutes les personnes merveilleuses que cette aventure m’a permis de rencontrer. Ce sont tous ces petits moments incroyables qui font de cette expérience une expérience unique, pas juste les 8 à 10 heures la journée même du mariage.

Oui, organiser un mariage, c’est compliqué (et certainement plus compliqué que de ne rien faire). Sauf que c’est comme être zéro déchet, avoir un blogue ou même faire un défi végétalien. Oui c’est compliqué, mais maudit que c’est l’fun.

Bonne journée tout le monde xxxx


Les 6 gestes zéro déchet à adopter au quotidien

Mon dieu que le temps passe vite en ce moment! Avez-vous l’impression comme moi que novembre vous file entre les doigts et que les journées s’enchaînent à un rythme effréné? Malgré cela, ne vous inquiétez pas je garde le cap sur mon défi zéro déchet! Une chance vraiment que j’ai déjà 10 mois de défi derrière la cravate et que j’ai réussi à intégrer des habitudes zéro déchet dans mon quotidien. Je me suis passé la réflexion que je ne pouvais pas choisir un meilleur moment de l’année que ce mois de novembre froid (et noir) et occupé-occupé pour vous parler de six habitudes zéro déchet faciles à adopter pour les personnes écolos et occupées-occupées que vous êtes. Et les voici. Bravo si elles font déjà parties de vos quotidiens, sinon c’est bien de se rafraîchir la mémoire!

1. Le thermos à café: Un MUST pour les buveurs de café. Si chaque jour vous allez à la même place vers la même heure chercher toujours le même café, il n’y a pas de raison pour ne pas rajouter à ça l’habitude de trainer son thermos avec soi. Il suffit d’y penser, de le trainer et de le rincer après l’avoir utilisé. Les plus? Souvent ils sont beaux et certains endroits offrent même un rabais si on utilise notre tasse! Et puisque Noël s’en vient, pourquoi ne pas proposer cette idée à quelqu’un qui veut vous faire plaisir? Cela fera changement de votre classique : « Oufff je ne sais pas me semble que j’ai tout ce qu’il me faut et que Noël est encore revenu vite cette année… »? De rien pour l’idée.

2. La bouteille d’eau réutilisable : J’ai parlé de la problématique du plastique et des bouteilles d’eau dans l’océan en juillet dernier, et je vous conseille d’aller me lire si ça vous intéresse (ici et ici)! On peut traîner avec soi une gourde en acier inoxydable, en verre ou en plastique sans BPA. Personnellement, je traine un pot Masson parce que c’est petit et que je peux aussi y mettre des boissons chaudes. Pratique!

3. Les sacs à l’épicerie : On les traine et on ne les oublie pas! Et si on les oublie, on fait tout pour éviter les sacs de plastique, quitte à mettre la pinte de lait dans la sacoche et les oranges dans les poches.

bags predator

http://kate-book.com/adventures-in-greening-pondering-plastic-bags-with-music/

4. Connaître les numéros des plastiques : Les objets et emballages de plastique sont identifiés à l’aide d’un numéro, allant de 1 à 5. Les numéros 1 à 5 sont recyclables, mais pas le numéro 6! À moins que vous pensiez le ramener à un endroit spécialisé qui en fait la cueillette (plusieurs écocentres le font), il va à la poubelle et non au recyclage. Pour me faciliter la vie, dès que je vois le chiffre 6 sur un emballage, j’évite de l’acheter. Comment se souvenir que c’est le numéro 6? Vous pourriez vous dire que 666 est le numéro du diable, et donc que c’est méchant, et donc qu’on l’évite à tout prix!

Sortir les poubelles

5. Éviter le suremballage à l’épicerie : Le suremballage à l’épicerie est hal-lu-ci-nant. Des poivrons emballés individuellement aux pièces de viandes sur du styrofoam suffoquées par des pellicules de plastique, c’est partout! À l’épicerie, je n’achète rien qui est emballé dans des pellicules de plastique, quitte à me passer de certaines choses. Je choisis toujours l’option la moins emballée et j’évite le styrofoam. Si j’achète des choses emballées, je m’assure que l’emballage soit recyclable (donc pas de plastique numéro 6 ou d’emballages de plastique mince). Si cela vous semble impossible, peut-être que votre épicerie est particulièrement portée sur le suremballage. Toutes les épiceries ne sont pas pareilles. Je sais par exemple que très peu de produits frais sont emballés au Adonis. Avez-vous d’autres options de magasinage? Sinon, pourquoi ne pas en glisser un mot au gérant? C’est vous le client après tout! Avec le temps, on apprend à connaître les produits (et leurs emballages) et faire l’épicerie en faisant beaucoup moins de déchets est vraiment facile!

Sortir les poubelles

6. Avoir son lunch et ses collations : Personnellement, j’ai souvent une fringale au milieu de l’après-midi, et c’est pour cette raison que je traine toujours avec moi des fruits ou des noix que j’emballe moi-même. Ce petit réflexe m’évite de me tourner vers les options moins santé et emballées des cafés et dépanneurs comme les chips, les muffins, les biscuits ou les barres tendres. Également, faire son lunch est vraiment l’habitude zéro déchet qui change la vie. Combien de repas de cafétérias et de « food courts » ai-je évités? Longue vie aux lunchs! J’ai déjà écrit sur l’art de se faire des beaux lunchs zéro déchet si cela vous intéresse.

Voilà! Bien sûr il y a tellement plus à dire sur comment vivre le zéro déchet au quotidien! Seulement, j’ai l’impression qu’entre mon réveil (à la noirceur), mon café du matin, mes appels, mes cours, mes courses et mon retour à la maison (dans la noirceur également), ce sont ces petites habitudes qui me permettent de ne pas faire de déchets. Quels sont vos trucs au quotidien? Je serais ravie de vous lire sur le sujet!

Bon vendredi tout le monde xxxx


Camping, juillet sans plastique et océan

Sortir les poubelles

Salut tout le monde!

Pardon pour le silence radio des dernières semaines. J’étais partie repousser les limites du zéro déchet et de « juillet sans plastique » en camping dans les maritimes. Laissez-moi vous dire qu’être zéro déchet en camping, c’est quelque chose. Être zéro plastique en plus, là on est vraiment ailleurs. C’est malgré tout avec beaucoup de plaisir (et de patience) que moi, mon copain et mon amie nous nous sommes prêtés au jeu. Beaucoup d’entre vous m’ont dit qu’ils trouvaient l’initiative « juillet sans plastique » intéressante, mais que pour les vacanciers ça serait tout un défi. Eh bien je suis d’accord avec vous! Comme d’habitude, selon moi lorsqu’on se fixe ce genre de défi on ne vise pas la perfection, juste l’expérience et les leçons qu’on peut en tirer.

Blue Marine Systems, http://www.bluebird-electric.net/oceanography/Ocean_Plastic_International_Rescue/United_Nations_Environment_Program_Plastic_Oceans.htm

Déjà à cause du défi zéro déchet, j’ai traîné toute la semaine de camping en camping dans mon auto un sac avec mon recyclage et un autre avec mon compost. Laissez-moi vous dire qu’à la fin de la semaine l’auto sentait vraiment drôle.

Mais là avec le zéro plastique, pas question d’acheter des snacks de tous genres emballés. Donc sur la route, la seule chose qu’on a réussi à acheter comme collation c’est… des bananes. Très excitant. Et pas de sacs de glace pour la glacière! Alors tout ce qu’on s’achetait devait être préparé et consommé le jour même ouf! On oublie le vin frais ou la bière froide le soir au retour des excursions. On a quand même été créatif un soir au bord de l’océan en enterrant une bouteille de vin dans l’eau dans le sable pour la refroidir. On ne dira pas que le zéro déchet ne crée pas de situations amusantes!

Je suis contente que le hasard m’ait amenée sur le bord de l’océan pour le mois de « juillet sans plastique ». Comme pour plusieurs, l’océan et les grandes étendues d’eau me calment et me vivifient. M’exiler sur le bord de l’océan m’a fait un bien fou. Penser que nos habitudes actuelles de consommation puissent mettre en péril ces magnifiques espaces et ces écosystèmes spectaculaires m’attriste énormément.

Greenpeace, http://www.greenpeace.org/canada/en/blog/Blogentry/keeping-zero-plastic-week-alive/blog/45707/

J’ai investigué pour vous la question du plastique dans l’océan. Le plastique finit dans l’océan de plein de façons soit par le vent, les tempêtes, la montée et le retrait des eaux, les marées sur les plages, les bateaux, etc. Une fois dans l’océan, il est transporté au gré des courants et brisé en plus petits morceaux par les vagues, le vent et le soleil si bien qu’il devient très difficile à récupérer par la suite.

WasteWatchers, https://wastewatchers.wordpress.com/tag/5-gyres/

C’est en étant transporté ainsi qu’il finit par s’accumuler dans des régions de l’océan en particulier, connues sous le nom de gyres océaniques. Un gyre océanique est créé par l’action combinée des courants océaniques, des vents et de la rotation de la terre et est tout à fait naturel. Toutes ces forces combinées attirent éventuellement les débris au centre d’un tourbillon où ils restent pris et peuvent même former des îles. Il existe cinq gyres océaniques majeurs, soit deux dans l’océan Atlantique, deux dans l’océan Pacifique et un dans l’océan Indien. On parle de millions de kilomètres carrés de déchets. Le plus gros se trouve dans l’océan Pacifique, entre Hawaï et le Japon, et son « île » de déchets est de la grosseur de la Turquie! On estime que plus de 200 millions de tonnes de débris flottent au centre des gyres océaniques. Ça donne froid dans le dos. Pour plus d’explications sur la formation des îles de déchets au centre des gyres, je vous suggère de visionner ce court vidéo de Greenpeace.

Le sujet vous intéresse et vous aimeriez en savoir davantage? Je vous invite à lire ceci ou ceci ou encore ceci.

Et vous comment se passe votre défi? N’hésitez pas à partager vos impressions et vos anecdotes avec moi dans les commentaires ou en messages privés. J’aime beaucoup entendre vos histoires!

Bonne journée!


Tri et ménage de printemps

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Le printemps est arrivé (enfin il fait beau!) et donne à tout le monde des envies de ménage de printemps. Chez moi, le gros ménage bat son plein depuis la fin janvier déjà, soit depuis le début de mon défi. On me demande souvent par où commencer lorsqu’on veut entreprendre une aventure zéro déchet et ma réponse est la suivante : par un bon tri.

Un bon tri permet de créer de l’espace, de réévaluer ses besoins et de se rappeler ce qu’on a déjà à la maison. Alors on ouvre les tiroirs, les armoires, les garde-robes et les commodes et on fouille! Cette démarche peut être extrêmement frustrante et décourageante parce que c’est long et beaucoup plus difficile que de laisser les objets s’accumuler. En fouillant dans mes affaires, je m’en veux d’avoir accumulé autant de trucs au fil des années. J’aurais vraiment aimé que quelqu’un me parle des règles « Refuser » et « Réduire » il y a longtemps! C’est bien clair; la plupart du temps j’ai envie de TOUT jeter, de faire le vide complètement et de repartir à zéro. Seulement, on se comprend que tout jeter n’est pas vraiment l’idée de ce blogue. Je serai donc patiente et ferai les choses comme il faut.

Sortir les poubelles

Après avoir établi que certains de mes biens devaient partir, j’ai entrepris de m’en débarrasser correctement. J’utilise beaucoup les petites annonces Kijiji pour les objets ayant de la valeur. Lorsque je veux plutôt donner un bien, j’essaie de penser à qui il pourrait vraiment servir avant de penser le donner à un organisme comme Renaissance. Par exemple, j’ai laissé mes vieilles lunettes à mon optométriste, qui les donnera à d’autres personnes dans le cadre d’un programme de réutilisation. J’ai donné des livres à ma bibliothèque et des magazines à un centre de personnes âgées de mon quartier. J’ai trié mes tiroirs et ai donné des stylos et des articles de bureau à un centre de jeunes près de chez moi. J’ai donné des outils que j’avais en double ou qui ne me servaient pas et j’ai disposé de vieux appareils électroniques correctement. La liste des choses dont je me suis départie est longue : produits de nettoyage, produits de beauté, restes de peinture, vieilles batteries, vêtements, etc. Tous ces biens peuvent servir à d’autres. Sinon, on peut en disposer de façon sécuritaire. Je me suis demandé longtemps s’il était préférable de disposer correctement de ses biens plutôt que de les donner et de risquer que les gens les jettent par la suite, et j’ai décidé de favoriser la réutilisation des biens.

Tout ce processus m’apprend progressivement à éviter d’accumuler des biens. J’essaie de réduire mes effets personnels, mes besoins et de contrôler mon goût pour la nouveauté. Si le printemps vous donne également des envies de simplicité volontaire, je vous encourage à diminuer le temps que vous passez près des magasins ou devant la télévision. J’ai personnellement réalisé que moins je recevais de messages me disant que je manquais de quelque chose, moins j’avais l’impression de manquer de quelque chose.

Sortir les poubelles

Finalement, je ne peux pas parler de réduire sans parler de réduire la quantité de lettres et de dépliants qu’on reçoit par la poste. Combien d’entre nous ouvrons chaque semaine notre boîte aux lettres et jetons machinalement le trois quarts de son contenu au recyclage? Des circulaires, des publicités, des magazines, des publications et des lettres inutiles de nos institutions bancaires s’accumulent à l’infini dans nos boîtes aux lettres. Ce n’est pas normal de se demander s’il y a une lettre pour nous dans une malle pleine! J’ai donc pris le temps de remédier à la situation pour éviter la création de ce gaspillage de papier à la source. Je me suis désabonnée des versions papier des magazines et publications que je recevais. J’ai appelé mon institution bancaire pour qu’ils communiquent avec moi par Internet le plus possible et je me suis inscrite à la facture Internet d’Hydro-Québec. J’ai finalement apposé une belle mention « pas de circulaire » au-dessus de ma boîte aux lettres. Vous pouvez faire de même en vous imprimant cette image, à moins que vous aimiez recevoir les promotions du gym ou de la pizzeria du coin.

Bon ménage!


Les cadeaux : les recevoir et les donner

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Mon anniversaire et la récente période des fêtes m’ont amenée à réfléchir sur les cadeaux. Maintenant que j’ai entrepris mon défi, je comprends l’importance de la règle « refuser » et je sais que je dois refuser tout ce qu’on m’offre de superflu. Dans cette perspective, qu’est-ce que je dois faire avec les cadeaux qu’on m’offre?

C’est gentil et poli d’offrir aux gens qu’on aime des cadeaux aux événements spéciaux. C’est même un peu la base. Les règles du jeu ont changé pour moi, car maintenant chaque nouvelle chose qui entre chez moi doit justifier son utilité ou être refusée. Ce n’est pas que j’aie quelque chose contre les objets offerts ou que j’en suis rendue à un stade spirituel où j’ai réussi à supprimer tous mes désirs. Comme tout le monde, j’ai toujours aimé recevoir des cadeaux, admirer leurs emballages et les déchirer avec joie. C’est qu’avec le temps, j’ai simplement réalisé que je n’ai besoin de rien de plus à mon anniversaire qu’à tous les autres jours de l’année. Si j’ai un quelconque besoin, je suis la mieux placée pour y remédier et j’y remédie habituellement rapidement, si bien que comme tout le monde je ne sais jamais quoi demander à Noël. En ce sens, à moins que j’aie demandé qu’on m’offre un bien en particulier, tout ce qu’on peut m’offrir en cadeau sera nécessairement peu utile et superflu.

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Puisque j’ai été proactive cette année, j’ai réussi à éviter de recevoir des cadeaux. Même écrire ces mots fait bizarre; réussir à éviter de recevoir des cadeaux. Je dois dire qu’à date, devoir m’expliquer et devoir être intransigeante par rapport à cela est l’aspect le plus difficile du défi. Quand j’empêche les gens de me montrer qu’ils tiennent à moi de cette manière, je me sens gâtée pourrie et inutilement dure. Est-ce que j’ai envie d’être la grincheuse qui gâche le plaisir de tout le monde et surtout, de ceux qui veulent faire un effort pour me faire plaisir? Et puis quel genre de personne ne veut pas de cadeau, non mais vraiment qui est comme ça.

C’est juste que devant un paquet enveloppé, un objet suremballé dans sa boîte et un bien dont je n’ai pas vraiment besoin, j’ai une mini-crise de conscience. Maintenant que j’ai sérieusement entrepris mon défi, je ne peux pas faire d’exception. C’est difficile et j’ai souvent eu envie de craquer. Je sais par contre que craquer reviendrait juste à ce que ça a toujours été, moi qui déballe un cadeau, moi qui remercie, moi qui essaie de lui trouver une utilité ou une place chez moi jusqu’à ce que je m’en débarrasse inévitablement un jour. Heureusement pour moi, j’ai des amis et une famille extraordinaires qui m’encouragent et acceptent que ce soit comme ça pour l’instant; Charlotte ne veut plus de cadeaux. Malgré le soutien que je reçois, je ne peux tout de même pas m’empêcher de me sentir coupable de leur refuser le plaisir de m’offrir quelque chose qui me ferait plaisir. Du moins sur le coup.

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L’autre problématique à laquelle je suis confrontée est la suivante : qu’est-ce que je fais lorsque JE veux donner des cadeaux aux autres? À Noël, j’ai décidé d’offrir des confiseries faites maison, des activités et des objets essentiels (comme des bas!) à mes proches. Toutes ces choses passent le test du zéro déchet. Pour l’emballage, j’ai fait quelques tests. Bien sûr, l’idéal si on veut respecter les règles serait de ne pas emballer les cadeaux qu’on veut donner ou de les emballer de façon très minimaliste. Noël dernier, j’ai quand même voulu emballer mes cadeaux.

J’ai utilisé les règles de la récupération et de la réutilisation. J’ai prescrit les papiers plastifiés et les choux, mais j’ai utilisé des rubans, que j’ai récupérés et que je peux réutiliser indéfiniment. J’ai enveloppé mes cadeaux dans des sacs de papier brun qui traînaient et dans du papier journal que je suis allée chercher dans les bacs du métro. J’ai finalement décoré le tout avec des cordes de jute, des branches de sapin et des petites cannes de bonbon, tout étant compostable. La petite enveloppe de plastique sur les cannes n’était pas idéale… l’an prochain j’aurai une meilleure idée! Une chose à la fois.

Bonne journée froide les amis!


La première règle du Zéro déchet: Refuser

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Collection Bizzaro! Par Dan Piraro

J’ai appris que « Refuser » est la première règle à suivre si l’on veut réduire le contenu de ses poubelles. Ça consiste, entre autres, à refuser les choses offertes qu’on a tendance à accepter sans réfléchir. On va donc refuser les stylos, pamphlets, journaux, gratuités, échantillons et autres articles promotionnels dont on n’a pas besoin. En les refusant avant de les avoir, on évite de les jeter.

Cette règle a été une réelle révélation pour moi. Avant, je ramassais tout ce qui passait, tout ce qu’on m’offrait, sans me poser de questions. On m’offrait un stylo? Je le prenais et l’enfouissais dans mon sac sans même me demander ce que j’allais en faire. Maintenant, avant de tendre la main vers ledit objet, je m’arrête et réfléchis pendant quelques secondes. Cet instant est suffisant pour me permettre de réaliser que j’ai déjà assez de stylos pour la vie à la maison et que ce n’est pas parce qu’on m’offre quelque chose que je dois le prendre. J’avais peur de quoi, une pénurie mondiale de stylos? Prenez-en le plus possible avant qu’il n’y en ait plus! On m’offrait des échantillons? Maintenant, je peux prendre du recul et réfléchir au fait que j’ai déjà une collection impressionnante de mini contenants à moitié remplis dans ma salle de bain. Et ces trois sachets de sucre qu’on me donne avec mon café? Si j’en utilise toujours un seul, pourquoi en accepterais-je trois? Au cas où j’aie envie de trois sachets ce matin? Non ça n’a pas de sens. Et ces ustensiles de plastique? Cette pile de condiments (et leurs amies les serviettes)? Ce gobelet? Ce sac cadeau? Si je n’en ai pas besoin, je les refuse avant qu’on me les donne.

Là je vous entends penser : « Oui mais tout ça c’est gratuit! » Oui, mais c’est aussi INUTILE. Ça encombre, ça s’accumule, ça prend la poussière et ça prend le bord des poubelles inévitablement lors d’un éventuel ménage de printemps. En gros, ça ne vaut pas la peine. Ce qu’on vise, c’est une salle de bain épurée et propre, une table de travail vide et fonctionnelle et des espaces de rangement organisés. Tous ces éléments ont en commun l’absence de petits trucs inutiles. Ça commence par ça!

Certains se diront peut-être : « Oui mais le mal est déjà fait, c’est déjà créé et que je le prenne ou non, qu’est-ce que ça change? » En fait, ça peut changer pas mal de choses, surtout si de moins en moins de personnes acceptent systématiquement les choses qu’on leur offre. En acceptant tout ce qu’on nous offre, on envoie le signal qu’on accepte et apprécie ce genre de pratique et ce, de façon inconsciente. Mais ça c’était dans une autre vie, parce que je m’engage, à partir de maintenant, à refuser le superflu qu’on m’offre.