Sortir les poubelles

Snacks et collations zéro déchet

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Salut tout le monde!

J’ai oublié de vous dire vendredi que j’étais désolée du silence radio du mois d’août! Je me suis organisée un voyage dernière minute au Pérou et c’était fou. D’ailleurs, si vous ne me suivez pas encore sur Instagram, suivez-moi! Quand j’ai moins le temps de bloguer, c’est là que ça se passe.

Aujourd’hui, je veux vous jaser de collations et contributions alimentaires zéro déchet lors de certains événements. Habituellement, le réflexe lorsqu’on participe à un pique-nique, un 5 à 7 ou un autre événement social auquel on est invité à contribuer, c’est d’aller acheter un ou deux bons sacs de chips et une bouteille de Coke à l’épicerie. Ou des crackers, du pain, du fromage ou des trempettes. J’ai fait ça de très nombreuses fois et j’avoue que le combo légumes-trempettes m’a souvent sauvé la vie. Maintenant que je vis un mode de vie zéro déchet, j’ai développé des trucs pour éviter les virées 15-minutes-avant-l’événement à l’épicerie, et la quantité monstre de déchets qui s’en suit.

Là je ne vous parle pas de faire mes propres chips. Vous avez été nombreux/ses à me le suggérer et à me donner des recettes, mais je suis BEAUCOUP TROP PARESSEUSE. À vous qui faites vos propres chips, vous êtes des champions et je vous lève mon chapeau!

Donc pour collationner zéro déchet, il faut s’organiser un peu. Apprendre à s’organiser un peu, c’est un peu le slogan non officiel du zéro déchet. Voici certaines de mes idées. Sentez-vous bien à l’aise d’en ajouter!

  1. Le vrac

Il y a beaucoup d’aliments qu’on peut trouver en vrac qui sont parfaits pour les potlucks! Je pense par exemple aux différentes noix assaisonnées et aux fruits confits. Un truc : on s’en achète une bonne portion lors de notre prochaine virée dans notre magasin de vrac préféré et on les cache dans la penderie. La prochaine fois qu’on a un événement, on se rappelle qu’on a caché des noix ou des fruits confits et que donc on est prêt! De rien pour le truc.

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  1. Le contenant à remplir

Bon tout ce qui peut être acheté dans des magasins ou dans des restaurants et mis dans des boîtes jetables peut habituellement être mis dans votre propre contenant. Timbits, pâtisseries, cupcakes, pizzas : la seule limite est votre imagination (et votre courage). Pour un rappel de la marche à suivre pour la nourriture à emporter dans ses propres contenants (demander-sourire-répéter-sourire-insister-remercier à profusion), retourner lire mon article sur le Take out zéro déchet!

  1. La congélation

Congeler, c’est la vie. Maintenant, dès que je fais des pains, des muffins ou des biscuits, je double la recette et j’en congèle la moitié. Ça fait en sorte que j’ai souvent un pain ou un gâteau maison que je peux sortir pour les occasions.

  1. Les fruits et légumes frais

Un melon d’eau, un cantaloup ou un melon miel coupés en morceaux sont toujours de bonnes options pour les pique-niques. On peut aussi penser aux fraises, aux raisins, aux bleuets, aux quartiers d’orange et pommes. Facile et santé.

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  1. Les snacks faciles à faire

Moi j’avoue être du genre à vouloir cuisiner mes petits plats à partager, surtout quand je suis invitée chez les autres. Je vais sur Google pour m’inspirer et je cherche des recettes de snacks pas trop salissants qui peuvent se manger avec les doigts. Je me demande tout le temps si les gens vont avoir les mains dégueux après ou si mon plat va être plein de bave. Ne pas sous-estimer ces éléments. Par exemple, c’est niaiseux mais du popcorn (grains achetés en vrac), c’est toujours un hit. J’ai aussi fait des pois chiches épicés, des boules d’énergie aux noix et aux dattes, des barres granola et des biscuits.

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Voilà! J’espère que ça aide! En vous souhaitant encore tout pleins de beaux pique-niques ensoleillés (parce que oui, le froid va revenir),

Charlotte xxxx

//Merci pour vos bons voeux pour notre mariage! On est super excités, et on est content de voir que vous aussi! Je vais vous tenir au courant alors!


Une annonce

Membres de la communauté Sortir les poubelles, nous avons quelque chose à vous annoncer: nous allons nous marier!! Ouiiiii! En fait c’est comme l’équipe complète de Sortir les poubelles qui se marie ensemble haha!

Ça va être petit et cutie, grano, champêtre-chic, simple, végé, non traditionnel, écologique, engagé et le plus zéro déchet possible. Bref ça va être nous, et ça va être fou! Instagram, Facebook, Sortir les poubelles, vous êtes juste pas prêts.

Sans vouloir vous spammer de mes péripéties de future mariée, j’ai hâte de vous raconter comment nous naviguerons à travers les préparatifs jusqu’au mariage. À travers toutes les ressources qui veulent que nous consommions-consommions-consommions, les traditions patriarcales et les choses-que-tu-dois-absolument-avoir-ou-faire-à-ton-mariage-sinon-beurk, ça semble être facile de perdre le cap. Heureusement, j’ai un gars bien solide les deux pieds sur terre qui n’a pas l’intention de m’aider à bricoler des centres de table ou des banderoles inutiles, et qui va me rappeler tout au long qu’on se marie parce qu’on s’aime (et parce qu’on aime faire le party). Et peut-être aussi pour montrer qu’on peut créer un événement de ce genre de façon hyper écologique? Suivez-moi sur Instagram pour ne rien manquer, et écrivez-moi si vous avez des suggestions! Bon vendredi tout le monde xxxxxx

savethedate


Baume à lèvres

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Salut tout le monde!

Tout d’abord, avez-vous vu nos belles petites tronches dans La Presse Plus du 1er août dernier? Il y avait un spécial sur les blogues zéro déchet du Québec et Sortir les poubelles était dedans yep yep! Tout comme Tranches de Pimous, le Blog à Jule et Tendance Radis, de beaux blogues que je vous encourage à découvrir. Dans son reportage, la journaliste a choisi de partager ma recette de beurre corporel et elle semble avoir beaucoup plu à mes nouveaux lecteurs.

C’est dans cette lancée de « fait maison » que j’ai décidé de vous partager ma recette de baume à lèvres. J’ai fait cette recette pour la première fois il y a un bout déjà et je l’ai faite et refaite à plusieurs reprises depuis. La première fois, j’étais encore nouvelle dans le merveilleux monde du DIY (« Do it yourself »). Je venais de découvrir que les produits de beauté contenaient des dérivés du pétrole et des produits cancérigènes. Je venais aussi de découvrir que je pouvais faire des produits de beauté avec des trucs dans mon frigo (Œufs! Avocat! Banane! Yogourt! Avoine!) Bref je CA-PO-TAIS.

J’ai commencé par me chercher une recette simple. J’ai essayé la recette de baume pour les lèvres de Wellness Mama, je l’ai adaptée et je vous la propose aujourd’hui. Facile à réaliser, c’est un beau petit projet de fait maison qui ne foutra pas tout en l’air dans votre cuisine, et ça on aime ça.

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Puisqu’on est zéro déchet, on essaie de se procurer les ingrédients en vrac. Ils sont disponibles au Noblessence (ils offrent en vrac si on le demande), chez Coop Coco à Montréal et dans beaucoup d’autres endroits donc il faut fouiller ! Pour les petits contenants, comme vous pouvez voir j’ai collecté des tubes finis à gauche et à droite pendant quelques temps et je les ai nettoyés pour pouvoir les re-remplir avec mon mélange maison. C’est-tu pas du beau zéro déchet ça ?!

Il vous faudra les trois ingrédients suivants : du beurre de mangue (ou du beurre de karité), de l’huile de noix de coco et de la cire d’abeille. La recette initiale proposait du beurre de karité au lieu du beurre de mangue, mais perso je n’aime pas l’odeur du beurre de karité alors j’utilise un substitut qui marche très bien. On peut ajouter quelques gouttes d’une huile essentielle « comestible » ainsi que quelques gouttes de vitamine E pour davantage d’hydratation, mais c’est facultatif.

Les ingrédients (pour 10 à 12 tubes):

  • 2 cuillères à table de cire d’abeille (vous pouvez en ajouter un peu plus si vous voulez un baume plus solide, mais habituellement cette quantité est correcte)
  • 2 cuillères à table de beurre de mangue ou de beurre de karité
  • 2 cuillères à table d’huile de noix de coco
  • 20 à 30 gouttes d’huile essentielle « comestible » (menthe, orange, cannelle, etc.) (facultatif)
  • 3 à 4 gouttes de vitamine E (facultatif)

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Pour préparer le baume, on fait fondre les trois premiers ingrédients ensemble dans un bain-marie. Si on n’a pas de bain-marie, on peut faire chauffer de l’eau dans une casserole et déposer un plat de verre ou de métal au-dessus ou dedans et ça marche très bien. L’important, c’est que la source de chaleur ne soit pas directement en contact avec le mélange. On fait fondre tranquillement pendant 5 à 10 minutes à feu doux en brassant à l’occasion.

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Lorsque le mélange est homogène, on retire la casserole du feu. On ajoute ensuite les gouttes d’huile essentielle et les gouttes de vitamine E. On brasse. Là il faut procéder relativement rapidement pour que le mélange n’ait pas le temps de durcir et remplir doucement les contenants de baumes à lèvres. On laisse ensuite les baumes durcir à température de la pièce ou au frigo si on veut que ça aille plus vite. Voilà c’est fait !

Bonne chance avec ce projet !

Charlotte xxxx

 


Au-delà des pesticides : Le bio en 6 points

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Salut tout le monde! Je me permets aujourd’hui de m’écarter légèrement de ma ligne éditoriale zéro déchet pour parler d’un sujet que mes études m’ont permis d’approfondir, j’ai nommé le bio. Car oui, les mercredis soirs, été comme automne, j’embarque sur mon vélo pour aller chercher mon panier bio en vrai hippie grano-chic que je suis.

Depuis que j’étudie en agronomie, j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de réfléchir à ma position sur l’agriculture biologique. J’ai découvert que le débat autour du biologique se résume souvent à cette question : Est-ce que ça vaut la peine de manger biologique pour consommer moins de pesticides, ou non? Il existe des études scientifiques allant dans tous les sens sur la question des traces de pesticides sur les fruits et légumes, et c’est pour ça que certains diront que ça vaut la peine, d’autres non. Je trouve dommage que souvent le débat s’arrête là. On choisit de manger bio pour beaucoup d’autres raisons, et laissez-moi utiliser la petite expérience que j’ai acquise en agriculture pour vous expliquer les autres avantages du bio, en 6 points.

  1. La santé de nos sols et de notre environnement

Je crois sincèrement que la majorité des agriculteurs aimeraient que leur pratique soit le moins dommageable possible pour l’environnement. Malheureusement, la compétition avec les fruits et légumes californiens et mexicains bons marchés pousse les agriculteurs à utiliser les produits qui leur permettront d’avoir rapidement les meilleurs rendements possibles. Il y a aussi les consommateurs qui veulent des aliments parfaits parfaits, forçant les agriculteurs à appliquer doses de pesticides après doses de pesticides pour contrôler les ravageurs. L’agriculture biologique permet aux agriculteurs de se libérer du cercle vicieux des pesticides. Ce faisant, ils développent des techniques qui sont plus respectueuses de l’environnement. Ce n’est pas facile et ça demande du temps, des efforts et de la créativité et c’est génial parce que les consommateurs acceptent de payer une prime pour ces aliments.

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  1. Ramener l’agriculture ici

Encore une fois, c’est une question de valeurs. Plusieurs personnes pensent qu’il serait mieux de faire pousser notre nourriture en Chine et au Mexique, où les coûts de production sont moins élevés. Ces produits sont moins chers, et la facture d’épicerie des consommateurs serait moins élevée.

Personnellement, je pense que nous devrions avoir des fermes et de l’agriculture dans notre pays, même si ça coûte plus cher aux consommateurs et aux contribuables qu’importer notre nourriture. Parce que les agriculteurs s’occupent bien de nos terres, parce que notre histoire agricole fait partie de notre histoire et parce que nos régions agricoles méritent d’être gardées vivantes. Est-ce que manger local coûte plus cher? Oui, parce que les travailleurs agricoles sont payés au salaire minimum, qu’ils ont des congés et de l’assurance-maladie et parce que nos réglementations environnementales sont parmi les plus exigeantes au monde. Puisqu’il y a engouement pour le bio et que beaucoup de jeunes aspirent à retourner en région pour partir des fermes bios, une des façons de ramener l’agriculture ici c’est d’acheter local et bio.

  1. Le retour à un mode de vie plus sain pour les agriculteurs

Je pense que les agriculteurs, qui travaillent très fort, devraient bien vivre de leur métier. Dans les faits, les agriculteurs vivent souvent des vies stressantes avec d’importantes pressions financières. Ils sont à la merci des conditions climatiques et des prix du marché. D’ailleurs, on s’en rend compte quand on voit que souvent la relève agricole n’est pas au rendez-vous (on est pas mal tous d’accord que c’est une vie qui semble beaucoup plus difficile et exigeante qu’une vie de bureau de 9 à 5). Avec l’agriculture bio, c’est différent. Il y a une discussion entre les consommateurs et les producteurs. Le producteur explique ce que ça lui coûte de produire ses aliments. Le consommateur lui répond qu’il veut payer un prix raisonnable, mais qu’il est prêt à payer une prime pour des bons produits. Et c’est au fil de cette conversation que le prix est fixé. Ce n’est pas la bourse, ni le prix des engrais chimiques, ni le prix du pétrole, ni la valeur en bourse des compagnies agrochimiques qui dictent le prix. La vraie indépendance, c’est ça.

  1. La santé de nos agriculteurs

Bien que les pesticides ne soient pas dangereusement présents sur nos fruits et nos légumes lorsque nous les achetons, ils sont tout de même présents dans l’air et l’eau dans nos régions agricoles. Les agriculteurs qui appliquent les pesticides y sont exposés, malgré les précautions qu’ils prennent. Les fertilisants et les pesticides s’infiltrent dans les sols et les nappes phréatiques, si bien que les sources d’eau potables de nos belles campagnes sont souvent contaminées. Ceux qui en souffrent, ou disons ceux qui risquent d’en souffrir, sont les mêmes qui travaillent si forts à nous nourrir. C’est pas juste ça, non?!

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  1. Le début d’une réflexion

Les aliments ne sont pas un bien de consommation comme les autres. On peut vivre sans meuble, sans linge, sans électronique mais on ne peut pas vivre plus de trois jours sans nourriture. Ce n’est pas normal de chercher à payer le moins cher possible pour sa nourriture. Ce n’est pas normal de faire son épicerie à la même place où on achète des télés et des meubles. Il y a des gens et des compagnies qui travaillent très fort pour nous faire oublier que derrière chaque fruit et chaque légume il y a un sol, une source d’eau et des gens. Je pense qu’on ne peut pas les laisser nous faire oublier tout le travail nécessaire à faire pousser de la bonne nourriture. Lorsqu’on leur laisse ce pouvoir, on devient déconnecté et on leur laisse le contrôle de nos terres et de notre santé.

J’ai eu la chance d’être élevée dans une famille où il n’y a jamais eu de compromis sur la qualité de la nourriture. En vieillissant, j’ai réalisé que trop de personnes consomment de la nourriture comme des produits, en cherchant à payer le moins cher possible. Payer le moins cher possible pour de la nourriture, vraiment? Quand est-ce que c’est devenu une valeur collective ça!?

  1. Les légumes biologiques sont à peu près un million de fois meilleurs au goût que les légumes du Cotsco

Sans blague. La perspective d’une salade pour souper ne vous excite pas plus qu’il faut, ou vous avez de la difficulté à faire manger des légumes à vos enfants? Demandez-vous si c’est peut-être parce qu’objectivement, vos légumes goûtent fades. Ou l’eau, ou amer, ou le contenu du sac de la tondeuse. Je pense qu’honnêtement, on aurait moins de problèmes de santé et de poids si nos légumes goûtaient toujours aussi bons que les légumes de notre jardin.

Dans un monde où bien souvent on se sent impuissant face à la dégradation des milieux naturels et autres drames écologiques, savoir que je vis davantage enlignée sur mes valeurs en achetant mon panier bio m’amène un bonheur énorme. Je vous préviens par contre : si vous commencez à manger des légumes frais et bios, vous risquez d’avoir de la misère à retourner aux légumes moches pas mûrs du Mexique. Vous aurez été prévenus.

Bonne journée tout le monde,

Charlotte xxxx

P.S. Le site Web d’Équiterre te permettra de trouver un fermier bio qui livre près de chez toi 😉


J’ai assez de linge.

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Parlons linge. Parlons de la quantité gênante de linge que la majorité d’entre nous possède. Là je ne veux pas que les garçons qui me lisent se disent que cet article ne les concerne pas. Cet article ne parle pas de mode, mais de choses. Et je sais que vous en avez aussi, des tiroirs pleins et des piles de t-shirts.

J’ai longtemps cru que la façon écologique de s’habiller consistait à devenir un/une pro des friperies. J’en ai fait beaucoup, mais j’ai de la misère. Comme beaucoup, je suis coquette, j’aime le beau linge, je suis quand même les tendances et j’aime être bien habillée. J’ai SOUVENT envie de nouveau linge. Pas qu’il n’y ait pas de belles choses dans les friperies, mais on s’entend qu’on n’est pas dans le chic. Est-ce que c’est même possible d’être écolo et… bien habillée? Suis-je trop… superficielle? Peut-être, mais je n’y peux rien; la perspective d’une vie dans du linge de friperie usagé et jamais tout à fait à ma taille me déprime.

C’est à force d’arpenter les friperies que je me suis rendue compte que c’était plutôt l’idée même d’avoir besoin de nouvelles choses que je devais remettre en question. Ce dont j’avais besoin, c’était d’apprendre à me contrôler. À mon humble avis, je crois qu’on peut être bien habillé et écolo. Suffit juste de penser à quelques trucs et de se demander… de combien de vêtements ai-je vraiment besoin?

J’ai récemment vécu plusieurs mois avec 5 t-shirts. C’est extrême, mais c’est vrai que c’est possible et j’ai survécu. Je ne dis pas que je veux continuer de vivre avec 5 morceaux, mais ça m’a fait réaliser que j’avais assez de linge en ce moment dans ma garde-robe à Montréal. Quand tu peux passer trois semaines sans jamais reporter les mêmes choses, tu as assez de linge.

Se sentir obligée de renouveler continuellement sa garde-robe est presqu’aussi absurde que de ne pas être capable de trouver, jamais, des vêtements fabriqués par des gens travaillant dans des conditions décentes. Comme le rappelait la merveilleuse Mélissa de La Fontaine dans un article récent, les vêtements qu’on achète sont fabriqués par des femmes… et des enfants… Ouch mon cœur que je m’arrête pour y penser. Me semble qu’il n’y a rien qui vaut que quelqu’un travaille dans des conditions terribles… non? On cherche le café et le cacao bio et équitable, pourtant pour le linge, l’offre n’est pas là. Et la demande non plus. Je ne veux pas être ultra-déprimante, mais n’oublions pas aussi que plusieurs aspects de la production des vêtements, de la production du coton aux teintures chimiques qui finissent dans les cours d’eau, sont très polluants. Il faut donc revoir notre relation avec l’achat de linge.

Des vêtements pleins… de plastique?

Quand on pense pollution par le plastique, on pense bouteilles d’eau et emballages d’aliments. En fait, il semblerait que le vrai problème du plastique dans la nature et dans l’océan serait l’œuvre de choses bien plus petites; les nanoparticules de plastique. Ce type de plastique, invisible à l’œil nu, est très souvent camouflé dans nos vêtements. On connaît le problème des microbilles de plastique (dans les produits cosmétiques entre autres), mais ici on parle de particules souvent invisibles à l’oeil nu ou même de la taille d’une cellule humaine!

Avez-vous déjà remarqué que vos vêtements deviennent plus raides, moins soyeux et moins lustrés après quelques lavages? Le réflexe, c’est d’accuser notre laveuse et son option cycle délicat ou nous-mêmes de ne pas laver notre linge à la main (rien d’autre à faire, tsé). La vérité, c’est que notre linge est conçu pour devenir raide grâce aux microfibres de plastique. Les microfibres de polyester, de nylon et d’acrylique sont insérées à même les tissus et quittent notre linge lors du lavage. On estime que jusqu’à 1900 microfibres de plastique peuvent quitter un morceau de linge à chaque lavage. Multiplions cela par le nombre de vêtements par brassée, par le nombre de brassées, par le nombre de maisons… Jusqu’à ce que notre linge, surtout les morceaux de mauvaise qualité, soit raide, raide, raide. Ce sont des millions de microfibres qui se retrouvent dans les écosystèmes marins chaque année. Comme les petits morceaux de plastique, ces derniers sont ingérés par les animaux aquatiques et s’accumulent dans leurs corps au sein même de leurs tissus causant une panoplie de problèmes. Devons-nous comprendre que si elles s’accumulent au sein de leurs tissus, elles s’accumulent au sein des nôtres lorsque nous mangeons du poisson? Il y a peu d’études sur le sujet (c’est d’ailleurs un gros problème), mais tout porte à croire que oui.

Maintenant que je sais ça, me semble que je le vois. Quand je touche un tissu au magasin et que je vois que c’est très doux, je sais que c’est trop beau pour être vrai, que ça doit être l’effet du plastique. Surtout quand c’est 17.99$.

Qu’est-ce qu’on peut faire alors, dans ce tourbillon de mode et de consommation, pour s’habiller cute sans se sentir coupable?

Tout d’abord, on peut, s’il vous plaît, arrêter d’acheter du linge de mauvaise qualité. Réalisons collectivement que c’est à coup de 17.99$ qu’on dépense des centaines de dollars pour des vêtements chaque année. On doit essayer d’acheter des morceaux de meilleure qualité et robustes, et tenter le plus possible de privilégier les fibres naturelles comme le coton biologique, la laine et le lin.

On peut également acheter usagé! Je sais que j’ai commencé cet article en vous donnant tout sauf le goût d’aller dans une friperie, mais c’est vraiment pratique des fois! J’y ai trouvé des chandails, un jeans, un manteau… Si j’avais des enfants, je n’irais que là pour eux. En plus, on peut se dire que si les vêtements sont encore beaux dans les friperies, ils risquent de rester beaux pour encore beaucoup de lavages. Aussi, on contribue à faire rouler le marché d’occasion où les ressources ont déjà été exploitées et si en plus on peut soutenir des organismes comme Renaissance, ça vaut le coup.

Finalement, on peut réaliser, comme moi, qu’on a bien assez de vêtements. Malgré ce sentiment de manque qu’on ressent, qui n’est pas le reflet de la réalité. Je terminerai là-dessus en vous invitant à aller jeter un coup au Guide du vêtement responsable d’Équiterre!

Juillet sans plastique, version 2.0

http://www.gosfordest-p.schools.nsw.edu.au/news/plastic-free-july

Parlant de plastique, êtes-vous prêt pour le défi Juillet sans plastique?!? L’an dernier, vous avez été nombreux à me suivre dans ce défi, qui consiste à éviter le plastique à usage unique pendant le mois de juillet. On fait ça pour se rendre compte de l’omniprésence du plastique dans notre quotidien, pour adopter de nouvelles habitudes meilleures pour l’environnement et pour se lancer un défi personnel! Je vous ai raconté mes défis, mon camping zéro déchet et je vous ai montré mon plastique du mois. On refait ça cette année, mais en mieux! Si l’initiative vous intéresse, je vous invite fortement à lire mon article là-dessus, ainsi qu’à vous inscrire sur le site de l’initiative pour trouver des trucs et des conseils!

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Bonne journée et bonne chance à tout le monde qui commence le défi vendredi! Go GOOO!

Charlotte xxxx

 


Retour du Panama et à la vie normale

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Salut tout le monde !

Si vous me suivez sur Instagram ou Facebook, vous savez que je suis revenue au pays depuis trois semaines déjà. Je me suis faite discrète au début pour mieux gérer le choc de retour intense que j’ai vécu.

Là, honnêtement, je rembarque dans ma vie et dans mes habitudes petit à petit. J’ai encore des sacs à défaire, des trucs à laver, de la boue partout sur mes affaires… J’ai l’impression que je suis revenue, mais seulement à moitié. Je ne m’identifiais pas à ma vie là-bas, mais je ne me ré-identifie pas tout à fait à ma vie ici.

Je suis sous le choc de voir à quel point le temps passe vite ici et à quel point les gens sont pressés de faire les choses et de passer à autre chose. Je m’ennuie de mes amis du Panama, de la chaleur, de la jungle et d’être dehors. Je m’ennuie de n’avoir qu’une chose à penser à la fois et de ne pas avoir à faire de listes.

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Un petit bilan de mon séjour qui s’impose

Vivre au Panama dans le fond, ça aura été comme revenir à l’autre extrême côté déchet. Tous les produits frais étaient emballés dans du plastique et individuellement. C’était impossible de vivre en fonction de mes convictions tout en restant en santé ou saine d’esprit. Alors j’ai lâché prise… temporairement.

Puis, j’ai eu des moments d’intense consommatrice là-bas. Loin chez moi et toujours dans ma valise, j’avais l’impression de ne plus avoir de repères. Je suis retombée dans certaines vieilles habitudes de consommatrice pour du bonheur rapide. Je me suis achetée des choses et des vêtements qui me rappelaient la vie à Montréal et qui comblaient le vide temporairement. Et j’ai commencé à avoir hâte de rentrer à Montréal pour pouvoir m’acheter plein de choses. Je sais ! Pas cool ! C’était bizarre de repenser comme ça. Là je suis rentrée et vous serez heureux d’apprendre que j’ai pété ma bulle de consommation en réintégrant ma vie, tout naturellement.

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L’apprentissage le plus important au Panama fut le suivant : quand tu ne peux pas éviter de polluer ou de faire des déchets, tu ne peux pas éviter de polluer. Ça peut arriver dans certains moments ou à certains endroits. Mais quand tu peux éviter de polluer, tu as un peu le devoir d’essayer d’éviter de le faire. Il y a des gens qui vivent dans des endroits où ils n’ont pas le choix de polluer. Pas le choix. Je pense aux gens qui doivent acheter l’eau potable dans des sacs de plastique. Au Panama, la majorité des produits sont importés, alors on fait son possible, mais on ne s’en sort pas côté emballage et plastique. Maintenant pour moi le Canada est devenu une terre de choix et d’options ! On est vraiment chanceux de vivre ici. Vraiment chanceux.

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Moment fort, et maintenant

Je veux vous raconter un de mes moments forts du voyage, le genre qui te reste dans la tête longtemps. Ce fut lors d’une de mes entrevues avec un agriculteur du Panama. J’effectuais un projet de recherche où nous documentions la sécheresse épouvantable qui sévit depuis 2 ans au centre et au nord du pays. Nous parlions du climat changeant qui rend la vie difficile, et il m’a dit, en me regardant droit dans les yeux : « Le problème, c’est que les gens riches du Nord, ils s’en foutent des pauvres. » Simple, direct et cru. Et il n’a rien ajouté. Je suis restée là, bouche bée, à le fixer parce que je n’avais rien à dire pour contrer cet argument. C’est vrai dans le fond. C’est vrai qu’on s’en fout. Ou du moins on pense très rarement à eux. Je ne pouvais même pas lui dire qu’on prenait les choses en main côté climat, parce qu’aux dernières nouvelles on veut toujours le passer le c**** de pipeline Énergie Est.

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Là, je ne veux plus oublier de m’en préoccuper et de penser à eux, parce que j’ai l’impression de les connaître. Et ce sera à coups de petits et de plus gros changements. Zéro déchet, panier bio local, activisme pour le climat et bénévolat pour verdir mon quartier sont au programme cet été ! Et aussi profiter d’une bonne dose de terrasses et de BBQ, pour me rappeler à quel point c’est incroyable de vivre ici.

À bientôt,

Charlotte xxxx

 


Mes débuts dans le zéro déchet: inspirations et optimisme

Résultat du défi « Juillet sans plastique »!

Salut tout le monde! Aujourd’hui, je vous invite à découvrir Amélie, du superbe blogue Bric à bacs. Amélie a mis sur pied cette petite mine d’or d’informations afin d’informer et de sensibiliser les gens sur certains enjeux environnementaux et surtout, sur la gestion des déchets! Elle vous raconte ici ses débuts dans l’aventure zéro déchet et certaines de ses réflexions d’écolo imparfaite. Gageons que vous allez vous y reconnaître! Bonne journée xxxx

Insufflez un vent d’optimisme

C’est avec plaisir que j’ai accepté l’invitation de Charlotte à collaborer à Sortir les poubelles et de partager quelques-unes de mes réflexions sur le sujet qui l’intéresse et qu’elle documente généreusement avec son blogue. Depuis près de 8 mois, j’ai emprunté la route vers le zéro déchet. Mon aventure a commencé en juillet dernier, alors que je me suis engagée à participer au défi « Juillet sans plastique ». L’objectif : réduire la consommation d’emballages en plastique à usage unique pendant un mois. Ce qui semblait au début un défi quasi insurmontable (et perturbant pour certaines personnes de mon entourage : je n’allais quand même pas m’empêcher de vivre pour éviter d’acheter des choses contenant du plastique…) a été un tremplin vers des changements durables.

En plus d’intégrer de nouvelles habitudes et de vivre davantage en cohérence avec mes valeurs, j’ai depuis découvert une multitude d’initiatives inspirantes qui contribuent chacune à leur manière à construire un monde meilleur. Le zéro déchet s’inscrit à mon avis dans un mouvement planétaire plus large, très diversifié, qui propose de reconnecter avec notre environnement et l’humanité.

Aujourd’hui, malgré l’importance du travail à réaliser pour que des changements durables soient mis en place, c’est avec optimisme que je regarde l’avenir… et j’aimerais le partager avec vous!

Réduire et reconnecter avec le savoir-faire

Mon rythme vers le zéro déchet est probablement plus lent que certain-e-s, mais je suis convaincue que nous devons nous écouter pour apporter des changements durables à notre mode de vie. Charlotte l’expose d’ailleurs très bien dans son bilan de 2015, accepter ses limites et ne pas utiliser de l’huile de coco même si c’est LE produit miracle qui permet de tout faire, c’est aussi un choix sain (et meilleur pour sa peau).

Peu à peu, j’ai intégré plein de nouvelles habitudes : acheter en vrac avec mes propres contenants, cuisiner pour éviter d’acheter des produits (sur)emballés (barres tendres, pesto, hummus, faire des gnocchis car je n’ai pas trouvé de pâtes en vrac près de chez moi, congeler des fruits d’été, canner de la sauce tomate, etc.), trouver des alternatives aux produits de soins personnels (comme le shampoing en barre – et le déo que je m’engage à faire quand j’aurai fini celui que j’utilise actuellement). La liste de choses à faire est encore longue, mais c’est loin d’être décourageant : il y a beaucoup de place à l’amélioration et tant de choses à apprendre!

Parce que zéro déchet, c’est aussi synonyme de nombreux apprentissages. C’est une chose que j’apprécie particulièrement : réduire ma consommation d’emballages me permet peu à peu de reconnecter avec le savoir-faire. Faire davantage de choses avec mes mains plutôt que d’opter pour des produits prêts-à-consommation-immédiate est aussi un moyen efficace de décélérer le rythme effréné du quotidien et de connecter avec soi. De prendre le temps.

Nord

Cabane à bouquins pour partager ses livres à Montréal

Collaborer, partager et agir : la société en mouvement!

Cuisiner, réparer, s’informer sur les produits pour choisir celui qui est plus local, éthique, durable, voir chaque matière comme une ressource qui pourrait être valorisée autrement… le zéro déchet mène à des réflexions beaucoup plus larges sur la consommation. Et heureusement, nous sommes entouré-e-s de gens, de projets, d’initiatives et d’innovations qui injectent une bouffée d’optimisme quotidienne. Que ce soit l’Ocean clean up, qui vise à nettoyer les plastiques de l’océan d’ici 10 ans, ou encore des entreprises d’ici qui travaillent à accroître l’écoresponsabilité dans un secteur d’activité (garderies, établissements de santé, pharmacies) : plusieurs s’organisent pour que se concrétisent les transitions nécessaires à une société viable.

L’année 2016 a bien commencé. Avec toute la visibilité qui a été donnée aux blogueuses zéro déchet, force est de constater que ce mouvement (qui était initialement marginal) intéresse de plus en plus de citoyennes et de citoyens. Dans la Capitale-Nationale, le groupe Zéro déchet ville de Québec a presque triplé dans les derniers mois et atteint près de 1 000 membres. La Radio NRJ, qui n’est pas particulièrement reconnue pour sa sensibilité environnementale, m’a récemment proposé une entrevue d’une heure pour parler de zéro déchet. L’animateur, Mario Tremblay, s’est même engagé à rapporter son sac réutilisable la prochaine fois qu’il ferait l’épicerie. Un petit geste témoignant d’une ouverture concrète sur le sujet!

Les changements s’opèrent au niveau individuel, mais aussi collectif. Plusieurs actions bien réelles sont en cours à grande échelle : bannissement des sacs de plastique à Montréal, projet de loi canadien contre le gaspillage alimentaire, mouvement social pour une transition vers des énergies propres, etc. Nous avons de quoi être optimistes!

Finalement, la croissance de l’économie collaborative (et pas l’ubérisation – voir cet article du Devoir qui expose très bien les enjeux opposant ces deux projets) est pour moi une source d’inspiration de taille. Des événements de troc d’objets, des ateliers de réparation, un réseau pour échanger des services, des frigos collectifs, des sites de partage de connaissances, d’idées et d’informations pour réparer : voilà tant d’initiatives qui contribueront à construire une société plus juste, inclusive et écologique.


Les mouchoirs en tissu

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Et une autre belle collaboration pour Sortir les poubelles ! Celle-ci nous vient d’Amélie, une lectrice du blogue qui voit grand côté zéro déchet. J’ai appris à connaître Amélie au fil d’échanges de courriels et à travers ses commentaires sur le blogue. J’ai été séduite par sa plume, si bien que j’ai décidé de lui offrir l’opportunité de nous partager une de ses réflexions sur cette plateforme. Voici donc sans plus attendre et pour le plus grand bonheur de tous, le mystère des mouchoirs en tissu DÉ-MYS-TI-FIÉ ! Merci Amélie et bonne journée tout le monde, Charlotte xxxxx

Je suis née avec un tout petit nez, mais un petit nez qui voit grand. Il se compare aux érables de nos forêts québécoises dont la sève coule abondamment au printemps. La seule différence, c’est que lui croit que cette saison dure 365 jours par année. Autrement dit, j’ai toujours la goutte au nez ! Sans avoir achevé ma transition vers le zéro déchet, j’ai décidé de faire un autre pas dans cette direction. J’utilisais déjà du papier hygiénique recyclé, non blanchi et biodégradable, acheté dans une caisse de carton recyclable. Chaque rouleau est aussi emballé individuellement avec du papier recyclable au lieu du plastique. J’avais en quelque sorte la conscience tranquille sur ce dossier. Mais en constatant l’ampleur du tas de papier remplissant mon compost, je me suis questionnée sur la possibilité de faire un Xième changement. C’est ainsi que j’ai adopté les mouchoirs de tissus. Et comble du bonheur, un atelier tout près de chez moi en confectionne avec du coton biologique. Je vous avoue qu’au début, c’est plutôt bizarre de se moucher dans du tissu. Notre cerveau ne comprend pas ce qui se passe, et notre nez trouve ça drôlement confortable ! Il faut cependant s’enlever de la tête que cette pratique est répugnante. Qui n’a pas déjà quitté la maison pour faire une longue promenade, sans apporter le petit paquet de Kleenex de voyage et être profondément heureux de retrouver un vieux mouchoir usagé dans le fond d’une poche ? C’est exactement le même principe. On utilise le mouchoir à sa pleine capacité, en utilisant à chaque fois un bout de tissu sain.

Saviez-vous que ce n’est qu’en 1924 que la compagnie Kimberly-Clark commercialise les serviettes démaquillantes de papier, qui ensuite changeront de vocation pour être utilisées comme mouchoirs jetables ? Dès 1930, la marque Kleenex s’impose aux États-Unis mais il faudra attendre vers 1960 pour que les produits traversent l’océan vers la France. L’ère du jetable prend son essor plus lentement dans ce pays. Mon mari se rappelle bien qu’encore dans les années 80, à Grenoble, tous les membres de sa famille possédaient leur propre pile de mouchoirs en tissus. Il avoue même qu’il aimait bien se moucher sur Bambi !

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De nos jours, plusieurs centaines de milliards de mouchoirs sont vendus annuellement aux États-Unis. Imaginons alors la quantité mondiale que cela représente ! Non seulement nous devons considérer la pollution liée à l’utilisation de papiers que l’on jette aux ordures mais également celle liée à sa production. Pour leur fabrication, une grande quantité d’eau est gaspillée, du chlore est utilisé pour le blanchiment et certaines compagnies se procurent encore des fibres non recyclées, donc provenant de nos forêts si précieuses. C’est pourquoi je vous encourage à consulter la liste des alternatives plus respectueuses de l’environnement offerte par Greenpeace Canada concernant les divers produits de papier jetables.

Pour réussir ma transition, j’ai simplement dû prévoir au moins un mouchoir par jour, que je glisse dans mon sac à main avant de quitter la maison. Il ne faut évidemment pas que j’oublie de les intégrer à ma lessive hebdomadaire. Puisque je lave seulement à l’eau froide, j’aime faire tremper mes mouchoirs dans une petite quantité d’eau savonneuse très chaude avant de les ajouter à ma lessive de serviettes. Au besoin, je profite de cette étape pour frotter quelques taches qui semblent plus tenaces.

Pour l’instant, je suis plutôt discrète en public et j’ai tendance à me retirer afin d’éviter le jugement des autres. J’imagine qu’avec le temps, je réussirai à assumer pleinement ce choix que je fais pour la planète. Par contre, si je suis très malade et  que je puisse être contagieuse, je reviendrais exceptionnellement aux mouchoirs jetables afin d’éviter la prolifération et la transmission des microbes, qui peut être un peu plus probable avec les mouchoirs réutilisables. Aujourd’hui, c’est mon nez qui me remercie pour ce changement car il est bien heureux d’avoir fait peau neuve et de laisser derrière lui son ancienne apparence rougeâtre et irritée !

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Un dernier petit truc pour les nez sensibles comme le mien : Je vous conseille de rincer vos sinus régulièrement en utilisant une tasse d’eau tiède dans laquelle on ajoute 1/4 c.à.thé de sel et la même quantité de bicarbonate de soude. Il s’agit d’un moyen bien efficace pour soulager nos voies nasales durant la saison des rhumes et des allergies.

Bonne continuité à tous dans vos démarches vers le zéro déchet,

Amélie

Liens utiles

– Mouchoirs de tissus stylisés fabriqués à Montréal

Tshu : www.1tshu1tree.com/fr/

– Mouchoirs de coton biologique fabriqués à Laval

Öko Créations : http://okocreations.ca/product/petits-mouchoirs/

– Application gratuite de Greenpeace pour les papiers jetables et liste de produits qui sont moins dommageables pour l’environnement :

www.greenpeace.org/canada/guidepapiersjetables/


5 façons de surmonter les conflits de valeurs

Je suis heureuse de vous présenter Emma du blogue Planet Addict, et la première collaboration officielle de Sortir les poubelles! Emma est une grande voyageuse et une passionnée de l’environnement. J’adore lire ses réflexions et suivre ses nombreuses expériences écolos à travers le monde. C’est moi qui lui ai proposé de bloguer sur les conflits de valeurs, car je sais que des belles valeurs elle en a et beaucoup. Car être zéro déchet est une chose, mais que fait-on lorsqu’on veut consommer à la fois sans faire de déchet et local et biologique et équitable et sans produits chimiques et sans huile de palme et sans plastique…? C’est souvent un véritable casse-tête! Je vous invite à suivre Emma dans sa réflexion, ainsi qu’à découvrir son blogue Planet Addict. Bonne journée tout le monde, Charlotte xxxx

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Lorsqu’on s’embarque sur le chemin de l’application de ses valeurs au quotidien, il n’est pas rare de se retrouver bloqué face à un choix draconien entre plusieurs choses qui nous tiennent à coeur. Dans mon cas, il s’agit d’arriver à trouver des produits de consommation qui répondent à certains critères éthiques, tels que la provenance, le commerce équitable, le procédé de fabrication, l’absence de produits toxiques, et bien sûr, l’absence d’emballages superflus! Des critères qu’on ne trouve que rarement ensemble!

Qui ne s’est jamais demandé pourquoi il fallait choisir entre un produit bio sous plastique, et un produit conventionnel non emballé? Ou bien choisir entre une paire de chaussures végane (ie. sans produits animaux) faite à partir de pétrole et une paire de chaussures en cuir qui va nous durer plusieurs années? Ou encore entre un vêtement synthétique produit de manière équitable à l’autre bout du monde et un vêtement en matière naturelle sans garantie de fabrication mais produite localement?

“Ah bon, il n’y a que moi? ;)”

En tout cas, ces conflits de valeurs m’ont souvent parfois donné mal à la tête, mais surtout ils m’ont poussée à ne jamais être satisfaite de mes choix, à me juger du fait que je n’en faisais pas assez et à me culpabiliser de consommer. Si être écolo c’est être mal dans sa peau, est-ce que ça vaut vraiment le coup?

Par un long processus qui a impliqué de grandes remises en question personnelles, je suis arrivée à déterminer 5 manières de me libérer de mes propres chaînes, et ainsi répondre à la question: Comment prendre des décisions lorsque nos valeurs nous tirent dans des directions opposées?

Accepter d’être imparfait

Cela paraît assez banal, mais on en vient souvent à devenir ultra-exigeant envers nous-même et à nous auto-flageller. Mais n’oublions pas que nous ne sommes pas là pour être irréprochables et que se juger ne fera en rien avancer les choses. Avoir des principes, c’est bien; se rendre malade, beaucoup moins!

Arrêtons également de nous comparer aux autres, à ceux qui font “plus”, qui font “mieux”, qui nous semblent parfaits. Ce jugement est totalement subjectif et nous maintient dans une frustration permanente. Eux aussi ont leurs dilemmes et leurs imperfections, si si!

Moi, j’ai accepté que je ne voulais pas me “spécialiser” dans un domaine de l’éthique, mais être plutôt dans l’équilibre. Par exemple que ma garde-robe ne soit pas 100% éthique et que j’ai parfois envie d’un vêtement qui ne réponde pas à mes critères ou que mon alimentation ne soit “que” à 70% végétalienne et bio. La vie est un chemin, pas une destination, alors pratiquons l’auto-indulgence, ça nous fera du bien!

Ne pas chercher à tout contrôler

N’oublions pas que nous sommes dans une société en transition. Les choses bougent à un rythme sans doute encore trop lent pour les écolos experts, mais il faut faire avec ce qu’on a. Alors oui ce serait top de vivre dans un monde éthique à 100%, mais ce n’est pas encore le cas. On pourrait tous repartir dans les campagnes et vivre en communautés, mais c’est encore loin de se généraliser et ce n’est pas le souhait de tout le monde. Alors on doit encore jouer les équilibristes quelques temps, en gardant en tête que quel que soit le choix on soutiendra au moins une de nos valeurs et on aidera le monde à aller dans ce sens.

Lâchons prise pour ce que nous ne pouvons maîtriser à l’instant. Regarder ce qu’on fait, pas ce qu’on ne fait pas. 

Pourquoi portons-nous systématiquement notre attention sur le vide et non le plein? Sur ce qu’on ne fait pas ou qu’on pourrait faire mieux? Et si on s’arrêtait un instant et qu’on se félicitait déjà d’avoir pris en compte un critère éthique dans nos choix de consommation? C’est loin d’être quelque chose que tout le monde fait, alors on pourrait commencer par être content de soi, même si ce n’est pas parfait!

Par exemple, malgré mes efforts je ne suis pas encore une Béa Johnson avec son 1kg de déchets par an. Mais je me dis que si je ne produis qu’un petit sac de déchets par mois, c’est déjà bien, non?

A une échelle plus grande, on peut aussi être content de tous ces changements positifs qui se produisent chaque jour. Aujourd’hui, quand je vais dans un biocoop, je vois qu’ils vendent des sacs de vrac. Même s’ils ne sont pas très visibles et encore trop peu utilisés, ils sont là où ils ne l’étaient pas avant. Se réjouir du positif plutôt que de se morfondre du négatif.

Se fixer des priorités

Une autre astuce qui peut nous aider à faire nos choix est de déterminer quelles valeurs sont plus importantes que les autres, selon nous. Ce choix est bien évidemment propre à chacun et est fait en fonction de sa sensibilité personnelle, son éducation, son histoire, sa personnalité. Face à un choix difficile, on peut se demander quel principe on veut mettre en application cette fois-ci (qui pourra aussi bien être différent la fois suivante!).

Pour ma part, je me dirige de plus en plus vers une priorisation de la santé et du plaisir! C’est à dire que j’accepte parfois de consommer des choses emballées, mais qui sont bio ou dont j’ai vraiment envie, ou de sortir avec mes amis et consommer des plats qui ne seront pas bios, mais qui resteront généralement végétariens et délicieux. Ou encore de consommer quelque chose tout simplement, car j’en ai besoin ou envie, alors que je suis dans une démarche minimaliste.

Je sais que l’éthique est ce qui m’anime et que je consomme le moins possible, mais je fixe une limite lorsque je sens que cela devient une contrainte qui m’ôte une certaine joie de vivre, ou que cela peut nuire à ma sante (physique ou mentale!). Mais ça, c’est moi 😉

Être tolérant envers les autres

C’est un point qui est important à mes yeux car je ressens parfois de l’agressivité et du jugement de la part de certaines personnes qui estiment que leur façon de faire est la voie à suivre pour tous. Loin de moi l’idée d’attaquer qui que ce soit, bien au contraire. Mais je pense que l’une des raisons qui fait que l’on se martèle un peu la tête est qu’on se dit que si on ne fait pas “ça”, alors c’est mal car quelqu’un nous a dit que c’était mal. Je ne pense pas que vivre dans la culpabilité soit sain. Et donc si je recommande que chacun se déculpabilise en se concentrant sur ses efforts, je pense que de ne pas contribuer à culpabiliser les autres reste une démarche logique.

Le choix de nos principes est subjectif et personne n’est parfait. Tout le monde a ses failles, va à son rythme et a une sensibilité qui lui est propre. Suis-je la mieux placée pour juger de ce qui est pire entre consommer des animaux, contribuer à l’exploitation des travailleurs dans les pays moins riches, consommer des produits de l’autre bout du monde, prendre l’avion 5 fois par an, ou n’acheter que des produits jetables et suremballés (entre autres)? Je ne pense pas.

Après tout, je ne connais pas l’histoire ni la vie des autres. Et si on veut inviter les gens à se poser des questions, je pense que cela passe plus facilement par l’information et l’exemple, là où – à mon sens – l’agressivité mène au conflit et au mal-être. Mais si je fais tout ça, ce n’est pas pour vivre mal à cause de ce que les autres ne font pas et sur quoi je n’ai aucun contrôle.

Alors remonte en selle, petit écolo! Fais de ton mieux et tout ira bien!


Panama!

Sortir les poubelles

Hóla de Panama ! Je suis dans ce pays depuis déjà trois merveilleuses semaines et je suis en amour avec le Panama. Mon nouveau pays d’adoption est un pays de gens accueillants, de jungles denses, de salsa et de reggaeton, de plages intouchées et de poulet frit avec du riz et des fèves ! Ça va tellement bien en ce moment que mes plus gros problèmes sont en fait que tout, tout, tout ce qui se mange est frit et que j’ai peur du Zika ; alors, je m’asperge de la tête aux pieds de chasse-moustiques ! D’ailleurs, je m’en étais amené du naturel, mais il a pris le bord rapidement vu la vélocité et la quantité de bibittes ici.

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Maintenant, c’est comment le zéro déchet au Panama ? Comme chez nous, les objets suremballés, les petits formats et les formats individuels sont partout. Par contre, ici il n’y a pas de recyclage. PAS de recyclage. Donc toutes les choses et les contenants qu’on achète chez nous en se disant qu’au pire on les recyclera sont jetés ici. Les bords de rue, les trottoirs et les ruisseaux sont remplis de déchets et de plastique et ça me brise le cœur à chaque fois que je vois ça. La gestion des déchets est un enjeu majeur ici. La plupart du temps, faute d’alternatives, les gens font des tas avec leurs déchets et y mettent le feu. J’ai toujours l’impression que les gens se font des petits feux de camp de fin de journée, entre amis, mais quand je m’approche des feux et que je sens l’odeur écœurante du plastique qui brûle, je me rappelle qu’on parle d’autres choses ici …

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En fait, ils consomment comme nous parce que pouvoir consommer comme nous est vachement tentant; mais après, il n’y a aucun système pour trier les déchets. J’aurais pu joindre à cet article un million de photos d’amoncellements de déchets, mais puisque, malgré cela, le Panama est un pays absolument magnifique, je préfère vous montrer à quel point c’est beau ici.

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Alors, en fait, je n’arrive pas à être zéro déchet ici. Je n’achète pas de bouteille d’eau, je traîne mes ustensiles et j’évite le plus possible les contenants, mais c’est très, très difficile. Par contre, j’ai rencontré plusieurs personnes et plusieurs chercheurs qui travaillent fort pour rendre leur communauté et le monde plus vert et ça me remplit d’espoir. Il y a vraiment beaucoup de gens qui se battent ici comme ailleurs pour protéger notre belle planète, et je suis fière d’en faire partie ! Vivre ici me donne envie de redoubler d’efforts à la maison, où on l’a pas mal facile en fait.

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Dans un autre ordre d’idées, je participe à un projet de recherche sur l’impact des changements climatiques sur l’agriculture locale. En mars, je vais visiter plusieurs fermes et rencontrer des agriculteurs pour comprendre leurs préoccupations et leurs défis. Je sais que c’est la deuxième année d’une sécheresse sévère qui sévit à travers le pays et j’ai hâte de voir comment ils s’adaptent à cette situation. Et de vous en parler ! À suivre !

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C’est tout pour l’instant ! Gros bisous d’une petite chambre dans une petite casa dans un petit village quelque part dans la province de Veraguas ! Bonne journée xxx

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