Sortir les poubelles

J’ai assez de linge.

Sortir les poubelles

Parlons linge. Parlons de la quantité gênante de linge que la majorité d’entre nous possède. Là je ne veux pas que les garçons qui me lisent se disent que cet article ne les concerne pas. Cet article ne parle pas de mode, mais de choses. Et je sais que vous en avez aussi, des tiroirs pleins et des piles de t-shirts.

J’ai longtemps cru que la façon écologique de s’habiller consistait à devenir un/une pro des friperies. J’en ai fait beaucoup, mais j’ai de la misère. Comme beaucoup, je suis coquette, j’aime le beau linge, je suis quand même les tendances et j’aime être bien habillée. J’ai SOUVENT envie de nouveau linge. Pas qu’il n’y ait pas de belles choses dans les friperies, mais on s’entend qu’on n’est pas dans le chic. Est-ce que c’est même possible d’être écolo et… bien habillée? Suis-je trop… superficielle? Peut-être, mais je n’y peux rien; la perspective d’une vie dans du linge de friperie usagé et jamais tout à fait à ma taille me déprime.

C’est à force d’arpenter les friperies que je me suis rendue compte que c’était plutôt l’idée même d’avoir besoin de nouvelles choses que je devais remettre en question. Ce dont j’avais besoin, c’était d’apprendre à me contrôler. À mon humble avis, je crois qu’on peut être bien habillé et écolo. Suffit juste de penser à quelques trucs et de se demander… de combien de vêtements ai-je vraiment besoin?

J’ai récemment vécu plusieurs mois avec 5 t-shirts. C’est extrême, mais c’est vrai que c’est possible et j’ai survécu. Je ne dis pas que je veux continuer de vivre avec 5 morceaux, mais ça m’a fait réaliser que j’avais assez de linge en ce moment dans ma garde-robe à Montréal. Quand tu peux passer trois semaines sans jamais reporter les mêmes choses, tu as assez de linge.

Se sentir obligée de renouveler continuellement sa garde-robe est presqu’aussi absurde que de ne pas être capable de trouver, jamais, des vêtements fabriqués par des gens travaillant dans des conditions décentes. Comme le rappelait la merveilleuse Mélissa de La Fontaine dans un article récent, les vêtements qu’on achète sont fabriqués par des femmes… et des enfants… Ouch mon cœur que je m’arrête pour y penser. Me semble qu’il n’y a rien qui vaut que quelqu’un travaille dans des conditions terribles… non? On cherche le café et le cacao bio et équitable, pourtant pour le linge, l’offre n’est pas là. Et la demande non plus. Je ne veux pas être ultra-déprimante, mais n’oublions pas aussi que plusieurs aspects de la production des vêtements, de la production du coton aux teintures chimiques qui finissent dans les cours d’eau, sont très polluants. Il faut donc revoir notre relation avec l’achat de linge.

Des vêtements pleins… de plastique?

Quand on pense pollution par le plastique, on pense bouteilles d’eau et emballages d’aliments. En fait, il semblerait que le vrai problème du plastique dans la nature et dans l’océan serait l’œuvre de choses bien plus petites; les nanoparticules de plastique. Ce type de plastique, invisible à l’œil nu, est très souvent camouflé dans nos vêtements. On connaît le problème des microbilles de plastique (dans les produits cosmétiques entre autres), mais ici on parle de particules souvent invisibles à l’oeil nu ou même de la taille d’une cellule humaine!

Avez-vous déjà remarqué que vos vêtements deviennent plus raides, moins soyeux et moins lustrés après quelques lavages? Le réflexe, c’est d’accuser notre laveuse et son option cycle délicat ou nous-mêmes de ne pas laver notre linge à la main (rien d’autre à faire, tsé). La vérité, c’est que notre linge est conçu pour devenir raide grâce aux microfibres de plastique. Les microfibres de polyester, de nylon et d’acrylique sont insérées à même les tissus et quittent notre linge lors du lavage. On estime que jusqu’à 1900 microfibres de plastique peuvent quitter un morceau de linge à chaque lavage. Multiplions cela par le nombre de vêtements par brassée, par le nombre de brassées, par le nombre de maisons… Jusqu’à ce que notre linge, surtout les morceaux de mauvaise qualité, soit raide, raide, raide. Ce sont des millions de microfibres qui se retrouvent dans les écosystèmes marins chaque année. Comme les petits morceaux de plastique, ces derniers sont ingérés par les animaux aquatiques et s’accumulent dans leurs corps au sein même de leurs tissus causant une panoplie de problèmes. Devons-nous comprendre que si elles s’accumulent au sein de leurs tissus, elles s’accumulent au sein des nôtres lorsque nous mangeons du poisson? Il y a peu d’études sur le sujet (c’est d’ailleurs un gros problème), mais tout porte à croire que oui.

Maintenant que je sais ça, me semble que je le vois. Quand je touche un tissu au magasin et que je vois que c’est très doux, je sais que c’est trop beau pour être vrai, que ça doit être l’effet du plastique. Surtout quand c’est 17.99$.

Qu’est-ce qu’on peut faire alors, dans ce tourbillon de mode et de consommation, pour s’habiller cute sans se sentir coupable?

Tout d’abord, on peut, s’il vous plaît, arrêter d’acheter du linge de mauvaise qualité. Réalisons collectivement que c’est à coup de 17.99$ qu’on dépense des centaines de dollars pour des vêtements chaque année. On doit essayer d’acheter des morceaux de meilleure qualité et robustes, et tenter le plus possible de privilégier les fibres naturelles comme le coton biologique, la laine et le lin.

On peut également acheter usagé! Je sais que j’ai commencé cet article en vous donnant tout sauf le goût d’aller dans une friperie, mais c’est vraiment pratique des fois! J’y ai trouvé des chandails, un jeans, un manteau… Si j’avais des enfants, je n’irais que là pour eux. En plus, on peut se dire que si les vêtements sont encore beaux dans les friperies, ils risquent de rester beaux pour encore beaucoup de lavages. Aussi, on contribue à faire rouler le marché d’occasion où les ressources ont déjà été exploitées et si en plus on peut soutenir des organismes comme Renaissance, ça vaut le coup.

Finalement, on peut réaliser, comme moi, qu’on a bien assez de vêtements. Malgré ce sentiment de manque qu’on ressent, qui n’est pas le reflet de la réalité. Je terminerai là-dessus en vous invitant à aller jeter un coup au Guide du vêtement responsable d’Équiterre!

Juillet sans plastique, version 2.0

http://www.gosfordest-p.schools.nsw.edu.au/news/plastic-free-july

Parlant de plastique, êtes-vous prêt pour le défi Juillet sans plastique?!? L’an dernier, vous avez été nombreux à me suivre dans ce défi, qui consiste à éviter le plastique à usage unique pendant le mois de juillet. On fait ça pour se rendre compte de l’omniprésence du plastique dans notre quotidien, pour adopter de nouvelles habitudes meilleures pour l’environnement et pour se lancer un défi personnel! Je vous ai raconté mes défis, mon camping zéro déchet et je vous ai montré mon plastique du mois. On refait ça cette année, mais en mieux! Si l’initiative vous intéresse, je vous invite fortement à lire mon article là-dessus, ainsi qu’à vous inscrire sur le site de l’initiative pour trouver des trucs et des conseils!

Sortir les poubelles

Bonne journée et bonne chance à tout le monde qui commence le défi vendredi! Go GOOO!

Charlotte xxxx

 


Retour du Panama et à la vie normale

Sortir les poubelles

Salut tout le monde !

Si vous me suivez sur Instagram ou Facebook, vous savez que je suis revenue au pays depuis trois semaines déjà. Je me suis faite discrète au début pour mieux gérer le choc de retour intense que j’ai vécu.

Là, honnêtement, je rembarque dans ma vie et dans mes habitudes petit à petit. J’ai encore des sacs à défaire, des trucs à laver, de la boue partout sur mes affaires… J’ai l’impression que je suis revenue, mais seulement à moitié. Je ne m’identifiais pas à ma vie là-bas, mais je ne me ré-identifie pas tout à fait à ma vie ici.

Je suis sous le choc de voir à quel point le temps passe vite ici et à quel point les gens sont pressés de faire les choses et de passer à autre chose. Je m’ennuie de mes amis du Panama, de la chaleur, de la jungle et d’être dehors. Je m’ennuie de n’avoir qu’une chose à penser à la fois et de ne pas avoir à faire de listes.

Sortir les poubelles

Sortir les poubelles

Un petit bilan de mon séjour qui s’impose

Vivre au Panama dans le fond, ça aura été comme revenir à l’autre extrême côté déchet. Tous les produits frais étaient emballés dans du plastique et individuellement. C’était impossible de vivre en fonction de mes convictions tout en restant en santé ou saine d’esprit. Alors j’ai lâché prise… temporairement.

Puis, j’ai eu des moments d’intense consommatrice là-bas. Loin chez moi et toujours dans ma valise, j’avais l’impression de ne plus avoir de repères. Je suis retombée dans certaines vieilles habitudes de consommatrice pour du bonheur rapide. Je me suis achetée des choses et des vêtements qui me rappelaient la vie à Montréal et qui comblaient le vide temporairement. Et j’ai commencé à avoir hâte de rentrer à Montréal pour pouvoir m’acheter plein de choses. Je sais ! Pas cool ! C’était bizarre de repenser comme ça. Là je suis rentrée et vous serez heureux d’apprendre que j’ai pété ma bulle de consommation en réintégrant ma vie, tout naturellement.

Sortir les poubelles

L’apprentissage le plus important au Panama fut le suivant : quand tu ne peux pas éviter de polluer ou de faire des déchets, tu ne peux pas éviter de polluer. Ça peut arriver dans certains moments ou à certains endroits. Mais quand tu peux éviter de polluer, tu as un peu le devoir d’essayer d’éviter de le faire. Il y a des gens qui vivent dans des endroits où ils n’ont pas le choix de polluer. Pas le choix. Je pense aux gens qui doivent acheter l’eau potable dans des sacs de plastique. Au Panama, la majorité des produits sont importés, alors on fait son possible, mais on ne s’en sort pas côté emballage et plastique. Maintenant pour moi le Canada est devenu une terre de choix et d’options ! On est vraiment chanceux de vivre ici. Vraiment chanceux.

Sortir les poubelles

Moment fort, et maintenant

Je veux vous raconter un de mes moments forts du voyage, le genre qui te reste dans la tête longtemps. Ce fut lors d’une de mes entrevues avec un agriculteur du Panama. J’effectuais un projet de recherche où nous documentions la sécheresse épouvantable qui sévit depuis 2 ans au centre et au nord du pays. Nous parlions du climat changeant qui rend la vie difficile, et il m’a dit, en me regardant droit dans les yeux : « Le problème, c’est que les gens riches du Nord, ils s’en foutent des pauvres. » Simple, direct et cru. Et il n’a rien ajouté. Je suis restée là, bouche bée, à le fixer parce que je n’avais rien à dire pour contrer cet argument. C’est vrai dans le fond. C’est vrai qu’on s’en fout. Ou du moins on pense très rarement à eux. Je ne pouvais même pas lui dire qu’on prenait les choses en main côté climat, parce qu’aux dernières nouvelles on veut toujours le passer le c**** de pipeline Énergie Est.

Sortir les poubelles

Là, je ne veux plus oublier de m’en préoccuper et de penser à eux, parce que j’ai l’impression de les connaître. Et ce sera à coups de petits et de plus gros changements. Zéro déchet, panier bio local, activisme pour le climat et bénévolat pour verdir mon quartier sont au programme cet été ! Et aussi profiter d’une bonne dose de terrasses et de BBQ, pour me rappeler à quel point c’est incroyable de vivre ici.

À bientôt,

Charlotte xxxx

 


Mes débuts dans le zéro déchet: inspirations et optimisme

Résultat du défi « Juillet sans plastique »!

Salut tout le monde! Aujourd’hui, je vous invite à découvrir Amélie, du superbe blogue Bric à bacs. Amélie a mis sur pied cette petite mine d’or d’informations afin d’informer et de sensibiliser les gens sur certains enjeux environnementaux et surtout, sur la gestion des déchets! Elle vous raconte ici ses débuts dans l’aventure zéro déchet et certaines de ses réflexions d’écolo imparfaite. Gageons que vous allez vous y reconnaître! Bonne journée xxxx

Insufflez un vent d’optimisme

C’est avec plaisir que j’ai accepté l’invitation de Charlotte à collaborer à Sortir les poubelles et de partager quelques-unes de mes réflexions sur le sujet qui l’intéresse et qu’elle documente généreusement avec son blogue. Depuis près de 8 mois, j’ai emprunté la route vers le zéro déchet. Mon aventure a commencé en juillet dernier, alors que je me suis engagée à participer au défi « Juillet sans plastique ». L’objectif : réduire la consommation d’emballages en plastique à usage unique pendant un mois. Ce qui semblait au début un défi quasi insurmontable (et perturbant pour certaines personnes de mon entourage : je n’allais quand même pas m’empêcher de vivre pour éviter d’acheter des choses contenant du plastique…) a été un tremplin vers des changements durables.

En plus d’intégrer de nouvelles habitudes et de vivre davantage en cohérence avec mes valeurs, j’ai depuis découvert une multitude d’initiatives inspirantes qui contribuent chacune à leur manière à construire un monde meilleur. Le zéro déchet s’inscrit à mon avis dans un mouvement planétaire plus large, très diversifié, qui propose de reconnecter avec notre environnement et l’humanité.

Aujourd’hui, malgré l’importance du travail à réaliser pour que des changements durables soient mis en place, c’est avec optimisme que je regarde l’avenir… et j’aimerais le partager avec vous!

Réduire et reconnecter avec le savoir-faire

Mon rythme vers le zéro déchet est probablement plus lent que certain-e-s, mais je suis convaincue que nous devons nous écouter pour apporter des changements durables à notre mode de vie. Charlotte l’expose d’ailleurs très bien dans son bilan de 2015, accepter ses limites et ne pas utiliser de l’huile de coco même si c’est LE produit miracle qui permet de tout faire, c’est aussi un choix sain (et meilleur pour sa peau).

Peu à peu, j’ai intégré plein de nouvelles habitudes : acheter en vrac avec mes propres contenants, cuisiner pour éviter d’acheter des produits (sur)emballés (barres tendres, pesto, hummus, faire des gnocchis car je n’ai pas trouvé de pâtes en vrac près de chez moi, congeler des fruits d’été, canner de la sauce tomate, etc.), trouver des alternatives aux produits de soins personnels (comme le shampoing en barre – et le déo que je m’engage à faire quand j’aurai fini celui que j’utilise actuellement). La liste de choses à faire est encore longue, mais c’est loin d’être décourageant : il y a beaucoup de place à l’amélioration et tant de choses à apprendre!

Parce que zéro déchet, c’est aussi synonyme de nombreux apprentissages. C’est une chose que j’apprécie particulièrement : réduire ma consommation d’emballages me permet peu à peu de reconnecter avec le savoir-faire. Faire davantage de choses avec mes mains plutôt que d’opter pour des produits prêts-à-consommation-immédiate est aussi un moyen efficace de décélérer le rythme effréné du quotidien et de connecter avec soi. De prendre le temps.

Nord

Cabane à bouquins pour partager ses livres à Montréal

Collaborer, partager et agir : la société en mouvement!

Cuisiner, réparer, s’informer sur les produits pour choisir celui qui est plus local, éthique, durable, voir chaque matière comme une ressource qui pourrait être valorisée autrement… le zéro déchet mène à des réflexions beaucoup plus larges sur la consommation. Et heureusement, nous sommes entouré-e-s de gens, de projets, d’initiatives et d’innovations qui injectent une bouffée d’optimisme quotidienne. Que ce soit l’Ocean clean up, qui vise à nettoyer les plastiques de l’océan d’ici 10 ans, ou encore des entreprises d’ici qui travaillent à accroître l’écoresponsabilité dans un secteur d’activité (garderies, établissements de santé, pharmacies) : plusieurs s’organisent pour que se concrétisent les transitions nécessaires à une société viable.

L’année 2016 a bien commencé. Avec toute la visibilité qui a été donnée aux blogueuses zéro déchet, force est de constater que ce mouvement (qui était initialement marginal) intéresse de plus en plus de citoyennes et de citoyens. Dans la Capitale-Nationale, le groupe Zéro déchet ville de Québec a presque triplé dans les derniers mois et atteint près de 1 000 membres. La Radio NRJ, qui n’est pas particulièrement reconnue pour sa sensibilité environnementale, m’a récemment proposé une entrevue d’une heure pour parler de zéro déchet. L’animateur, Mario Tremblay, s’est même engagé à rapporter son sac réutilisable la prochaine fois qu’il ferait l’épicerie. Un petit geste témoignant d’une ouverture concrète sur le sujet!

Les changements s’opèrent au niveau individuel, mais aussi collectif. Plusieurs actions bien réelles sont en cours à grande échelle : bannissement des sacs de plastique à Montréal, projet de loi canadien contre le gaspillage alimentaire, mouvement social pour une transition vers des énergies propres, etc. Nous avons de quoi être optimistes!

Finalement, la croissance de l’économie collaborative (et pas l’ubérisation – voir cet article du Devoir qui expose très bien les enjeux opposant ces deux projets) est pour moi une source d’inspiration de taille. Des événements de troc d’objets, des ateliers de réparation, un réseau pour échanger des services, des frigos collectifs, des sites de partage de connaissances, d’idées et d’informations pour réparer : voilà tant d’initiatives qui contribueront à construire une société plus juste, inclusive et écologique.


Les mouchoirs en tissu

mouchoir_1

Et une autre belle collaboration pour Sortir les poubelles ! Celle-ci nous vient d’Amélie, une lectrice du blogue qui voit grand côté zéro déchet. J’ai appris à connaître Amélie au fil d’échanges de courriels et à travers ses commentaires sur le blogue. J’ai été séduite par sa plume, si bien que j’ai décidé de lui offrir l’opportunité de nous partager une de ses réflexions sur cette plateforme. Voici donc sans plus attendre et pour le plus grand bonheur de tous, le mystère des mouchoirs en tissu DÉ-MYS-TI-FIÉ ! Merci Amélie et bonne journée tout le monde, Charlotte xxxxx

Je suis née avec un tout petit nez, mais un petit nez qui voit grand. Il se compare aux érables de nos forêts québécoises dont la sève coule abondamment au printemps. La seule différence, c’est que lui croit que cette saison dure 365 jours par année. Autrement dit, j’ai toujours la goutte au nez ! Sans avoir achevé ma transition vers le zéro déchet, j’ai décidé de faire un autre pas dans cette direction. J’utilisais déjà du papier hygiénique recyclé, non blanchi et biodégradable, acheté dans une caisse de carton recyclable. Chaque rouleau est aussi emballé individuellement avec du papier recyclable au lieu du plastique. J’avais en quelque sorte la conscience tranquille sur ce dossier. Mais en constatant l’ampleur du tas de papier remplissant mon compost, je me suis questionnée sur la possibilité de faire un Xième changement. C’est ainsi que j’ai adopté les mouchoirs de tissus. Et comble du bonheur, un atelier tout près de chez moi en confectionne avec du coton biologique. Je vous avoue qu’au début, c’est plutôt bizarre de se moucher dans du tissu. Notre cerveau ne comprend pas ce qui se passe, et notre nez trouve ça drôlement confortable ! Il faut cependant s’enlever de la tête que cette pratique est répugnante. Qui n’a pas déjà quitté la maison pour faire une longue promenade, sans apporter le petit paquet de Kleenex de voyage et être profondément heureux de retrouver un vieux mouchoir usagé dans le fond d’une poche ? C’est exactement le même principe. On utilise le mouchoir à sa pleine capacité, en utilisant à chaque fois un bout de tissu sain.

Saviez-vous que ce n’est qu’en 1924 que la compagnie Kimberly-Clark commercialise les serviettes démaquillantes de papier, qui ensuite changeront de vocation pour être utilisées comme mouchoirs jetables ? Dès 1930, la marque Kleenex s’impose aux États-Unis mais il faudra attendre vers 1960 pour que les produits traversent l’océan vers la France. L’ère du jetable prend son essor plus lentement dans ce pays. Mon mari se rappelle bien qu’encore dans les années 80, à Grenoble, tous les membres de sa famille possédaient leur propre pile de mouchoirs en tissus. Il avoue même qu’il aimait bien se moucher sur Bambi !

mouchoir_2

De nos jours, plusieurs centaines de milliards de mouchoirs sont vendus annuellement aux États-Unis. Imaginons alors la quantité mondiale que cela représente ! Non seulement nous devons considérer la pollution liée à l’utilisation de papiers que l’on jette aux ordures mais également celle liée à sa production. Pour leur fabrication, une grande quantité d’eau est gaspillée, du chlore est utilisé pour le blanchiment et certaines compagnies se procurent encore des fibres non recyclées, donc provenant de nos forêts si précieuses. C’est pourquoi je vous encourage à consulter la liste des alternatives plus respectueuses de l’environnement offerte par Greenpeace Canada concernant les divers produits de papier jetables.

Pour réussir ma transition, j’ai simplement dû prévoir au moins un mouchoir par jour, que je glisse dans mon sac à main avant de quitter la maison. Il ne faut évidemment pas que j’oublie de les intégrer à ma lessive hebdomadaire. Puisque je lave seulement à l’eau froide, j’aime faire tremper mes mouchoirs dans une petite quantité d’eau savonneuse très chaude avant de les ajouter à ma lessive de serviettes. Au besoin, je profite de cette étape pour frotter quelques taches qui semblent plus tenaces.

Pour l’instant, je suis plutôt discrète en public et j’ai tendance à me retirer afin d’éviter le jugement des autres. J’imagine qu’avec le temps, je réussirai à assumer pleinement ce choix que je fais pour la planète. Par contre, si je suis très malade et  que je puisse être contagieuse, je reviendrais exceptionnellement aux mouchoirs jetables afin d’éviter la prolifération et la transmission des microbes, qui peut être un peu plus probable avec les mouchoirs réutilisables. Aujourd’hui, c’est mon nez qui me remercie pour ce changement car il est bien heureux d’avoir fait peau neuve et de laisser derrière lui son ancienne apparence rougeâtre et irritée !

mouchoir_3

Un dernier petit truc pour les nez sensibles comme le mien : Je vous conseille de rincer vos sinus régulièrement en utilisant une tasse d’eau tiède dans laquelle on ajoute 1/4 c.à.thé de sel et la même quantité de bicarbonate de soude. Il s’agit d’un moyen bien efficace pour soulager nos voies nasales durant la saison des rhumes et des allergies.

Bonne continuité à tous dans vos démarches vers le zéro déchet,

Amélie

Liens utiles

– Mouchoirs de tissus stylisés fabriqués à Montréal

Tshu : www.1tshu1tree.com/fr/

– Mouchoirs de coton biologique fabriqués à Laval

Öko Créations : http://okocreations.ca/product/petits-mouchoirs/

– Application gratuite de Greenpeace pour les papiers jetables et liste de produits qui sont moins dommageables pour l’environnement :

www.greenpeace.org/canada/guidepapiersjetables/


5 façons de surmonter les conflits de valeurs

Je suis heureuse de vous présenter Emma du blogue Planet Addict, et la première collaboration officielle de Sortir les poubelles! Emma est une grande voyageuse et une passionnée de l’environnement. J’adore lire ses réflexions et suivre ses nombreuses expériences écolos à travers le monde. C’est moi qui lui ai proposé de bloguer sur les conflits de valeurs, car je sais que des belles valeurs elle en a et beaucoup. Car être zéro déchet est une chose, mais que fait-on lorsqu’on veut consommer à la fois sans faire de déchet et local et biologique et équitable et sans produits chimiques et sans huile de palme et sans plastique…? C’est souvent un véritable casse-tête! Je vous invite à suivre Emma dans sa réflexion, ainsi qu’à découvrir son blogue Planet Addict. Bonne journée tout le monde, Charlotte xxxx

20150328-cozumel-008

Lorsqu’on s’embarque sur le chemin de l’application de ses valeurs au quotidien, il n’est pas rare de se retrouver bloqué face à un choix draconien entre plusieurs choses qui nous tiennent à coeur. Dans mon cas, il s’agit d’arriver à trouver des produits de consommation qui répondent à certains critères éthiques, tels que la provenance, le commerce équitable, le procédé de fabrication, l’absence de produits toxiques, et bien sûr, l’absence d’emballages superflus! Des critères qu’on ne trouve que rarement ensemble!

Qui ne s’est jamais demandé pourquoi il fallait choisir entre un produit bio sous plastique, et un produit conventionnel non emballé? Ou bien choisir entre une paire de chaussures végane (ie. sans produits animaux) faite à partir de pétrole et une paire de chaussures en cuir qui va nous durer plusieurs années? Ou encore entre un vêtement synthétique produit de manière équitable à l’autre bout du monde et un vêtement en matière naturelle sans garantie de fabrication mais produite localement?

“Ah bon, il n’y a que moi? ;)”

En tout cas, ces conflits de valeurs m’ont souvent parfois donné mal à la tête, mais surtout ils m’ont poussée à ne jamais être satisfaite de mes choix, à me juger du fait que je n’en faisais pas assez et à me culpabiliser de consommer. Si être écolo c’est être mal dans sa peau, est-ce que ça vaut vraiment le coup?

Par un long processus qui a impliqué de grandes remises en question personnelles, je suis arrivée à déterminer 5 manières de me libérer de mes propres chaînes, et ainsi répondre à la question: Comment prendre des décisions lorsque nos valeurs nous tirent dans des directions opposées?

Accepter d’être imparfait

Cela paraît assez banal, mais on en vient souvent à devenir ultra-exigeant envers nous-même et à nous auto-flageller. Mais n’oublions pas que nous ne sommes pas là pour être irréprochables et que se juger ne fera en rien avancer les choses. Avoir des principes, c’est bien; se rendre malade, beaucoup moins!

Arrêtons également de nous comparer aux autres, à ceux qui font “plus”, qui font “mieux”, qui nous semblent parfaits. Ce jugement est totalement subjectif et nous maintient dans une frustration permanente. Eux aussi ont leurs dilemmes et leurs imperfections, si si!

Moi, j’ai accepté que je ne voulais pas me “spécialiser” dans un domaine de l’éthique, mais être plutôt dans l’équilibre. Par exemple que ma garde-robe ne soit pas 100% éthique et que j’ai parfois envie d’un vêtement qui ne réponde pas à mes critères ou que mon alimentation ne soit “que” à 70% végétalienne et bio. La vie est un chemin, pas une destination, alors pratiquons l’auto-indulgence, ça nous fera du bien!

Ne pas chercher à tout contrôler

N’oublions pas que nous sommes dans une société en transition. Les choses bougent à un rythme sans doute encore trop lent pour les écolos experts, mais il faut faire avec ce qu’on a. Alors oui ce serait top de vivre dans un monde éthique à 100%, mais ce n’est pas encore le cas. On pourrait tous repartir dans les campagnes et vivre en communautés, mais c’est encore loin de se généraliser et ce n’est pas le souhait de tout le monde. Alors on doit encore jouer les équilibristes quelques temps, en gardant en tête que quel que soit le choix on soutiendra au moins une de nos valeurs et on aidera le monde à aller dans ce sens.

Lâchons prise pour ce que nous ne pouvons maîtriser à l’instant. Regarder ce qu’on fait, pas ce qu’on ne fait pas. 

Pourquoi portons-nous systématiquement notre attention sur le vide et non le plein? Sur ce qu’on ne fait pas ou qu’on pourrait faire mieux? Et si on s’arrêtait un instant et qu’on se félicitait déjà d’avoir pris en compte un critère éthique dans nos choix de consommation? C’est loin d’être quelque chose que tout le monde fait, alors on pourrait commencer par être content de soi, même si ce n’est pas parfait!

Par exemple, malgré mes efforts je ne suis pas encore une Béa Johnson avec son 1kg de déchets par an. Mais je me dis que si je ne produis qu’un petit sac de déchets par mois, c’est déjà bien, non?

A une échelle plus grande, on peut aussi être content de tous ces changements positifs qui se produisent chaque jour. Aujourd’hui, quand je vais dans un biocoop, je vois qu’ils vendent des sacs de vrac. Même s’ils ne sont pas très visibles et encore trop peu utilisés, ils sont là où ils ne l’étaient pas avant. Se réjouir du positif plutôt que de se morfondre du négatif.

Se fixer des priorités

Une autre astuce qui peut nous aider à faire nos choix est de déterminer quelles valeurs sont plus importantes que les autres, selon nous. Ce choix est bien évidemment propre à chacun et est fait en fonction de sa sensibilité personnelle, son éducation, son histoire, sa personnalité. Face à un choix difficile, on peut se demander quel principe on veut mettre en application cette fois-ci (qui pourra aussi bien être différent la fois suivante!).

Pour ma part, je me dirige de plus en plus vers une priorisation de la santé et du plaisir! C’est à dire que j’accepte parfois de consommer des choses emballées, mais qui sont bio ou dont j’ai vraiment envie, ou de sortir avec mes amis et consommer des plats qui ne seront pas bios, mais qui resteront généralement végétariens et délicieux. Ou encore de consommer quelque chose tout simplement, car j’en ai besoin ou envie, alors que je suis dans une démarche minimaliste.

Je sais que l’éthique est ce qui m’anime et que je consomme le moins possible, mais je fixe une limite lorsque je sens que cela devient une contrainte qui m’ôte une certaine joie de vivre, ou que cela peut nuire à ma sante (physique ou mentale!). Mais ça, c’est moi 😉

Être tolérant envers les autres

C’est un point qui est important à mes yeux car je ressens parfois de l’agressivité et du jugement de la part de certaines personnes qui estiment que leur façon de faire est la voie à suivre pour tous. Loin de moi l’idée d’attaquer qui que ce soit, bien au contraire. Mais je pense que l’une des raisons qui fait que l’on se martèle un peu la tête est qu’on se dit que si on ne fait pas “ça”, alors c’est mal car quelqu’un nous a dit que c’était mal. Je ne pense pas que vivre dans la culpabilité soit sain. Et donc si je recommande que chacun se déculpabilise en se concentrant sur ses efforts, je pense que de ne pas contribuer à culpabiliser les autres reste une démarche logique.

Le choix de nos principes est subjectif et personne n’est parfait. Tout le monde a ses failles, va à son rythme et a une sensibilité qui lui est propre. Suis-je la mieux placée pour juger de ce qui est pire entre consommer des animaux, contribuer à l’exploitation des travailleurs dans les pays moins riches, consommer des produits de l’autre bout du monde, prendre l’avion 5 fois par an, ou n’acheter que des produits jetables et suremballés (entre autres)? Je ne pense pas.

Après tout, je ne connais pas l’histoire ni la vie des autres. Et si on veut inviter les gens à se poser des questions, je pense que cela passe plus facilement par l’information et l’exemple, là où – à mon sens – l’agressivité mène au conflit et au mal-être. Mais si je fais tout ça, ce n’est pas pour vivre mal à cause de ce que les autres ne font pas et sur quoi je n’ai aucun contrôle.

Alors remonte en selle, petit écolo! Fais de ton mieux et tout ira bien!


Panama!

Sortir les poubelles

Hóla de Panama ! Je suis dans ce pays depuis déjà trois merveilleuses semaines et je suis en amour avec le Panama. Mon nouveau pays d’adoption est un pays de gens accueillants, de jungles denses, de salsa et de reggaeton, de plages intouchées et de poulet frit avec du riz et des fèves ! Ça va tellement bien en ce moment que mes plus gros problèmes sont en fait que tout, tout, tout ce qui se mange est frit et que j’ai peur du Zika ; alors, je m’asperge de la tête aux pieds de chasse-moustiques ! D’ailleurs, je m’en étais amené du naturel, mais il a pris le bord rapidement vu la vélocité et la quantité de bibittes ici.

Sortir les poubelles

Maintenant, c’est comment le zéro déchet au Panama ? Comme chez nous, les objets suremballés, les petits formats et les formats individuels sont partout. Par contre, ici il n’y a pas de recyclage. PAS de recyclage. Donc toutes les choses et les contenants qu’on achète chez nous en se disant qu’au pire on les recyclera sont jetés ici. Les bords de rue, les trottoirs et les ruisseaux sont remplis de déchets et de plastique et ça me brise le cœur à chaque fois que je vois ça. La gestion des déchets est un enjeu majeur ici. La plupart du temps, faute d’alternatives, les gens font des tas avec leurs déchets et y mettent le feu. J’ai toujours l’impression que les gens se font des petits feux de camp de fin de journée, entre amis, mais quand je m’approche des feux et que je sens l’odeur écœurante du plastique qui brûle, je me rappelle qu’on parle d’autres choses ici …

Sortir les poubelles

En fait, ils consomment comme nous parce que pouvoir consommer comme nous est vachement tentant; mais après, il n’y a aucun système pour trier les déchets. J’aurais pu joindre à cet article un million de photos d’amoncellements de déchets, mais puisque, malgré cela, le Panama est un pays absolument magnifique, je préfère vous montrer à quel point c’est beau ici.

Sortir les poubelles

Alors, en fait, je n’arrive pas à être zéro déchet ici. Je n’achète pas de bouteille d’eau, je traîne mes ustensiles et j’évite le plus possible les contenants, mais c’est très, très difficile. Par contre, j’ai rencontré plusieurs personnes et plusieurs chercheurs qui travaillent fort pour rendre leur communauté et le monde plus vert et ça me remplit d’espoir. Il y a vraiment beaucoup de gens qui se battent ici comme ailleurs pour protéger notre belle planète, et je suis fière d’en faire partie ! Vivre ici me donne envie de redoubler d’efforts à la maison, où on l’a pas mal facile en fait.

Sortir les poubelles

Dans un autre ordre d’idées, je participe à un projet de recherche sur l’impact des changements climatiques sur l’agriculture locale. En mars, je vais visiter plusieurs fermes et rencontrer des agriculteurs pour comprendre leurs préoccupations et leurs défis. Je sais que c’est la deuxième année d’une sécheresse sévère qui sévit à travers le pays et j’ai hâte de voir comment ils s’adaptent à cette situation. Et de vous en parler ! À suivre !

Sortir les poubelles

C’est tout pour l’instant ! Gros bisous d’une petite chambre dans une petite casa dans un petit village quelque part dans la province de Veraguas ! Bonne journée xxx

Sortir les poubelles



Les bons coups et les moins bons coups de 2015

Sortir les poubelles

Bonne année tout le monde!

Je suis de retour après un temps de repos bien mérité, et c’est l’heure des bilans! Cette dernière année, ma première année zéro déchet a été vraiment incroyable et remplie d’émotions. Il y a eu des moments fabuleux et enivrants, et des moments de découragement total en petite boule à me demander pourquoiiiii? Mais bon, je vais vous épargner ces derniers parce qu’ils sont peu nombreux et que je veux me concentrer sur tout le positif que cette expérience m’a apporté et m’apporte encore! Je veux également vous faire sourire en vous racontant en toute honnêteté (et en toute humilité), mes moins bons coups zéro déchet de 2015.

Les bons coups

Le grand ménage

Cette année, j’ai fait un vrai de vrai ménage de mes affaires. C’est fou ce que j’avais réussi à accumuler en quelques années. J’ai pris le temps de faire le tri et de vider vider vider. Un an plus tard, j’ai enfin de la place et j’arrive à retrouver mes choses quand je les cherche. J’aime tellement mon petit cocon simple et rangé que j’ai décidé que je ne voudrais jamais vivre dans un endroit plus gros, de peur de vouloir le remplir à nouveau de trucs.

Sortir les poubelles

Sortir les poubelles

Bye bye produits toxiques

Pour éviter de faire des déchets, j’ai évité au maximum les emballages et le plastique. Grâce à mes achats en vrac, je suis capable d’acheter mes aliments non transformés et d’éviter le BPA, les produits de conservations, les colorants alimentaires, bref tout ce qui est dégeux et qui finit dans notre bouffe. Puis, je me suis débarrassée de tous mes cosmétiques à usage unique comme mon maquillage, et je leur ai trouvé des alternatives plus naturelles ou zéro déchet. Finalement, je me suis débarrassée de produits nettoyants toxiques que j’avais chez moi et j’ai fouillé sur Internet pour trouver par quoi les remplacer. C’est ainsi que sans m’en rendre compte, devenir zéro déchet m’a permis d’assainir mon environnement, un avantage auquel je n’avais pas pensé.

Vive le compost

Le compost, c’est vraiment la vie. En faisant un effort pour éviter le suremballage à l’épicerie, en choisissant des contenants recyclables et en compostant, on peut facilement réduire de moitié le contenu de ses poubelles.

Les gens et la communauté zéro déchet

Là c’est le moment où je suis émue seule devant mon ordinateur en me disant à quel point tout le monde qui m’accompagne dans cette aventure est extraordinaire. Le monde est beau! Je suis remplie d’espoir pour le futur, et vous rencontrer ainsi que d’autres membres de la communauté zéro déchet a sans aucun doute été l’expérience la plus marquante de cette première année.

Vivre plus simplement

C’est ça le but, non? Personnellement, je voulais surtout être plus libre et sentir que je pouvais vraiment vivre ma vie comme je l’entendais. Je ne suis plus la mode, je fais de moins en moins les choses comme tout le monde et je ne consomme plus comme avant. Je n’accorde plus autant d’importance à ce que les gens pensent. Je sens que je coure moins après mon temps, et je m’amuse beaucoup plus.

Sortir les poubelles

Les moins bons coups

Voici, chers lecteurs, mes moins bons coups de 2015. L’aventure du zéro déchet est une aventure qui ne se vit pas sans faire quelques erreurs, qui font de drôles d’histoires à raconter!

Ce que je pense de l’huile de noix de coco

J’en suis venue à la conclusion que l’huile de noix de coco, ce n’est pas pour tout le monde. Et ça ne peut pas remplacer les crèmes, exfoliants et nettoyants de tout le monde. Cette année, je l’ai essayée à toutes les sauces parce qu’Internet me disait à quel point c’était merveilleux. Le visage, les cheveux, les yeux… J’ai finalement jeté l’éponge: ça rend ma peau et mes cheveux gras et ça me donne des boutons! Si certaines huiles vous font pareil, pour l’amour du ciel n’attendez pas aussi longtemps que moi pour démissionner et retourner à votre bonne vieille crème. La vie est TROP courte.

Un vrai rasoir, ça coupe

L’hiver dernier, j’ai acheté un rasoir réutilisable et durable et encore aujourd’hui, 9 mois plus tard, j’ai de la misère avec. Soit je me coupe, soit ça ne rase rien. Je lis sur Internet que j’ai peut-être la peau très sensible, que je n’ai pas la bonne lame, que je n’ai pas la bonne technique et que bla bla bla. Bref des fois je rêve d’entrer dans une pharmacie et de m’acheter le bon vieux rasoir rose bon marché. Ou d’être assez à l’aise avec mon corps pour ne plus avoir à me raser du tout. Un des deux. Mais je résiste et continue d’essayer. D’ailleurs, vos trucs sont les bienvenus!

La guerre aux mouches à fruits

J’ai eu des mouches à fruits une grande partie de l’été et tout notre bel automne dans ma cuisine. Je les DÉTESTE. Elles rôdent autour de mon compost et de mon vermicompost. C’est sûr que si je n’avais pas de compost, je n’aurais pas des colonies et des nuages de plusieurs générations de mouches dans ma cuisine. Des fois, je pète une coche et j’essaie frénétiquement et pathétiquement de les attraper. Des fois, j’ai envie d’ouvrir ma fenêtre et de jeter mon bac dans la rue. Ce n’est pas encore arrivé; donc le combat se poursuit.

Les chips

Je m’ennuie de manger des chips. Je n’en mange pas souvent, mais maintenant que je dois m’en priver à cause de leur sac et de mon défi, c’est comme si les sacs de chips me parlent dès que je passe devant à l’épicerie. Je résiste, mais des fois je craque. C’est la vie!

La pâte à dents

Oui, je l’aime ma recette de pâtes à dents. Elle est simple, peu dispendieuse, sans fluor et sans microbilles de plastique. Mais des fois, quand je vais à l’extérieur chez les gens, je prends de leur pâte à dents chimique et je m’en mets un gros moton sur ma brosse à dents en bambou. Je suis infidèle à ma pâte à dents parce que des fois, c’est vraiment plaisant d’avoir un gros goût de menthe intense et chimique dans la bouche. Voilà c’est dit!

Les friperies

Je vais mettre ça dans la catégorie à travailler. J’aimerais vraiment être devenue une pro des friperies et de l’usagé, mais j’ai de la difficulté à trouver des vêtements usagés qui me plaisent. Et puis il y a quelque chose avec le neuf… je n’en achète plus souvent, mais je ne suis pas encore arrivée à m’en passer.

Voilà mes bons coups et, disons, ce qu’il me reste à travailler en 2016. Vous êtes-vous reconnus? J’espère que oui; je ne dois pas être la seule à aimer les chips et haïr les mouches à fruits. Enfin j’espère.

Bonne journée tout le monde xxxxx

P.S. Je travaille une petite vidéo pour le premier anniversaire de Sortir les poubelles bientôt. J’ai hâte de vous le montrer!


Noël zéro déchet, version 2015

Sortir les poubellesHo Ho Ho tout le monde!

Ça commence à sentir le temps des fêtes par ici et je suis trèèèès excitée par la perspective d’avoir plusieurs jours de congés bientôt. Et bien sûr, fidèle à mes aspirations, je tenterai de faire de cette période festive une période simple, minimaliste et zéro déchet!

Je trouve qu’il existe beaucoup de belles ressources sur Internet pour trouver des idées sur comment recevoir, donner et décorer simplement et sans trop de bébelles. On dirait que le tourbillon de consommation, de stress et de papiers d’emballage commence à puer au nez de plusieurs, et je suis très heureuse d’être aux premières loges de ce changement. Cette année, je tenterai de faire en sorte que mon temps des fêtes soit une suite de beaux soupers et de belles activités, tout ça entrecoupé de 48h en pyjama bien senti. Par où commencer? Voici mes réflexions version Noël 2015.

Les cadeaux

Les cadeaux. Le cauchemar du minimaliste en toi. On passe l’année à rien vouloir vraiment et à désencombrer nos maisons et PAF! Tout d’un coup tout le monde veut notre liste. Pas de panique. Voici mes 10 idées favorites de choses à recevoir et à donner cette année :

  1. Donner à des organismes au nom de quelqu’un : Ok, ça ne sonne peut-être pas comme un vrai cadeau, mais moi ça me ferait VRAIMENT plaisir si quelqu’un me disait que je n’aurai pas de bébelles de cuisine ou de yoga cette année et qu’au lieu Équiterre ou la Fondation David Suzuki recevront l’équivalent en argent. Vraiment plaisir (avis à ma famille!). Dans le même ordre d’idées, ça me ferait plaisir si quelqu’un faisait un don pour planter des arbres quelque part dans le monde en mon nom grâce à une initiative comme Tree Nation.
  1. Les cadeaux fait maison : Ça c’est chouette!!! Et puisque c’est plus d’efforts que de simplement acheter quelque chose, c’est tellement plus personnel. Les produits cosmétiques ou les produits pour le corps faits maison sont un gros succès cette année!
  1. De la bouffe : Biscuits, friandises, plats cuisinés, etc. Avec un peu de travail, je fais des trucs pas mal bons qui font plaisir à leurs destinataires.
  1. Les cadeaux pour une cause : Avis à tous ceux qui cherchent des cadeaux pour des enfants! À travers plusieurs organismes, il est possible de parrainer un animal en danger ou d’aider à restaurer l’habitat d’une espèce menacée grâce à l’achat d’un jouet. Je vous recommande chaudement le site du World Wide Fund, le site du Climate Store et le site du Nature Conservancy. J’adore le programme « Adoptez une espèce » du World Wide Fund. Les peluches sont adorables, et on reçoit même un reçu pour les impôts.
  1. Une sortie : Au Jardin Botanique, au planétarium, au cinéma… Toujours gagnant.
  1. Un dîner au restaurant : Super idée cadeau à offrir et recevoir, surtout si le restaurant est original. Barbecue coréen, nourriture afghane, resto végétalien cru, il existe tellement de choix!
  1. Un soin relaxant : On peut se mettre à plusieurs pour l’offrir!
  1. Des billets de spectacle : Il existe tellement de bonnes pièces de théâtre et de bons spectacles d’humour. On en achète deux et on s’invite!
  1. L’incontournable carte cadeau : Je pense qu’il est préférable d’offrir une carte cadeau d’un endroit qui plait à son destinataire plutôt que d’acheter n’importe quoi. Ce n’est pas l’option la plus personnalisée, mais faute d’alternatives intéressantes, ça dépanne.
  1. Le bien qu’on consomme (et son emballage qu’on recycle) : Chocolat, thés ou cafés, vin ou bière, confitures, fromages, etc.
Sortir les poubelles

Échelle de plantes de Noël!

L’échange de cadeaux est une idée géniale pour ne pas surconsommer à Noël. J’organise un échange de cadeaux dans ma famille et chaque personne a pigé une personne et s’y consacre, si bien que les cadeaux sont plus réfléchis. Au lieu d’acheter huit cadeaux, j’en achète un. J’y ai vraiment pensé et il est super! Tout le monde est content de cette initiative et arrive à Noël vraiment moins fatigué.

Personnellement, ce Noël j’ai l’ambition de faire plein de bonne bouffe. Je trouve que ça fait les meilleurs cadeaux (surtout quand on peut les congeler et les décongeler quand le frigo est vide!). Et même si je compte acheter quelques biens comme des livres, je me suis assurée qu’ils rendraient réellement leurs destinataires heureux, parce qu’un cadeau bien pensé vaut mieux que mille cadeaux insignifiants.

La décoration

Je suis un peu un retard cette année sur les décorations de Noël. Je sais par contre que j’en ai peu et que j’ai tout ce qu’il me faut, si bien que je n’en achèterai pas. Si j’achète quelque chose pour décorer ce sera un arbre de Noël véritable puisque, selon la Fondation David Suzuki, c’est l’option d’achat la plus écologique.

Les emballages

Les papiers d’emballages colorés et brillants ainsi que les boucles, les rubans et autres, sont faits de trop de matériaux différents pour être recyclés. À défaut de les réutiliser, ils finissent habituellement à la poubelle. J’ai écrit sur le sujet l’an dernier (un de mes premiers articles! Un an déjà!). Mes cadeaux seront emballés dans des papiers recyclés comme des journaux et auront des boucles recyclables parce que c’est beau et que je vais sauver pas mal d’argent en n’achetant pas d’emballages superflus.

Voilà! J’espère vous avoir inspiré à simplifier votre temps des fêtes! Plus que 14 dodos! Bonne journée xxxx


La marche 100% possible à Ottawa le 29 novembre!

paris1

Le 30 novembre prochain, la Conférence sur le climat des Nations Unies (aussi appelée la COP21) débutera à Paris. Le but de cette conférence est d’obtenir un accord universel juridiquement contraignant sur le climat. Contraignant, ça veut dire que si les pays ne rencontrent pas les cibles prévues, il y aura des conséquences. Des vraies.

Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui? Parce que dimanche prochain, je m’en vais à la marche 100% possible pour le climat à Ottawa! Cette marche est organisée de concert avec une multitude d’organismes et de regroupements citoyens, dont certains que vous connaissez bien comme Équiterre et la Fondation David Suzuki. Le but de cette marche est de dire à nos élus que les changements climatiques nous préoccupent, que nous voulons des accords contraignants et qu’on veut qu’ils nous fassent honneur à Paris! À date, c’est prometteur. Nos nouveaux élus se sont exprimés pour des accords contraignants et des cibles réelles. C’est bien, mais nous voulons être certains que « les bottines suivent les babines », et c’est pour ça que nous serons à Ottawa le 29.

Cette marche sera un événement familial et coloré. Les participants sont invités à se costumer, à porter du vert et à faire des pancartes! J’ai déjà les miennes! La marche débutera à 13h devant l’Hôtel de Ville d’Ottawa (Marion Dewar Plaza, 110 avenue Laurier Ouest) et se terminera à 16h devant le parlement.

J’avais envie de vous parler de ce rassemblement non seulement parce que l’enjeu me préoccupe, mais également parce que je pense qu’il faut se rassembler. Je pense que tout changement commence par des prises de conscience au niveau de l’individu. Ensuite, je pense que ces mêmes individus engagés peuvent se rencontrer sur Internet, lors d’activités ou dans des rassemblements citoyens pour s’exprimer ensemble pour ou contre certaines choses. Il n’y a pas de changement sans changement au niveau de l’individu, mais il n’y aura pas de changement réel si ces individus ne s’expriment pas ensemble. Et le 29 novembre prochain, tout plein d’organismes que j’aime m’ont invitée à m’exprimer pour une transition vers des sources d’énergie vertes, contre l’expansion des sables bitumineux et contre Énergie Est.

Pour plus d’information, je vous invite à lire ce communiqué d’Équiterre sur la marche ainsi que le site de la marche 100% possible.

On se voit bientôt alors? Bonne journée xxxx