Sortir les poubelles

Comment célébrer le Black Friday cette année

Sortir les poubelles

Aujourd’hui, je veux vous parler de l’initiative « Journée sans achat » ou « Buy Nothing Day », qui aura lieu ce 25 novembre. Ce vendredi, les Américains auront congé pour célébrer l’Action de grâce en famille. Ce vendredi, la majorité d’entre eux prendront également d’assaut les centres d’achat de Burlington, d’Houston, de Miami et d’autres villes pour célébrer le Black Friday.

Durant le Black Friday, les magasins offrent des rabais qui sont parfois spectaculaires, parfois pas. Seulement, les commerçants ne font pas de vrais cadeaux : ils offrent des aubaines sur certains items pour que les gens réfléchissent moins avant de les acheter, et pour que, rendus en magasin, ils achètent beaucoup plus dans la frénésie devant tous ces rabais. Des études ont d’ailleurs démontré que le pourcentage de rabais était de loin l’élément principal motivant les achats des consommateurs, bien avant le prix final (!!!) et les besoins. Car ne nous leurrons pas, ce sont les commerçants qui se font la palette cette journée-là, pas les acheteurs.

Ce qui est intéressant avec le Black Friday, c’est que cette tradition est vraiment arrivée au Canada en 2013 seulement. C’est que les Canadiens, comparativement aux Américains, n’ont pas congé cette journée-là (notre Action de grâce est en octobre). Qu’à cela ne tienne, les Wal-Mart, Cotsco et Best Buy de ce monde se sont dit que le Canada était un marché sous-développé et qu’il y avait sûrement beaucoup, beaucoup d’argent à faire ici comme aux États.

Les premières années ont été décevantes pour les multinationales de la consommation, puisqu’ils ont découvert que cette fête de la surconsommation n’allumait pas les consommateurs canadiens autant qu’espéré. En plus, au Québec ils se sont heurtés à un défi supplémentaire, puisqu’à cause de la loi 101 ils ont dû traduire l’expression Black Friday. Ça a donné « Vendredi noir » (très glauque selon moi), « Vendredi fou », « Vendredi aubaines », « Vendredi rabais » bref, un tas d’expressions pas excitantes qui n’ont pas réussi à aller chercher l’engouement que crée l’expression « Black Friday ». On ne parle pas d’un échec cuisant par contre. En 2014, on a estimé qu’un million de Canadiens avaient prétendu être malades pour aller magasiner au lieu de travailler. De plus, chaque année le phénomène gagne en popularité au Canada. Dans la lignée du Black Friday, les commerçants offrent habituellement des rabais tout au long du week-end, ce qui a fait en sorte que plus de 19 millions de Canadiens ont magasiné ce week-end-là l’an dernier.

http://wageconcern.com

Face à cette frénésie collective, le mouvement mondial du « Buy Nothing Day » ou la « Journée sans achat » est né. C’est que ce ne sont pas tous les Américains qui veulent passer une de leurs rares journées de congé en ligne au K-Mart. Le défi de la « Journée sans achat » est de ne pas dépenser d’argent cette journée-là. On s’impose un moratoire de consommation, par défi personnel ou pour manifester notre désapprobation face à cette tradition de marketing débile. Après tout, le meilleur moyen de sauver son argent, c’est de ne pas le dépenser, n’est-ce pas?

Donc en cette journée du 25 novembre 2016, on n’achète rien. On fait son lunch, on marche partout, on fait son café, on fait des activités gratuites et on reste loin des magasins. Et si on veut, on reste dans cette bonne voie tout le week-end. On peut aussi profiter de l’occasion pour réfléchir sur ses habitudes, sur la consommation en général et échanger sur ses impressions avec des amis.

Vendredi, merci de vous joindre à ce défi afin de faire le doigt d’honneur anonymement aux géants de la consommation de ce monde. Merci de vous joindre à moi pour leur dire que leur marketing ne marche pas et ne marchera pas ici, parce que nous sommes des citoyens et non pas des guichets automatiques, et que notre sport national est le hockey, pas le magasinage.

Vendredi, je vais penser à tous ceux qui participent à ce mouvement mondial de contestation silencieuse. Je vais penser à vous, ailleurs que dans des magasins ou en ligne. Finalement, je vais prendre grand plaisir à m’imaginer ces gens, quelque part dans de grandes tours à bureaux, en train de se casser la tête sur le mystère des consommateurs québécois, desquels il n’est pas si facile de soutirer de l’argent.

Bonne journée et bonne chance ce vendredi,

Charlotte xxxxx

 


Au-delà des pesticides : Le bio en 6 points

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Salut tout le monde! Je me permets aujourd’hui de m’écarter légèrement de ma ligne éditoriale zéro déchet pour parler d’un sujet que mes études m’ont permis d’approfondir, j’ai nommé le bio. Car oui, les mercredis soirs, été comme automne, j’embarque sur mon vélo pour aller chercher mon panier bio en vrai hippie grano-chic que je suis.

Depuis que j’étudie en agronomie, j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de réfléchir à ma position sur l’agriculture biologique. J’ai découvert que le débat autour du biologique se résume souvent à cette question : Est-ce que ça vaut la peine de manger biologique pour consommer moins de pesticides, ou non? Il existe des études scientifiques allant dans tous les sens sur la question des traces de pesticides sur les fruits et légumes, et c’est pour ça que certains diront que ça vaut la peine, d’autres non. Je trouve dommage que souvent le débat s’arrête là. On choisit de manger bio pour beaucoup d’autres raisons, et laissez-moi utiliser la petite expérience que j’ai acquise en agriculture pour vous expliquer les autres avantages du bio, en 6 points.

  1. La santé de nos sols et de notre environnement

Je crois sincèrement que la majorité des agriculteurs aimeraient que leur pratique soit le moins dommageable possible pour l’environnement. Malheureusement, la compétition avec les fruits et légumes californiens et mexicains bons marchés pousse les agriculteurs à utiliser les produits qui leur permettront d’avoir rapidement les meilleurs rendements possibles. Il y a aussi les consommateurs qui veulent des aliments parfaits parfaits, forçant les agriculteurs à appliquer doses de pesticides après doses de pesticides pour contrôler les ravageurs. L’agriculture biologique permet aux agriculteurs de se libérer du cercle vicieux des pesticides. Ce faisant, ils développent des techniques qui sont plus respectueuses de l’environnement. Ce n’est pas facile et ça demande du temps, des efforts et de la créativité et c’est génial parce que les consommateurs acceptent de payer une prime pour ces aliments.

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  1. Ramener l’agriculture ici

Encore une fois, c’est une question de valeurs. Plusieurs personnes pensent qu’il serait mieux de faire pousser notre nourriture en Chine et au Mexique, où les coûts de production sont moins élevés. Ces produits sont moins chers, et la facture d’épicerie des consommateurs serait moins élevée.

Personnellement, je pense que nous devrions avoir des fermes et de l’agriculture dans notre pays, même si ça coûte plus cher aux consommateurs et aux contribuables qu’importer notre nourriture. Parce que les agriculteurs s’occupent bien de nos terres, parce que notre histoire agricole fait partie de notre histoire et parce que nos régions agricoles méritent d’être gardées vivantes. Est-ce que manger local coûte plus cher? Oui, parce que les travailleurs agricoles sont payés au salaire minimum, qu’ils ont des congés et de l’assurance-maladie et parce que nos réglementations environnementales sont parmi les plus exigeantes au monde. Puisqu’il y a engouement pour le bio et que beaucoup de jeunes aspirent à retourner en région pour partir des fermes bios, une des façons de ramener l’agriculture ici c’est d’acheter local et bio.

  1. Le retour à un mode de vie plus sain pour les agriculteurs

Je pense que les agriculteurs, qui travaillent très fort, devraient bien vivre de leur métier. Dans les faits, les agriculteurs vivent souvent des vies stressantes avec d’importantes pressions financières. Ils sont à la merci des conditions climatiques et des prix du marché. D’ailleurs, on s’en rend compte quand on voit que souvent la relève agricole n’est pas au rendez-vous (on est pas mal tous d’accord que c’est une vie qui semble beaucoup plus difficile et exigeante qu’une vie de bureau de 9 à 5). Avec l’agriculture bio, c’est différent. Il y a une discussion entre les consommateurs et les producteurs. Le producteur explique ce que ça lui coûte de produire ses aliments. Le consommateur lui répond qu’il veut payer un prix raisonnable, mais qu’il est prêt à payer une prime pour des bons produits. Et c’est au fil de cette conversation que le prix est fixé. Ce n’est pas la bourse, ni le prix des engrais chimiques, ni le prix du pétrole, ni la valeur en bourse des compagnies agrochimiques qui dictent le prix. La vraie indépendance, c’est ça.

  1. La santé de nos agriculteurs

Bien que les pesticides ne soient pas dangereusement présents sur nos fruits et nos légumes lorsque nous les achetons, ils sont tout de même présents dans l’air et l’eau dans nos régions agricoles. Les agriculteurs qui appliquent les pesticides y sont exposés, malgré les précautions qu’ils prennent. Les fertilisants et les pesticides s’infiltrent dans les sols et les nappes phréatiques, si bien que les sources d’eau potables de nos belles campagnes sont souvent contaminées. Ceux qui en souffrent, ou disons ceux qui risquent d’en souffrir, sont les mêmes qui travaillent si forts à nous nourrir. C’est pas juste ça, non?!

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  1. Le début d’une réflexion

Les aliments ne sont pas un bien de consommation comme les autres. On peut vivre sans meuble, sans linge, sans électronique mais on ne peut pas vivre plus de trois jours sans nourriture. Ce n’est pas normal de chercher à payer le moins cher possible pour sa nourriture. Ce n’est pas normal de faire son épicerie à la même place où on achète des télés et des meubles. Il y a des gens et des compagnies qui travaillent très fort pour nous faire oublier que derrière chaque fruit et chaque légume il y a un sol, une source d’eau et des gens. Je pense qu’on ne peut pas les laisser nous faire oublier tout le travail nécessaire à faire pousser de la bonne nourriture. Lorsqu’on leur laisse ce pouvoir, on devient déconnecté et on leur laisse le contrôle de nos terres et de notre santé.

J’ai eu la chance d’être élevée dans une famille où il n’y a jamais eu de compromis sur la qualité de la nourriture. En vieillissant, j’ai réalisé que trop de personnes consomment de la nourriture comme des produits, en cherchant à payer le moins cher possible. Payer le moins cher possible pour de la nourriture, vraiment? Quand est-ce que c’est devenu une valeur collective ça!?

  1. Les légumes biologiques sont à peu près un million de fois meilleurs au goût que les légumes du Cotsco

Sans blague. La perspective d’une salade pour souper ne vous excite pas plus qu’il faut, ou vous avez de la difficulté à faire manger des légumes à vos enfants? Demandez-vous si c’est peut-être parce qu’objectivement, vos légumes goûtent fades. Ou l’eau, ou amer, ou le contenu du sac de la tondeuse. Je pense qu’honnêtement, on aurait moins de problèmes de santé et de poids si nos légumes goûtaient toujours aussi bons que les légumes de notre jardin.

Dans un monde où bien souvent on se sent impuissant face à la dégradation des milieux naturels et autres drames écologiques, savoir que je vis davantage enlignée sur mes valeurs en achetant mon panier bio m’amène un bonheur énorme. Je vous préviens par contre : si vous commencez à manger des légumes frais et bios, vous risquez d’avoir de la misère à retourner aux légumes moches pas mûrs du Mexique. Vous aurez été prévenus.

Bonne journée tout le monde,

Charlotte xxxx

P.S. Le site Web d’Équiterre te permettra de trouver un fermier bio qui livre près de chez toi 😉


J’ai assez de linge.

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Parlons linge. Parlons de la quantité gênante de linge que la majorité d’entre nous possède. Là je ne veux pas que les garçons qui me lisent se disent que cet article ne les concerne pas. Cet article ne parle pas de mode, mais de choses. Et je sais que vous en avez aussi, des tiroirs pleins et des piles de t-shirts.

J’ai longtemps cru que la façon écologique de s’habiller consistait à devenir un/une pro des friperies. J’en ai fait beaucoup, mais j’ai de la misère. Comme beaucoup, je suis coquette, j’aime le beau linge, je suis quand même les tendances et j’aime être bien habillée. J’ai SOUVENT envie de nouveau linge. Pas qu’il n’y ait pas de belles choses dans les friperies, mais on s’entend qu’on n’est pas dans le chic. Est-ce que c’est même possible d’être écolo et… bien habillée? Suis-je trop… superficielle? Peut-être, mais je n’y peux rien; la perspective d’une vie dans du linge de friperie usagé et jamais tout à fait à ma taille me déprime.

C’est à force d’arpenter les friperies que je me suis rendue compte que c’était plutôt l’idée même d’avoir besoin de nouvelles choses que je devais remettre en question. Ce dont j’avais besoin, c’était d’apprendre à me contrôler. À mon humble avis, je crois qu’on peut être bien habillé et écolo. Suffit juste de penser à quelques trucs et de se demander… de combien de vêtements ai-je vraiment besoin?

J’ai récemment vécu plusieurs mois avec 5 t-shirts. C’est extrême, mais c’est vrai que c’est possible et j’ai survécu. Je ne dis pas que je veux continuer de vivre avec 5 morceaux, mais ça m’a fait réaliser que j’avais assez de linge en ce moment dans ma garde-robe à Montréal. Quand tu peux passer trois semaines sans jamais reporter les mêmes choses, tu as assez de linge.

Se sentir obligée de renouveler continuellement sa garde-robe est presqu’aussi absurde que de ne pas être capable de trouver, jamais, des vêtements fabriqués par des gens travaillant dans des conditions décentes. Comme le rappelait la merveilleuse Mélissa de La Fontaine dans un article récent, les vêtements qu’on achète sont fabriqués par des femmes… et des enfants… Ouch mon cœur que je m’arrête pour y penser. Me semble qu’il n’y a rien qui vaut que quelqu’un travaille dans des conditions terribles… non? On cherche le café et le cacao bio et équitable, pourtant pour le linge, l’offre n’est pas là. Et la demande non plus. Je ne veux pas être ultra-déprimante, mais n’oublions pas aussi que plusieurs aspects de la production des vêtements, de la production du coton aux teintures chimiques qui finissent dans les cours d’eau, sont très polluants. Il faut donc revoir notre relation avec l’achat de linge.

Des vêtements pleins… de plastique?

Quand on pense pollution par le plastique, on pense bouteilles d’eau et emballages d’aliments. En fait, il semblerait que le vrai problème du plastique dans la nature et dans l’océan serait l’œuvre de choses bien plus petites; les nanoparticules de plastique. Ce type de plastique, invisible à l’œil nu, est très souvent camouflé dans nos vêtements. On connaît le problème des microbilles de plastique (dans les produits cosmétiques entre autres), mais ici on parle de particules souvent invisibles à l’oeil nu ou même de la taille d’une cellule humaine!

Avez-vous déjà remarqué que vos vêtements deviennent plus raides, moins soyeux et moins lustrés après quelques lavages? Le réflexe, c’est d’accuser notre laveuse et son option cycle délicat ou nous-mêmes de ne pas laver notre linge à la main (rien d’autre à faire, tsé). La vérité, c’est que notre linge est conçu pour devenir raide grâce aux microfibres de plastique. Les microfibres de polyester, de nylon et d’acrylique sont insérées à même les tissus et quittent notre linge lors du lavage. On estime que jusqu’à 1900 microfibres de plastique peuvent quitter un morceau de linge à chaque lavage. Multiplions cela par le nombre de vêtements par brassée, par le nombre de brassées, par le nombre de maisons… Jusqu’à ce que notre linge, surtout les morceaux de mauvaise qualité, soit raide, raide, raide. Ce sont des millions de microfibres qui se retrouvent dans les écosystèmes marins chaque année. Comme les petits morceaux de plastique, ces derniers sont ingérés par les animaux aquatiques et s’accumulent dans leurs corps au sein même de leurs tissus causant une panoplie de problèmes. Devons-nous comprendre que si elles s’accumulent au sein de leurs tissus, elles s’accumulent au sein des nôtres lorsque nous mangeons du poisson? Il y a peu d’études sur le sujet (c’est d’ailleurs un gros problème), mais tout porte à croire que oui.

Maintenant que je sais ça, me semble que je le vois. Quand je touche un tissu au magasin et que je vois que c’est très doux, je sais que c’est trop beau pour être vrai, que ça doit être l’effet du plastique. Surtout quand c’est 17.99$.

Qu’est-ce qu’on peut faire alors, dans ce tourbillon de mode et de consommation, pour s’habiller cute sans se sentir coupable?

Tout d’abord, on peut, s’il vous plaît, arrêter d’acheter du linge de mauvaise qualité. Réalisons collectivement que c’est à coup de 17.99$ qu’on dépense des centaines de dollars pour des vêtements chaque année. On doit essayer d’acheter des morceaux de meilleure qualité et robustes, et tenter le plus possible de privilégier les fibres naturelles comme le coton biologique, la laine et le lin.

On peut également acheter usagé! Je sais que j’ai commencé cet article en vous donnant tout sauf le goût d’aller dans une friperie, mais c’est vraiment pratique des fois! J’y ai trouvé des chandails, un jeans, un manteau… Si j’avais des enfants, je n’irais que là pour eux. En plus, on peut se dire que si les vêtements sont encore beaux dans les friperies, ils risquent de rester beaux pour encore beaucoup de lavages. Aussi, on contribue à faire rouler le marché d’occasion où les ressources ont déjà été exploitées et si en plus on peut soutenir des organismes comme Renaissance, ça vaut le coup.

Finalement, on peut réaliser, comme moi, qu’on a bien assez de vêtements. Malgré ce sentiment de manque qu’on ressent, qui n’est pas le reflet de la réalité. Je terminerai là-dessus en vous invitant à aller jeter un coup au Guide du vêtement responsable d’Équiterre!

Juillet sans plastique, version 2.0

http://www.gosfordest-p.schools.nsw.edu.au/news/plastic-free-july

Parlant de plastique, êtes-vous prêt pour le défi Juillet sans plastique?!? L’an dernier, vous avez été nombreux à me suivre dans ce défi, qui consiste à éviter le plastique à usage unique pendant le mois de juillet. On fait ça pour se rendre compte de l’omniprésence du plastique dans notre quotidien, pour adopter de nouvelles habitudes meilleures pour l’environnement et pour se lancer un défi personnel! Je vous ai raconté mes défis, mon camping zéro déchet et je vous ai montré mon plastique du mois. On refait ça cette année, mais en mieux! Si l’initiative vous intéresse, je vous invite fortement à lire mon article là-dessus, ainsi qu’à vous inscrire sur le site de l’initiative pour trouver des trucs et des conseils!

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Bonne journée et bonne chance à tout le monde qui commence le défi vendredi! Go GOOO!

Charlotte xxxx

 


Mes débuts dans le zéro déchet: inspirations et optimisme

Résultat du défi « Juillet sans plastique »!

Salut tout le monde! Aujourd’hui, je vous invite à découvrir Amélie, du superbe blogue Bric à bacs. Amélie a mis sur pied cette petite mine d’or d’informations afin d’informer et de sensibiliser les gens sur certains enjeux environnementaux et surtout, sur la gestion des déchets! Elle vous raconte ici ses débuts dans l’aventure zéro déchet et certaines de ses réflexions d’écolo imparfaite. Gageons que vous allez vous y reconnaître! Bonne journée xxxx

Insufflez un vent d’optimisme

C’est avec plaisir que j’ai accepté l’invitation de Charlotte à collaborer à Sortir les poubelles et de partager quelques-unes de mes réflexions sur le sujet qui l’intéresse et qu’elle documente généreusement avec son blogue. Depuis près de 8 mois, j’ai emprunté la route vers le zéro déchet. Mon aventure a commencé en juillet dernier, alors que je me suis engagée à participer au défi « Juillet sans plastique ». L’objectif : réduire la consommation d’emballages en plastique à usage unique pendant un mois. Ce qui semblait au début un défi quasi insurmontable (et perturbant pour certaines personnes de mon entourage : je n’allais quand même pas m’empêcher de vivre pour éviter d’acheter des choses contenant du plastique…) a été un tremplin vers des changements durables.

En plus d’intégrer de nouvelles habitudes et de vivre davantage en cohérence avec mes valeurs, j’ai depuis découvert une multitude d’initiatives inspirantes qui contribuent chacune à leur manière à construire un monde meilleur. Le zéro déchet s’inscrit à mon avis dans un mouvement planétaire plus large, très diversifié, qui propose de reconnecter avec notre environnement et l’humanité.

Aujourd’hui, malgré l’importance du travail à réaliser pour que des changements durables soient mis en place, c’est avec optimisme que je regarde l’avenir… et j’aimerais le partager avec vous!

Réduire et reconnecter avec le savoir-faire

Mon rythme vers le zéro déchet est probablement plus lent que certain-e-s, mais je suis convaincue que nous devons nous écouter pour apporter des changements durables à notre mode de vie. Charlotte l’expose d’ailleurs très bien dans son bilan de 2015, accepter ses limites et ne pas utiliser de l’huile de coco même si c’est LE produit miracle qui permet de tout faire, c’est aussi un choix sain (et meilleur pour sa peau).

Peu à peu, j’ai intégré plein de nouvelles habitudes : acheter en vrac avec mes propres contenants, cuisiner pour éviter d’acheter des produits (sur)emballés (barres tendres, pesto, hummus, faire des gnocchis car je n’ai pas trouvé de pâtes en vrac près de chez moi, congeler des fruits d’été, canner de la sauce tomate, etc.), trouver des alternatives aux produits de soins personnels (comme le shampoing en barre – et le déo que je m’engage à faire quand j’aurai fini celui que j’utilise actuellement). La liste de choses à faire est encore longue, mais c’est loin d’être décourageant : il y a beaucoup de place à l’amélioration et tant de choses à apprendre!

Parce que zéro déchet, c’est aussi synonyme de nombreux apprentissages. C’est une chose que j’apprécie particulièrement : réduire ma consommation d’emballages me permet peu à peu de reconnecter avec le savoir-faire. Faire davantage de choses avec mes mains plutôt que d’opter pour des produits prêts-à-consommation-immédiate est aussi un moyen efficace de décélérer le rythme effréné du quotidien et de connecter avec soi. De prendre le temps.

Nord

Cabane à bouquins pour partager ses livres à Montréal

Collaborer, partager et agir : la société en mouvement!

Cuisiner, réparer, s’informer sur les produits pour choisir celui qui est plus local, éthique, durable, voir chaque matière comme une ressource qui pourrait être valorisée autrement… le zéro déchet mène à des réflexions beaucoup plus larges sur la consommation. Et heureusement, nous sommes entouré-e-s de gens, de projets, d’initiatives et d’innovations qui injectent une bouffée d’optimisme quotidienne. Que ce soit l’Ocean clean up, qui vise à nettoyer les plastiques de l’océan d’ici 10 ans, ou encore des entreprises d’ici qui travaillent à accroître l’écoresponsabilité dans un secteur d’activité (garderies, établissements de santé, pharmacies) : plusieurs s’organisent pour que se concrétisent les transitions nécessaires à une société viable.

L’année 2016 a bien commencé. Avec toute la visibilité qui a été donnée aux blogueuses zéro déchet, force est de constater que ce mouvement (qui était initialement marginal) intéresse de plus en plus de citoyennes et de citoyens. Dans la Capitale-Nationale, le groupe Zéro déchet ville de Québec a presque triplé dans les derniers mois et atteint près de 1 000 membres. La Radio NRJ, qui n’est pas particulièrement reconnue pour sa sensibilité environnementale, m’a récemment proposé une entrevue d’une heure pour parler de zéro déchet. L’animateur, Mario Tremblay, s’est même engagé à rapporter son sac réutilisable la prochaine fois qu’il ferait l’épicerie. Un petit geste témoignant d’une ouverture concrète sur le sujet!

Les changements s’opèrent au niveau individuel, mais aussi collectif. Plusieurs actions bien réelles sont en cours à grande échelle : bannissement des sacs de plastique à Montréal, projet de loi canadien contre le gaspillage alimentaire, mouvement social pour une transition vers des énergies propres, etc. Nous avons de quoi être optimistes!

Finalement, la croissance de l’économie collaborative (et pas l’ubérisation – voir cet article du Devoir qui expose très bien les enjeux opposant ces deux projets) est pour moi une source d’inspiration de taille. Des événements de troc d’objets, des ateliers de réparation, un réseau pour échanger des services, des frigos collectifs, des sites de partage de connaissances, d’idées et d’informations pour réparer : voilà tant d’initiatives qui contribueront à construire une société plus juste, inclusive et écologique.


Noël zéro déchet, version 2015

Sortir les poubellesHo Ho Ho tout le monde!

Ça commence à sentir le temps des fêtes par ici et je suis trèèèès excitée par la perspective d’avoir plusieurs jours de congés bientôt. Et bien sûr, fidèle à mes aspirations, je tenterai de faire de cette période festive une période simple, minimaliste et zéro déchet!

Je trouve qu’il existe beaucoup de belles ressources sur Internet pour trouver des idées sur comment recevoir, donner et décorer simplement et sans trop de bébelles. On dirait que le tourbillon de consommation, de stress et de papiers d’emballage commence à puer au nez de plusieurs, et je suis très heureuse d’être aux premières loges de ce changement. Cette année, je tenterai de faire en sorte que mon temps des fêtes soit une suite de beaux soupers et de belles activités, tout ça entrecoupé de 48h en pyjama bien senti. Par où commencer? Voici mes réflexions version Noël 2015.

Les cadeaux

Les cadeaux. Le cauchemar du minimaliste en toi. On passe l’année à rien vouloir vraiment et à désencombrer nos maisons et PAF! Tout d’un coup tout le monde veut notre liste. Pas de panique. Voici mes 10 idées favorites de choses à recevoir et à donner cette année :

  1. Donner à des organismes au nom de quelqu’un : Ok, ça ne sonne peut-être pas comme un vrai cadeau, mais moi ça me ferait VRAIMENT plaisir si quelqu’un me disait que je n’aurai pas de bébelles de cuisine ou de yoga cette année et qu’au lieu Équiterre ou la Fondation David Suzuki recevront l’équivalent en argent. Vraiment plaisir (avis à ma famille!). Dans le même ordre d’idées, ça me ferait plaisir si quelqu’un faisait un don pour planter des arbres quelque part dans le monde en mon nom grâce à une initiative comme Tree Nation.
  1. Les cadeaux fait maison : Ça c’est chouette!!! Et puisque c’est plus d’efforts que de simplement acheter quelque chose, c’est tellement plus personnel. Les produits cosmétiques ou les produits pour le corps faits maison sont un gros succès cette année!
  1. De la bouffe : Biscuits, friandises, plats cuisinés, etc. Avec un peu de travail, je fais des trucs pas mal bons qui font plaisir à leurs destinataires.
  1. Les cadeaux pour une cause : Avis à tous ceux qui cherchent des cadeaux pour des enfants! À travers plusieurs organismes, il est possible de parrainer un animal en danger ou d’aider à restaurer l’habitat d’une espèce menacée grâce à l’achat d’un jouet. Je vous recommande chaudement le site du World Wide Fund, le site du Climate Store et le site du Nature Conservancy. J’adore le programme « Adoptez une espèce » du World Wide Fund. Les peluches sont adorables, et on reçoit même un reçu pour les impôts.
  1. Une sortie : Au Jardin Botanique, au planétarium, au cinéma… Toujours gagnant.
  1. Un dîner au restaurant : Super idée cadeau à offrir et recevoir, surtout si le restaurant est original. Barbecue coréen, nourriture afghane, resto végétalien cru, il existe tellement de choix!
  1. Un soin relaxant : On peut se mettre à plusieurs pour l’offrir!
  1. Des billets de spectacle : Il existe tellement de bonnes pièces de théâtre et de bons spectacles d’humour. On en achète deux et on s’invite!
  1. L’incontournable carte cadeau : Je pense qu’il est préférable d’offrir une carte cadeau d’un endroit qui plait à son destinataire plutôt que d’acheter n’importe quoi. Ce n’est pas l’option la plus personnalisée, mais faute d’alternatives intéressantes, ça dépanne.
  1. Le bien qu’on consomme (et son emballage qu’on recycle) : Chocolat, thés ou cafés, vin ou bière, confitures, fromages, etc.
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Échelle de plantes de Noël!

L’échange de cadeaux est une idée géniale pour ne pas surconsommer à Noël. J’organise un échange de cadeaux dans ma famille et chaque personne a pigé une personne et s’y consacre, si bien que les cadeaux sont plus réfléchis. Au lieu d’acheter huit cadeaux, j’en achète un. J’y ai vraiment pensé et il est super! Tout le monde est content de cette initiative et arrive à Noël vraiment moins fatigué.

Personnellement, ce Noël j’ai l’ambition de faire plein de bonne bouffe. Je trouve que ça fait les meilleurs cadeaux (surtout quand on peut les congeler et les décongeler quand le frigo est vide!). Et même si je compte acheter quelques biens comme des livres, je me suis assurée qu’ils rendraient réellement leurs destinataires heureux, parce qu’un cadeau bien pensé vaut mieux que mille cadeaux insignifiants.

La décoration

Je suis un peu un retard cette année sur les décorations de Noël. Je sais par contre que j’en ai peu et que j’ai tout ce qu’il me faut, si bien que je n’en achèterai pas. Si j’achète quelque chose pour décorer ce sera un arbre de Noël véritable puisque, selon la Fondation David Suzuki, c’est l’option d’achat la plus écologique.

Les emballages

Les papiers d’emballages colorés et brillants ainsi que les boucles, les rubans et autres, sont faits de trop de matériaux différents pour être recyclés. À défaut de les réutiliser, ils finissent habituellement à la poubelle. J’ai écrit sur le sujet l’an dernier (un de mes premiers articles! Un an déjà!). Mes cadeaux seront emballés dans des papiers recyclés comme des journaux et auront des boucles recyclables parce que c’est beau et que je vais sauver pas mal d’argent en n’achetant pas d’emballages superflus.

Voilà! J’espère vous avoir inspiré à simplifier votre temps des fêtes! Plus que 14 dodos! Bonne journée xxxx


Le livre The Garbage Project et l’histoire du guacamole de 25 ans

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Dernièrement, j’ai lu un livre fascinant qui mérite bien un petit billet : Rubbish! The Garbage Project. Oui, un livre sur les poubelles. Il y a quelques mois, une de mes connaissances avait publié sur Facebook un article qui racontait les recherches d’un groupe d’archéologues modernes qui étudiaient le contenu de nos vidanges. Parmi leurs trouvailles, ils avaient trouvé et réussi à identifier du guacamole âgé de 25 ans. 25 ans!!! Je devais absolument trouver le livre dont l’article faisait mention et me pencher sur le mystère du guacamole non décomposé.

Le livre raconte l’histoire d’une équipe d’anthropologues et d’archéologues qui ont trié et étudié des poubelles aux États-Unis pendant plus de 20 ans pour mieux comprendre cette société. Leur champ d’études? La rudologie, une vraie de vraie science, avec ses lettres de noblesse et tout. Armés de pinces et de gants, ils ouvrent les poubelles et descendent dans les montagnes de déchets pour prendre des échantillons avec des « carottes » comme celles utilisées pour prendre des échantillons de glace en Arctique. Ils fouillent dans des trucs dégueux et sentent constamment la poubelle.

Avec leurs recherches, ils mettent fin au mythe suivant : les matières organiques se décomposent dans les dépotoirs. Non, parce que pour que la décomposition ait lieu, les micro-organismes ont besoin d’oxygène pour travailler. Dans les dépotoirs, compactées et asphyxiées sous les couches de plastique et autres matériaux, vos pelures de patate se momifieront plutôt que se décomposer. L’air ne circule pas, donc les micro-organismes ne peuvent pas décomposer nos restes de table. Il y a certes un peu de décomposition anaérobique (sans oxygène) qui s’opère, mais cette dernière est incroyablement lente. La preuve que les matières organiques ne se décomposent pas ou pas bien dans nos dépotoirs géants est ce guacamole vieux de 25 ans. Qu’ont-ils trouvé d’autre de « compostables »? Des hot-dogs vieux de 40 ans (les préservatifs aident, j’imagine), une tête de laitue vieille de 25 ans qui avait l’air de celles qu’on oublie dans le frigo, un T-bone vieux de 16 ans, etc.

Et comment ont-ils daté toutes ces belles choses? Grâce à des journaux et des factures datant d’aussi loin que 1952, retrouvés tout près et encore parfaitement lisibles… Là c’est le moment où j’insère subtilement un lien vers mes articles sur le compostage et le vermicompostage. Composter est la façon de s’assurer que nos restes de table se décomposent pour refaire des ressources, plutôt que de se perdre.

Mais le but premier de leurs recherches n’était pas d’établir que du guacamole de 25 ans, ça existe; c’était de comprendre certaines choses sur cette société et la vie des gens. En fait, c’est que nos poubelles ne mentent pas sur nos habitudes de consommation et racontent des histoires que nous ne voulons pas nécessairement raconter. Par exemple, leurs fouilles ont montré que les gens disent consommer systématiquement moins d’alcool qu’ils en consomment réellement. Et de sacs de chips, par le fait même. Qu’est-ce que nos poubelles racontent sur notre consommation de drogues, de « junk food », d’antidépresseurs, de médicaments et de pilules? Ce ne sont pas mes exemples, mais ceux du livre. Je ne suis pas en train de dire que ces choses sont mauvaises, mais elles relèvent l’existence de certains problèmes profonds dans nos sociétés. Nos poubelles donnent des informations qu’aucun sondage ne révélera réellement.

Et quelles furent leurs conclusions, après plus de 20 ans à fouiller dans nos poubelles? Pour commencer, que nous en produisons BEAUCOUP trop et qu’il faut absolument repenser notre société d’obsolescence programmée avant d’avoir besoin d’un autre continent pour mettre nos déchets. Aussi, ils suggèrent de facturer les gens en fonction de la quantité de déchets qu’ils produisent. Plus tu jettes, plus tu paies. Intéressant, surtout que c’est une approche que plusieurs villes dans le monde ont déjà adoptée. À San Francisco, par exemple, les habitants paient pour qu’on ramasse leurs sacs de poubelles, de compost et de recyclage. Le ramassage du sac de poubelles est beaucoup plus dispendieux que celui du compost et du recyclage. Les gens sont ainsi encouragés à recycler et composter au lieu de simplement jeter, et des employés passent régulièrement dans les quartiers résidentiels pour donner des avis et des amendes à ceux qui compostent ou recyclent mal. Il y a aussi de grands efforts de sensibilisation à travers la ville, si bien que le système fonctionne très bien et qu’il est rentable. Si cela vous intéresse, je vous invite à lire ceci ou ceci !

Je terminerai en disant que les trouvailles les plus importantes ou les plus intrigantes de l’équipe de recherche devaient se retrouver dans un musée consacré à l’étude des poubelles. Mais la vie en aura décidé autrement, car quelqu’un aurait malencontreusement jeté les sacs contenant tous ces biens… aux poubelles. Ironique vous dîtes?

Bonne journée tout le monde xxxxxx


Visite d’une usine de production et de recyclage de plastique

Sortir les poubelles

http://www.polyform.com/nouvelles-en-details/detail/2015-07-06/recyclage-du-polystyrene-expanse-un-nouveau-point-de-collecte-chez-polyform

Un des effets collatéraux de mon défi et de mon blogue, c’est de rencontrer des gens intéressants et de vivre des expériences qui sortent de l’ordinaire. Comme donner une conférence, passer à la radio ou visiter une usine de recyclage et de production de plastique.

Alors qu’est-ce que je faisais par un beau vendredi matin ensoleillé sur la 10 en direction de Granby? Eh bien, figurez-vous donc que suite à mon article sur « Juillet sans plastique » et mes quelques articles subséquents sur le plastique, Philip, responsable marketing chez Polyform, m’avait invitée à venir visiter leurs installations de production et recyclage de plastique. J’étais sceptique et quelque peu réticente au début je l’avoue, ne comprenant pas trop pourquoi on m’offrait une telle opportunité. Après quelques échanges de courriels et quelques recherches Google, nous avons fixé une date. J’ai laissé mes appréhensions de côté et je me suis dit YOLO pourquoi pas c’est objectivement une opportunité géniale d’y comprendre quelque chose.

Et quelle bonne idée ce fut. Ça n’a pas changé mon opinion du plastique comme substance toxique et nocive pour l’environnement. Je pense toujours qu’au quotidien nous devons éviter le plastique au maximum parce qu’éviter de produire (et gaspiller) les ressources est TOUJOURS l’option à préconiser. Mais cette visite a mis plusieurs choses en perspective.

Sortir les poubelles

Vous connaissez peut-être l’entreprise Polyform si votre municipalité ou votre écocentre fait la cueillette du plastique numéro 6 (le polystyrène). Le plastique numéro 6 n’est pas ramassé lors de la collecte hebdomadaire de recyclage, mais est recyclable. Cette entreprise, en plus de produire ce genre de plastique, est équipée pour le recycler. Ce partenariat avec les écocentres et certaines municipalités existe depuis quelques années déjà et les gens sont encouragés à déposer dans des bacs leurs articles de « styrofoam », traditionnellement les gobelets de café, les barquettes à l’épicerie et les emballages de protection.

Si le polystyrène est recyclable, pourquoi n’est-il pas recyclé? La réponse est simple : parce qu’un article de polystyrène est constitué de 98% d’air et seulement 2% de matière. C’est donc dire qu’il faut en avoir et en avoir du polystyrène pour avoir de la matière. Ainsi, le transport et la collecte ne sont pas rentables et très peu le font, sauf certains comme Polyform. Et pourquoi eux le font-ils, même si selon leurs propres dires ce n’est pas rentable comme opération? Parce que cela fait partie de la culture de leur entreprise d’essayer de limiter la pollution ultérieure que l’utilisation de leur produit peut engendrer. D’ailleurs, un rapide coup d’œil à leur fiche de prix et mentions montre que le souci de l’environnement est un sujet qui leur tient à cœur. Juste l’année dernière, ils ont recyclé 5 000 000 kg de plastique de tout genre.

Lors de ma visite, j’ai vu des installations assez spectaculaires, des machines énormes et bruyantes et des blocs de polystyrène monstrueux. J’en ai aussi appris sur la complexité du recyclage du plastique. Par exemple, j’ai appris que dans une simple bouteille de coke, il y a trois différentes sortes de plastique: une pour le bouchon, une pour la bouteille et une pour l’étiquette. C’est pour cette raison que le recyclage est un casse-tête : parce qu’il existe beaucoup de sortes et de qualités différentes de plastique. Il y a aussi le problème du décyclage du plastique, dont je parlais dans mon article sur le recyclage. En gros, recycler le plastique revient en fait à le décycler. Décycler veut dire que lorsqu’on trie tous les items de plastique provenant des collectes et qu’on les refond ensemble, le plastique résultant sera de moins bonne qualité, moins « pur ». Sa valeur sur le marché est fortement réduite. Si ça vous intéresse, n’hésitez pas à retourner lire mon article.

Sortir les poubelles

Mais revenons à cette perspective gagnée dont je vous ai parlé plus haut. C’est facile lorsqu’on embarque dans un défi comme le mien de perdre de vue une perspective globale de l’enjeu de la production des déchets en se concentrant uniquement sur le je-me-moi. Je ne fais plus de déchets et je transporte ma tasse réutilisable. Je ne suis pas responsable de la pollution des autres et on ne peut plus me blâmer. C’est facile de tomber dans ce piège et de devenir déconnecté de la réalité. Dans les faits, mon magasinage en vrac a bien peu d’impact si on pense à toutes les compagnies qui consomment et polluent comme si on avait mille planètes terre. Je pense qu’il faut travailler au niveau de l’individu et de la conscientisation bien sûr, mais également avec les compagnies pour s’attaquer réellement au problème. Pendant que j’ai peut-être réutilisé 2 gobelets de styrofoam dans la dernière année, Polyform a recyclé 5 000 000 kg de plastique l’année dernière. On n’est pas dans le même ordre de grandeur ici. Donc le problème n’est pas l’industrie du plastique : le problème c’est que le plastique est trop répandu et mal recyclé. Pointer du doigt qui que ce soit n’est pas productif, parce que le doigt reviendra inévitablement pointer sur… soi.

Y a-t-il moyen de changer les choses et les moyens de production à l’interne pour que la production soit plus durable? Je dois dire que sur ce point, cette entreprise m’a vraiment impressionnée. Et surtout, je suis contente que cette visite m’ait rappelé que derrière toutes les compagnies et toutes les industries, il y a des gens. Et la très grande majorité de ces gens sont comme vous et moi et ne passent pas leur temps à chercher activement des moyens de détruire le monde. Est-ce que les gens que j’ai rencontrés chez Polyform veulent que nous consommions du plastique partout et tout le temps? Non, ils pensent comme moi que le plastique devrait être utilisé où il nous sert vraiment, soit lorsque nous avons besoin d’un matériel solide, souple et somme toute révolutionnaire. Pas dans les océans et pas partout dans nos vies, dans nos magasins et dans nos frigos. C’est donc dire que je suis contente d’avoir eu l’opportunité d’avoir un petit aperçu de cette industrie. Merci!

Bonne journée tout le monde xxxx


Juillet sans plastique : Bilan et retour

Sortir les poubelles

Le plastique que nous n’avons pas réussi à éviter durant juillet

C’est aujourd’hui que se termine le mois de juillet. Ce mois qui fut pour moi, et certains d’entre vous, un mois sans plastique. Je crois qu’un petit bilan de l’expérience s’impose.

J’ai commencé le mois optimiste et motivée en me disant que ça allait être facile d’être zéro plastique puisque j’étais déjà zéro déchet. Erreur! Raisonnement gravement erroné. Grâce au défi zéro plastique, j’ai tout d’abord découvert que le plastique était PARTOUT. J’entrais dans les épiceries et dans les magasins et c’est comme si on m’avait ouvert les yeux sur cette réalité et là je la voyais! Partout, partout, partout! Pas moyen de s’acheter une collation ou quelque chose pour emporter. J’ai dû m’abstenir d’acheter certaines choses et j’ai mangé des pommes et des bananes comme collation pendant juillet, ce qui est disons-le vraiment plate. Et bien sûr, malgré tous mes efforts je n’ai pas toujours réussi à éviter le plastique, comme le démontre la photo de l’article.

 Ce qui a été le plus difficile ce mois-ci, ce fut de gérer mon sentiment d’être privée de certaines choses. Je ne veux pas me sentir privée dans la vie ou avoir l’impression que je ne peux pas manger ça ou acheter ça et continuellement évoluer avec une impression de manque. Pendant juillet, j’ai souvent eu envie d’aliments emballés dans du plastique recyclable et je me disais tout le temps que non, moi je ne pouvais pas les avoir. Ce sentiment omniprésent est très négatif et crée beaucoup de frustration. Surtout quand tu vois tout le monde s’acheter ladite chose sans se poser de questions. D’ailleurs anecdote, pas plus tard qu’hier j’ai demandé à mon copain d’aller acheter des pâtes pour souper. Comme un bon petit soldat de « juillet sans plastique », il nous a ramené les seules pâtes qu’il a trouvées dans un emballage de carton. Il s’avère que je trouve ces pâtes dégueulasses. Comment décrire le mélange d’exaspération et de frustration irrationnelle que j’ai ressenti en voyant les pâtes? D’un côté j’étais fâchée de son choix et de devoir manger ça pour souper, et de l’autre je me sentais coupable parce que c’était plein de bonnes intentions et j’aurais préféré les pâtes avec l’emballage de plastique.

En étant zéro déchet, je n’ai honnêtement pas l’impression de me priver ou de ne pas avoir accès à certaines choses. Et je vous le dirais si c’était le cas, car vous savez que je ne me gêne pas pour vous en parler quand ça ne va pas. Je n’achète bien sûr plus n’importe quoi comme avant, mais je me suis adaptée et je suis bien maintenant. Mais être zéro déchet et zéro plastique n’est pas une option durable pour moi.

J’ai beaucoup appris durant le dernier mois. Pour commencer, j’en ai appris énormément sur le plastique, de sa production aux conséquences néfastes qu’il peut avoir sur l’environnement. Ensuite, j’ai réalisé à quel point le plastique était partout et à quel point je devais revoir mes habitudes de consommation pour qu’elles soient davantage en ligne avec mes valeurs. Puis, j’ai appris à mieux vous connaître et cela fût vraiment le moment fort de mon mois de juillet! À travers vos courriels, vos commentaires, vos partages de mes articles et surtout vos encouragements, je me suis sentie plus près de vous et motivée à continuer dans mon défi!

Juillet se termine aujourd’hui et espérons-le en même temps que cette canicule insupportable. Demain je recommencerai à acheter des choses emballées dans du plastique, mais toujours dans du plastique recyclable. Je suis convaincue que je ne consommerai plus jamais comme avant. Je veux continuer à éviter le plastique au maximum. Mais demain est-ce que je peux m’acheter un contenant d’hummus s’il vous plaît? Je suis humaine après tout, et je me suis ennuyée du hummus de l’épicerie!

Bon week-end tout le monde!


Camping, juillet sans plastique et océan

Sortir les poubelles

Salut tout le monde!

Pardon pour le silence radio des dernières semaines. J’étais partie repousser les limites du zéro déchet et de « juillet sans plastique » en camping dans les maritimes. Laissez-moi vous dire qu’être zéro déchet en camping, c’est quelque chose. Être zéro plastique en plus, là on est vraiment ailleurs. C’est malgré tout avec beaucoup de plaisir (et de patience) que moi, mon copain et mon amie nous nous sommes prêtés au jeu. Beaucoup d’entre vous m’ont dit qu’ils trouvaient l’initiative « juillet sans plastique » intéressante, mais que pour les vacanciers ça serait tout un défi. Eh bien je suis d’accord avec vous! Comme d’habitude, selon moi lorsqu’on se fixe ce genre de défi on ne vise pas la perfection, juste l’expérience et les leçons qu’on peut en tirer.

Blue Marine Systems, http://www.bluebird-electric.net/oceanography/Ocean_Plastic_International_Rescue/United_Nations_Environment_Program_Plastic_Oceans.htm

Déjà à cause du défi zéro déchet, j’ai traîné toute la semaine de camping en camping dans mon auto un sac avec mon recyclage et un autre avec mon compost. Laissez-moi vous dire qu’à la fin de la semaine l’auto sentait vraiment drôle.

Mais là avec le zéro plastique, pas question d’acheter des snacks de tous genres emballés. Donc sur la route, la seule chose qu’on a réussi à acheter comme collation c’est… des bananes. Très excitant. Et pas de sacs de glace pour la glacière! Alors tout ce qu’on s’achetait devait être préparé et consommé le jour même ouf! On oublie le vin frais ou la bière froide le soir au retour des excursions. On a quand même été créatif un soir au bord de l’océan en enterrant une bouteille de vin dans l’eau dans le sable pour la refroidir. On ne dira pas que le zéro déchet ne crée pas de situations amusantes!

Je suis contente que le hasard m’ait amenée sur le bord de l’océan pour le mois de « juillet sans plastique ». Comme pour plusieurs, l’océan et les grandes étendues d’eau me calment et me vivifient. M’exiler sur le bord de l’océan m’a fait un bien fou. Penser que nos habitudes actuelles de consommation puissent mettre en péril ces magnifiques espaces et ces écosystèmes spectaculaires m’attriste énormément.

Greenpeace, http://www.greenpeace.org/canada/en/blog/Blogentry/keeping-zero-plastic-week-alive/blog/45707/

J’ai investigué pour vous la question du plastique dans l’océan. Le plastique finit dans l’océan de plein de façons soit par le vent, les tempêtes, la montée et le retrait des eaux, les marées sur les plages, les bateaux, etc. Une fois dans l’océan, il est transporté au gré des courants et brisé en plus petits morceaux par les vagues, le vent et le soleil si bien qu’il devient très difficile à récupérer par la suite.

WasteWatchers, https://wastewatchers.wordpress.com/tag/5-gyres/

C’est en étant transporté ainsi qu’il finit par s’accumuler dans des régions de l’océan en particulier, connues sous le nom de gyres océaniques. Un gyre océanique est créé par l’action combinée des courants océaniques, des vents et de la rotation de la terre et est tout à fait naturel. Toutes ces forces combinées attirent éventuellement les débris au centre d’un tourbillon où ils restent pris et peuvent même former des îles. Il existe cinq gyres océaniques majeurs, soit deux dans l’océan Atlantique, deux dans l’océan Pacifique et un dans l’océan Indien. On parle de millions de kilomètres carrés de déchets. Le plus gros se trouve dans l’océan Pacifique, entre Hawaï et le Japon, et son « île » de déchets est de la grosseur de la Turquie! On estime que plus de 200 millions de tonnes de débris flottent au centre des gyres océaniques. Ça donne froid dans le dos. Pour plus d’explications sur la formation des îles de déchets au centre des gyres, je vous suggère de visionner ce court vidéo de Greenpeace.

Le sujet vous intéresse et vous aimeriez en savoir davantage? Je vous invite à lire ceci ou ceci ou encore ceci.

Et vous comment se passe votre défi? N’hésitez pas à partager vos impressions et vos anecdotes avec moi dans les commentaires ou en messages privés. J’aime beaucoup entendre vos histoires!

Bonne journée!


Initiative « Juillet sans plastique »

http://www.gosfordest-p.schools.nsw.edu.au/news/plastic-free-july

Aujourd’hui, je suis vraiment excitée de vous parler de l’initiative « Juillet sans plastique ».  Tout d’abord petit rappel des faits : le plastique est partout et est une source importante de pollution dans la nature et dans nos océans.

Le défi « Juillet sans plastique » est le suivant : pendant le mois de juillet, on essaie de refuser d’utiliser du plastique à usage unique. Par usage unique, on entend le plastique habituellement utilisé dans la vie de tous les jours, qui ne sert qu’une fois et qui sera recyclé ou jeté par la suite, par exemple les contenants et les emballages des aliments. Cette initiative nous est venue d’Australie, où il semble être devenu difficile de faire de la plongée sans croiser une bouteille d’eau ou un sac de plastique. C’est d’ailleurs pour ça que malheureusement toute l’information diffusée est en anglais uniquement.

L’idée est de nous faire prendre conscience de la quantité de plastique à usage unique que nous utilisons au quotidien et de nous inciter à favoriser des alternatives plus écologiques. On peut embarquer dans le défi complètement comme moi et essayer d’éviter tout type de plastique à usage unique pendant juillet ou se donner comme objectif de limiter les quatre produits de plastique les plus utilisés (et donc les plus polluants) : les sacs de plastique, les bouteilles d’eau, les tasses de café jetables et les pailles.

plastique_3

National Geographic, http://news.nationalgeographic.com/news/2015/01/150109-oceans-plastic-sea-trash-science-marine-debris/

Alors comment on fait si le défi nous intéresse? On commence par s’inscrire sur ce site. Le site de l’initiative en lui-même est vraiment très intéressant et plein de bonnes ressources pour aider à diminuer sa consommation de plastique au quotidien, comme celle-ci.

Puis, pendant le mois de juillet, on reçoit par courriel de l’information, des trucs, des petits témoignages et des encouragements! Mais surtout, la vraie richesse de ce défi quant à moi est l’accès, à travers la page web, le facebook et le twitter de « Juillet sans plastique », à toute une communauté de gens qui s’entraident et qui s’encouragent. Une belle communauté de gens engagés qui vivent les mêmes défis et les mêmes victoires que nous! Bref, ce défi est totalement enligné sur la philosophie zéro déchet.

Le problème avec le plastique

Le problème avec le plastique, c’est qu’il est largement et de plus en plus utilisé et qu’il a une durée de vie de 100 à 1000 ans. C’est donc dire que depuis son invention en 1870 à sa commercialisation massive en 1950, chaque morceau de plastique jamais créé existe encore sur terre quelque part.

Beaucoup d’objets de plastique finissent dans l’océan, entre autres dans ces fameux gyres océaniques immenses dont je vous reparlerai la semaine prochaine. On estime à 5,25 milliards le nombre de morceaux de plastique dans l’océan. Le chiffre 5,25 milliards est tout simplement monstrueux et irréel quant à moi. On estime également que plus de 8 millions de tonnes de plastique se retrouvent dans l’océan chaque année. Ouch.

http://news.nationalgeographic.com/news/2014/12/141211-ocean-plastics-garbage-patches-5-gyres-pollution-environment/

National Geographic, http://news.nationalgeographic.com/news/2014/12/141211-ocean-plastics-garbage-patches-5-gyres-pollution-environment/

Parmi les dix objets les plus présents dans les débris, on retrouve les bouteilles d’eau (près de la moitié des objets retrouvés!), les sacs de plastique, les pailles, les ustensiles jetables et les emballages de nourriture. Est-ce possible de se passer de ces articles l’espace d’un mois? Je pense que oui! Ce mois-ci, on traîne notre tasse à café, nos ustensiles, notre bouteille d’eau et on refuse les pailles!

Je crois qu’il est possible de penser nettoyer nos océans un jour, mais je crois qu’il est encore plus fondamental d’attaquer le problème à la source et de refuser le plastique.

Et le recyclage dans tout ça?

Le recyclage du plastique est essentiel, mais n’est pas et ne sera jamais une solution suffisante et adéquate à la consommation exponentielle de plastique à travers le monde. À travers ce défi, on essaie de freiner la quantité de nouveaux objets de plastique produits. Je vous invite également à lire au sujet des problèmes liés au recyclage du plastique la fin de mon article sur le recyclage.

Alors quand dites-vous? Embarquez-vous avec moi? Bilan et photos à la fin juillet!